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Cinéma

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Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge)

(Australie/Etats Unis, 2016, 2h11)

Réalisation : Mel Gibson - Scénario : Robert Schenkkan & Andrew Knight - Image : Simon Duggan - Montage : John Gilbert - Musique : Ruppert Gregson-Williams - Distribution France : Metropolitan Filmexport
Interprétation : Andrew Garfield (Desmond Doss), Teresa Palmer (Dorothy Schutte-Doss), Sam Worthington (capitaine Glover), Vince Vaughn (sergent Howell), Milo Gibson (Lucky Ford), Luke Bracey (Smitty)
Auteur :

Mel Gibson est né en 1956 à New-York, 6ème sur 10 enfants d'une famille catholique qui émigrera douze ans plus tard en Australie. Son père, hostile à Vatican II, adoptera les positions traditionalistes. Poussé au théâtre par sa sœur, Mel court les castings et sera pris pour Mad Max (1979, 1981, 1985) qui lui assure un triomphe, confirmé entre autres dans l'Arme fatale (1987, 1989, 1992, 1998). Mais il varie aussi ses rôles et sera consacré deux fois meilleur acteur australien. Désormais riche, il se lance d'abord dans la production, puis réalise lui-même Braveheart (1995) qui récoltera cinq Oscars. La passion du Christ (2004) puis Apocalypto (2006) mettent une violence dérangeante au service de thèses extrêmes.

 

Résumé :

Choqué par l'attaque japonaise sur Pearl Harbour, Doss Desmond, adventiste du 7° jour et objecteur de conscience, s'engage dans l'armée pour partager les risques de la défense de son pays. Mais il refuse de toucher une arme... Très mal perçu par l'institution militaire, finalement infirmier du front (combat medic) comme il le souhaitait, il se révèlera à Okinawa, pour sauver des vies dans les combats de la 'Falaise du hachoir' (titre original du film), d'un héroïsme extraordinaire.

Analyse :



Un superbe film de guerre, dans lequel l'extrême violence de certaines images est justifiée par celle des situations et des comportements dont il faut rendre compte. La narration est organisée en deux temps principaux, auxquels succède un bref épilogue. La terrible bataille de Hackshaw Ridge, où pendant plusieurs jours des milliers de combattants, renouvelés assaut après assaut, s'affrontaient en corps-à-corps de cauchemar avec grenades et lance-flammes, constitue le moment le plus spectaculaire, qui conduit à l'épisode incroyable des innombrables allées et venues de Desmond sur le champ de bataille, recherchant des blessés survivants qu'il met, en contrebas du site des combats, à l'abri de l'ennemi.

Cette seconde partie vaudra à la réalisation de Mel Gibson une place au panthéon des films de guerre, mais tout aussi importante est la première, où l'on suit l'itinéraire de Desmond depuis son enfance jusqu'à sa mobilisation volontaire et sa résistance aux pressions et brimades que lui réserve l'armée, résolue à nier son droit de refuser le port d'une arme. Certes, l'on ne sera pas étonné de l'hostilité du milieu militaire, encadrement et autres soldats, envers celui qui en récuse la règle de base (l'armée sert à tuer) à laquelle les autres se plient par sens du devoir ; cependant, l'acharnement exercé à tous niveaux contre Desmond aurait mérité d'être mis en perspective lorsqu'on sait que, lors de la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de milliers d'enrôlés des Etats-Unis ont pu servir sans combattre, notamment comme infirmiers, au titre de convictions religieuses acceptées par la loi.

A signaler : pour une fois, le changement de titre pour diffusion en France est bienvenu. Il dit très bien l'enjeu du film, et la référence historique aurait été perdue pour tous les spectateurs non-étatsuniens sans une notice explicative sur chaque affiche.

Jacques Vercueil