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Cinéma

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Un + une (Un plus une)

(France, 1h55, 2015)

Réalisation : Lelouch Claude - Scénario : Claude Lelouch, Valérie Perrin - Musique : Francis Lai - Décors : Harveer Singh - Montage : Stéphane Mazalaigue - Photo : Robert Alazraki - Costumes : Christel Birot - Son : Harald Maury, Jean Garganne - Production : Samuel et Victor Hadida, Marc Dujardin, Claude Lelouch - Sociétés de production : Les Films 13, Davis Films, JD Prod, France 2 Cinéma - Distribution : Metropolitan Filmexport
Interprétation : Jean Dujardin (Antoine Abeilard, compositeur), Elsa Zylberstein (Anna Hamon), Christophe Lambert (Samuel Hamon, ambassadeur), Alice Pol (Alice Haenel, pianiste), Rahul Vohra (Rahul Abhi, réalisateur indien), Venantino Venantini (Henri, père d’Antoine) Kalki Koechlin (Kalki). Avec la participation d’Amma, figure spirituelle contemporaine de l’Inde
Auteur :

Réalisateur, producteur et scénariste, Claude Lelouch est né en 1937 à Paris et s’est passionné très tôt pour le cinéma et sa fabrication. Il compte à son actif une cinquantaine de films, dont beaucoup ont l’amour pour thème. Récompensé par une Palme d’or à Cannes en 1966 pour Un homme et une femme, il a notamment tourné ensuite : Un homme qui me plaît (1969), L’aventure c’est l’aventure (1972), Mariage (1974), Robert et Robert (1978), Les uns et les autres (1981), Itinéraire d’un enfant gâté (1988), Roman de gare (2007), D’un film à l’autre (2011).

Résumé :

Antoine, compositeur de musique, part en Inde pour travailler à la musique d’un film en tournage, Roméo et Juliette. Il fait la connaissance d’Anna, épouse de l’ambassadeur de France, en mal d’enfant et en quête de spiritualité. Elle va avec lui découvrir l’autre grand personnage du film : l’Inde.

Analyse :



Cinquante ans après Un homme et une femme, Claude Lelouch a retrouvé Francis Lai pour la musique et signe un film très réjouissant, avec un casting impeccable, qui nous emmène en Inde, ce pays qui, souligne-t-il, «nous explique le mieux les contradictions que nous vivons au quotidien » et où « le rationnel et l’irrationnel se mélangent ». « J’ai essayé de filmer modestement la vie, ce mélange de genres avec polar, histoire d’amour, film d’horreur, etc. (…) de filmer la vie avec ses défauts et ses injustices ». Tourné en 17 jours seulement, ce film à la fois grave et drôle, apparemment superficiel mais finalement profond, illustre bien le style Lelouch. Sa caméra aime les couleurs contrastées, les paysages sublimes et les scènes dérobées. On a rarement vu l’Inde aussi bien filmée. Les personnages sont quant à eux fréquemment saisis à hauteur des yeux pour capter leur « vérité » et « l’invisible ». Les acteurs s’amusent manifestement et semblent complices : Jean Dujardin, plein d’humour, incarne jusqu’à la caricature un macho fier de l’être, Elsa Zilberstein joue coquinement une bourgeoise qui s’ennuie et Christophe Lambert a beaucoup de classe dans son rôle d’ambassadeur. Claude Lelouch nous réserve une belle surprise dans la deuxième partie, au Kerala (sud-ouest), où Mata Amritanandamayi, « Amma », joue son propre personnage pour lequel la seule vraie religion est l’amour et qui pratique le darsham (étreinte) avec chaque individu venu à elle. « Le moment était venu de parler du bonheur car on en a besoin », concluait Claude Lelouch en décembre 2015.

Françoise Wilkowski-Dehove