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Cinéma

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Une femme fantastique (Una mujer fantástica)

(Chili, 2017, 1h44)

Réalisation : Sebastián Lelio - Scénario : Sebastian Lelio et Gonzalo Maza - Montage : Soledad Salfate - Producteur : Pablo Larrain - Musique : Matthew Herbert - Distribution France : Ad Vitam.
Interprétation : Daniela Vega (Marina), Francisco Reyes (Orlando), Antonia Zegers (épouse d’Orlando)
Auteur :

Sebastian Lelio est né en Argentine en 1974. Il a vécu au Chili, aux USA et réside actuellement à Berlin. Il est réalisateur, producteur et scénariste de films chiliens dont La sagrada famillia (2006), Navidad (2009) et Gloria (2013). Il a obtenu l’Ours d’argent du meilleur scénario en 2017 à Berlin pour Une femme fantastique.

Résumé :

Orlando et Marina sont un couple épanoui, malgré leur différence d’âge. Orlando meurt soudainement et sa famille va dès lors rejeter Marina.

Analyse :



Les premières scènes sont centrées sur Orlando, un quinquagénaire qui regarde avec amour Marina chanter sur la scène d’un club. Ils vont ensuite dîner ensemble et rentrer chez eux faire l’amour. Orlando succombe alors rapidement à une rupture d’anévrisme. On aura eu le temps de croire en leur amour, contrairement à la famille du défunt qui n’a jamais compris ni perçu la sincérité de leur rapport. Il faut dire que Marina n’est pas une femme comme les autres, c’est une transsexuelle et la disparition de son amant va la ramener à cette simple condition. Le film sera alors centré sur le personnage de Marina, interprété par Daniela Varga, véritable transgenre qui produit une performance ‘fantastique’. Nous abordons alors le vrai sujet du film : savoir comment cette femme qui se refuse à être définie par sa seule apparence, parviendra à trouver sa place dans le monde, et si ce monde est prêt à la lui laisser. Une femme fantastique tente de nous mettre à la place de Marina/Daniel et ne cesse de changer de registre passant du drame romantique à l’étude psychologique, au film policier et même au film fantastique. De même la musique oscille entre l’électro et Haëndel. Face à la candeur de Marina, le monde réel est bien cruel. A l’hôpital, les employés lui réclament avec insistance ses papiers, la police l’oblige à une fouille corporelle humiliante. La famille d’Orlando s’acharne contre elle, l’obligeant dès le premier jour à rendre la voiture et à déguerpir de l’appartement. L’épouse de son amant la traite de chimère donc de quelque chose qui n’existe pas. La reconstruction de ce beau personnage complexe fait toute la force de ce film hors norme. 

Jean Wilkowski