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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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War Dogs

(USA – 2016 - 1h54)

Réalisation : Todd Phillips - Scénario : Todd Phillips et Jason Smilovic - Image : Lawrence Sher - Montage : Jeff Groth - Musique : Cliff Martinez - Production : Mark Gordoney Todd Phillips - Distribution : Warner Bross
Interprétation : Jonah Hill (Efraïm), Miles teller (David), Bradley Cooper( Henry Gerard), Ana de Armas (Iz)
Auteur :

Todd Phillips fait ses débuts comme documentariste alors qu’il est étudiant  à New York. En 2000 il réalise le film culte Road Trip puis Starksky et Hutsh. Il s’est imposé comme l’un des auteurs les plus inspirés de la comédie américaine avec Retour à la fac, Date limite et la trilogie Very Bad Trip.

Résumé :

Deux copains d’une vingtaine d’années répondent, à l’époque de la guerre en Irak (2003-2011), à des appels d’offre de l’armée américaine, sur de tout petits créneaux. Avec le succès, leur appétit est de plus en plus important, ce qui les conduit à être en contact avec des individus peu recommandables de tous les milieux.

Analyse :



Le film commence par quelques chiffres : le budget de l’armée américaine pendant la guerre d’Irak était de 2 milliards de dollars par jour et il en coûte 17.500 dollars pour équiper un soldat US. Celui-ci se bat-il pour la démocratie ou pour engraisser les marchands d’armes ? C’est la question fondamentale posée au début du film et à laquelle  le réalisateur va tenter de répondre. David exerce avec difficulté le métier de masseur jusqu’à ce qu’il retrouve Efraïm, un ami d’enfance, qui l’enrôle dans son affaire de vente d’armes. Or, à cette époque et pour faire semblant d’être honnête, Georges Bush a décidé d’ouvrir les appels d’offre à tout le monde. Les deux amis vont essayer de s’engouffrer dans cette brèche. Comme ils le disent, ils vont d’abord s’attaquer aux miettes du gâteau, ce qui va les conduire à vendre 400 pistolets Beretta en Irak et à aller sur place pour les livrer. Petits contrats, petits profits et gros risques pour ces « war dogs », ces charognards de la guerre. Dès lors ils sont  tentés de voir encore plus grand pour gagner plus d’argent mais ils sont obligés de passer par de plus gros trafiquants et par les commissions officielles du Pentagone qui sont désignées comme les véritables profiteurs de cette manne incroyable qu’est le budget de la Défense. Le film marche à 300 à l’heure, nerveux, vivant, parfois cocasse, soutenu par deux acteurs parfaits dans leur rôle de branquignols du trafic. La dénonciation de ce commerce immoral est sans appel car, si dans le film le FBI intervient à la fin pour punir, modestement, les deux trafiquants, les gros poissons  passent à travers les mailles du filet. Ce qui fait froid dans le dos, c’est que cette histoire est tirée de fait réels.  

Jean Wilkowski