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Cinéma

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Yourself and yours

(Corée du Sud, 2016, 1h26)

Réalisation : Hong Sang-soo - Scénario : Hong Sang-Soo - Production : Kang Taeu - Musique : Dalpalan - Montage : Hahm Sung-Won - Photographie : Park Hong-Yeol - Distribution France : Les acacias
Interprétation : Kim Ju-Hyeok (Youngsoo), Lee Yoo-Youn g (Minjung), Kwon Hae-Kwon (Jaeyoung), Yu Jun-Sang (Sangwon)
Auteur :

Hong Sang-Soo est né à Séoul en 1960. Il fait ses études de cinéma en Corée puis aux Etats Unis. Son premier film est Le jour où le cochon est tombé dans le puits en 1996. C’est un habitué de Cannes où il est présent pour La femme est l’avenir de l’homme (2003), Conte de cinéma (2005), Les femmes de mes amis (2009), Matin calme à Séoul (2011), In another country (2012). Yourself and yours est son 18ème film, primé au festival de San Sébastian.

Résumé :

Le peintre Youngsoo apprend que sa compagne Minjung recommence à boire et a été vue avec un homme. Ils se séparent. Minjung va courir les bars et se faire draguer, quant à Youngsoo Li, très déprimé, il va errer dans les rues à la recherche de Minjung.

Analyse :



Hong Sang-soo aime raconter les histoires simultanées, vécues par les différents protagonistes de ses films et exposer les points de vue de différents personnages sur la même histoire. Ce film ne déroge pas à la règle et on a plaisir à voir Minjung s’inventer une jumelle pour se moquer d’un homme qui prétend la connaître pour mieux la courtiser. De même les rêves de Youngsoo se mêlent si bien à la réalité que l’on hésite entre les deux (un premier happy-end s’achève sur Aimons-nous ! - mais le réveil est rude !). C’est déroutant et jubilatoire. On s’amuse à entendre les personnages se dire sans sourciller des choses désagréables (vous n’alliez pas très bien ensemble !), de préférence en se retranchant derrière des on-dit (C’est ce qu’on raconte !) ou au contraire se faire des compliments embarrassants ou encore constater leur propension à se livrer sans complexes aux excès de l’alcool (Si on buvait à mort ?). On se laisse surprendre par la manière dont une scène peut se retourner du tout au tout : par exemple une violente altercation entre les deux hommes dans un café qui se transforme en une évocation émue de leurs souvenirs communs des années de lycée. On joue aussi avec le loufoque quand on voit une vendeuse qui déshabille un mannequin dans une vitrine en commençant par lui enlever les bras. Le travail du cinéaste est original. Il y a beaucoup de scénettes qui commencent par un plan moyen avec deux personnages et se poursuivent par un zoom rapide sur l’un deux, sur fond d’une petite musique entraînante et s’achèvent par un plan au noir. C’est répétitif mais nullement lassant. Tout est marivaudage dans ce film léger. Même la dispute initiale n’est pas vraiment prise au sérieux et les jeux amoureux entre la légère Minjung et ses sévères partenaires confèrent un air badin à une intrigue imbibée des vapeurs alcoolisées du soju. Tout cela ne se prend pas au sérieux et met de très bonne humeur !

Jean Wilkowski