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Cinéma

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Albert Nobbs

(Irlande- 2012- 1h 57)
Prix de la meilleure actrice pour Glenn Clos au festival du film de Tokyo 2011.

Réalisation : Rodrigo Garcia - Scénario : Glenn Close, d’après l’œuvre de George Moore - Photo : Michaël McDonough - Décors : Patrizia von Brandenstein - Musique : Bryan Byrne - Montage : Steven Weisberg - Production : Glenn Close, Morrisson Films - Distribution : Chrysalis Films.
Interprétation : Glenn Close (Albert Nobbs) – Mia Wasikowska (Helen Dawes) – Aaron Johnson ( Joe Macken) – Janet Mc Teer (Hubert Page) – Jonathan Rhys Meyer (le vicomte Yarell) – Pauline Collins (Mme Baker).
Auteur :

Rodrigo Garcia, né en 1959 à Bogota (Colombie), est le fils de Gabriel Garcia Marquez. Il commence par tourner des téléfilms, puis il réalise trois longs métrages, en 2000, Ce que je sais d’elle… d’un simple regard, avec Glenn Close, en 2001, Ten Tiny Love Stories, et en 2005 Nine Lives, films sur des destins de femmes. En 2008, un thriller Les Passagers. En 2010, son film Mother & child remporte le grand prix du meilleur film au festival de Deauville.

Résumé :

Irlande, fin XIX°. Albert Nobbs est majordome à l’hôtel de madame Baker. Depuis 30 ans. La clientèle apprécie cet employé modèle, sans se douter qu’il cache un secret : cet homme est une femme. Son second secret est un rêve qu’il poursuivra jusqu’à la mort, et qui guide le moindre de ses choix. Parviendra-t-il à le réaliser ?

Analyse :



Frêle silhouette discrète, impeccable dans son costume noir, Albert Nobbs traverse le film de son existence sans manifester d’émotion. Son seul moteur est un rêve : acheter une petite boutique dont il sera le patron. Il a économisé l’argent, pourboire après pourboire, pendant ses 30 années de majordome dans cet hôtel cossu. Implacablement, sans jamais dévier de son objectif. A 44 ans passés, il va toucher du doigt le bonheur…
Mais Albert peut-il réellement trouver le bonheur ? Il tient debout grâce à la carapace qu’il s’est construite au fil des années. Hermétique, elle dissimule l’enfant terrifié par le traumatisme subi à 14 ans, enfant qu’on découvre dans une scène éprouvante, recroquevillé contre le mur, rampant par terre pour vaincre sa terreur, le soir où sa carapace explose devant Hubert Page, le premier à découvrir son secret. Hubert Page qui se révèle un ami, ou plus exactement un modèle pour ce vieux petit garçon abandonné qu’est Nobbs. Dorénavant, pendant la seconde partie du film, il va suivre les traces de Page, cherchant à convaincre la jolie Helen de convoler en justes noces et de tenir avec lui la boutique de ses rêves.
Destin injuste (et qui peut sembler vide) que celui de Nobbs, enfant qui n’a pas grandi, qui vit en parallèle dans cette société irlandaise décadente de la fin du XIX°. Jeux de cache-cache obligatoire, chacun se déguise pour pouvoir exister. Albert suit sa voie, dans une fidélité absolue à lui-même, et une solitude qui semble ne pas lui peser, jusqu’au jour où il comprend que son rêve passe par les autres.
Les personnages qui gravitent autour d’Albert sont plus flous, comme un décor destiné à mettre le héros en valeur. Glenn Glose est magistrale, elle donne à Albert Nobbs une grande intensité. On n’oubliera pas ses regards vides, ses doigts soupesant les pourboires, son sourire espiègle et rare.

Très belles prises de vues et musique douce accompagnent Albert dans une ambiance feutrée contrastant avec la dureté des conditions de vie.

(Catherine Forné)