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Cinéma

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Au pays de sang et de miel (In the Land of Blood and Honey)

(USA/Bosnie 2011, 2h06)

Réalisation : scénario et production : Angelina Jolie , caméra Dean Semler, musique : Gabriel Yared, costumes : Gabriele Binder, montage Patricia Rommel, coproducteurs : Graham King, Tim Headington, Tim Moore ; distributeur : metropolitan Film Export
Interprétation : Zana Marjanović, Goran Kostić, Vanesa Glodjo, Rade Šerbedžija
Auteur :

Angelina Jolie Voight est née le 4 juin 1975 à Los Angeles dans une famille de comédiens. Après des études au Lee Strasberg Theatre Institue, elle abandonne le nom de son père pour rompre avec lui et s’imposer par son seul talent. Elle reçoit différentes récompenses (Golden Globe en 1997 pour son rôle dans George Wallace et en1998 pour Femme de rêve -Oscar du meilleur second rôle féminin en 2000 pour Une vie volée). Parallèlement à sa carrière d’actrice : L’Echange de Clint Eastwood (2008) - The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck (2010), elle passe derrière la caméra, d’abord pour un documentaire en 2007, A Place in Time, puis pour Au Pays du sang et du miel en 2011, présenté au festival de Berlin en 2012, film qui lui permet de servir ses engagements humanitaires. En effet, depuis le tournage de Tomb Raider au Cambodge, elle commence à s’intéresser aux camps des réfugiés et devient « ambassadrice de bonne volonté » de l'ONU en 2001. 

Résumé :

La guerre en Bosnie, avec ses massacres et ses camps de viol, vue à travers une histoire singulière, un amour tragique entre un officier serbe et une peintre bosniaque. Ils font connaissance lors d’une soirée. Puis la guerre éclate. Lui est chargé de surveiller le camp dans lequel elle est enfermée. Un camp de viols et de tortures. Il essaie de la protéger sans se trahir…

Analyse :



Angelina Jolie n’est pas seulement belle, mais aussi déterminée à servir la bonne cause. Son engagement l’a conduite à réaliser ce premier long-métrage pour parler d’une sale guerre, la dernière en date en Europe.  Malgré le scepticisme des producteurs devant un projet aussi osé sur le plan politique, elle réussit à imposer ses choix, travaillant uniquement avec des acteurs locaux et sur place.
Elle ne nous épargne aucune horreur, massacres, tortures et viols au singulier ou en groupe, organisés au vu et au su des observateurs de l’ONU. Une des actrices dit lors de la conférence de presse que le film correspond bien au climat de terreur de l’époque.
La relation entre les deux amants est bien étoffée, complexe, loin de tout manichéisme. Ils s’aiment, ils veulent y croire, malgré le doute, l’angoisse. Mais lui, malgré son aversion pour ce qu’il est amené à faire, est poussé par son père, général responsable de l’épuration ethnique, à « honorer » son engagement militaire. Elle, malgré les preuves d’amour de son amant, est liée par la solidarité avec les siens.
Leur amour aurait pu sans doute s’épanouir si la guerre n’avait pas éclaté. Or, le contexte ne laisse aucune chance à des sentiments humains de rester intacts.
Le titre est une allusion évidente à la Terre sainte, terre promise aux humains inscrits dans une alliance divine.  L’alliance bafouée, la bienveillance nourricière de Dieu est violemment supplantée par la violence meurtrière des hommes. Reste le miel, produit du travail infatigables des abeilles ouvrières, dont les hommes profitent – pacifiquement – pour adoucir leur palais. Un espoir ?

(Waltraud Verlaguet)