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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Babycall

(Norvège- 2012- 1h36)

Réalisation : Pal Sletaune - Photo : John Andreas Andersen - Décors : Roger Rosenberg - Musique : Fernando Vélasquez - Montage : Jon Endre Mork - Son : Christian Schaanning – Distribution : Jour2fête.
Interprétation : Noomi Rapace (Anna) – Christopher Joner (Helge) – Vetle Qvenild Werring (Anders) – Stig R. Adams (Ole)
Auteur :

Le norvégien Pal Sletaune est né en 1960 à Oslo. Déjà remarqué en 1997 pour son film Le Messager, prix Amanda du meilleur film norvégien, en 2001, il tourne une comédie, Amateurs, puis en 2005, un thriller avec Christopher Joner Les voisins. Il obtiendra pour  Babycall  le Grand Prix du film fantastique de Gérardmer en 2012.

Résumé :

Anna emménage dans un appartement avec son fils de 8 ans, Anders. Tous deux sont traumatisés par le père d’Anders, violent, qui a l’interdiction de les approcher. Anna, terrorisée, achète un babyphone pour se rassurer pendant le sommeil de son fils. Mais une nuit, elle entend des cris d’enfant, apparemment captés par le babycall dans un autre appartement.

Analyse :



Un décor somme toute banal, clair et rassurant, dans cet immeuble style HLM où s’installe Anna et son fils Anders. Du bleu pâle sur les murs, sur les vêtements d’Anna, d’Anders, dans la lumière nordique, un bleu layette, doux et douillet. Près de la barre d’immeuble, un bois aux arbres dressés, au sol tapissé de feuilles mortes. Dans une ambiance si familière, on se sent bien. Nous, oui, mais pas Anna. Dès les premières images, on sent sa tension, son angoisse démesurée. Elle surprotège Anders. On compatit, son mari a été si violent avec eux. Mais Anna a vraiment très peur, elle l’imagine partout. Et nous aussi. Anders finit par aller à l’école malgré les réticences vitales d’Anna. Et son comportement devient dérangeant.
Et puis il y a ces travailleurs sociaux qui la surveillent, bienveillants au début, ils semblent se retourner contre elle pour des raisons qui nous échappent. Et puis il y a le lumineux Helge, vendeur dans le magasin qui vend des babyphones. Il conseille Anna, il s’éprend d’elle, mais elle garde ses distances.
L’ambiance s’alourdit quand Anna emmène son fils au lac qu’elle a repéré quelques jours plus tôt, dans le bois près de la résidence. Anders voulait tant s’y baigner. Mais il n’y a plus de lac… et on perd pied, comme Anna.

Magnifique Noomi Rapace, la petite punk surdouée de la saga Millenium. Quelle profondeur dans son personnage de mère fragile, quelle force pour tenir à bout de bras son fils Anders. On est emporté par l’intrigue, sans aucun effet spécial, dans un univers banal et quotidien où tout dérape soudain, balayant nos certitudes, nous obligeant à reconsidérer toute l’histoire d’un autre œil. Un film troublant qui nous abandonne à la sortie de la salle obscure, sur le trottoir, sans dessus dessous et ravi.

(Catherine Forné)