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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Barbara

(Allemagne – 2012 – 1h45)

Réalisation : et scénario : Christian Petzold – Photographie : Hans Fromm – Montage : Bettina Böhler – Musique : Stefan Will – Ingénieur du son : Andréas Mücke-Niesytka - Production : Michael Weber – Distribution : Pyramide Distribution
Interprétation : Nina Hoss, Ronald Zehrfeld – Rainer Bock
Auteur :

Christian Petzold est né en 1960 en Allemagne. Il fait son service civil dans un ciné-club de Rhénanie puis poursuit des études de lettres, de théâtre et enfin de cinéma pour devenir assistant réalisateur. De 1987 à 1993 il réalise des courts-métrages, des téléfilms et des documentaires pour la ZDF et Arte. En 2000, il s’attaque au long-métrage avec Contrôle d’identité  Suivront  Fantômes (2005) puis Yella (2007). Barbara a obtenu l’Ours d’Argent à la Berlinade 2012.

Résumé :

Barbara, jeune femme médecin, est reléguée dans un hôpital de province, après qu’elle ait déposé une demande officielle de sortie du territoire de la République Démocratique Allemande (RDA). En 1980 la Stasi règne dans ce pays et Barbara va faire l’objet d’une surveillance permanente.

Analyse :



C’est sur le beau visage de Barbara que s’ouvre et se ferme le film. Ce visage qui va mettre du temps à se transformer : de fermé et d’hostile au départ il finira par s’ouvrir au sourire. Entre les deux une lente évolution qu’on va suivre pas à pas car on ne quitte pratiquement jamais l’héroïne. D’innombrables détails disent la surveillance dont elle fait l’objet et qu’elle ressent au-delà du supportable, en particulier lors des scènes de fouille de son appartement. Tout contact humain est vécu comme dangereux, suspect. André, ce médecin chef à l’allure bonhomme, n’est perçu d’abord par Barbara que comme un indic : ne connaît-il pas son adresse alors même qu’elle ne lui a rien dit ? Mais la cuirasse de Barbara va très lentement se fissurer, auprès de ses patients, en particulier de Stella, une jeune fille qui s’échappe régulièrement du centre de redressement où elle est internée. Le rêve de Stella n’est-il pas, comme celui de Barbara, de quitter le pays ?

Les scènes d’intérieur (l’appartement de Barbara, l’hôpital) sont surchargées d’éléments hostiles car tout le monde surveille tout le monde. A l’inverse les scènes d’extérieur, en dépit du danger qu’y court Barbara, sont significatives du désir de fuite, symbolisé par le vent violent qu’affronte la jeune femme. La mer elle-même, malgré ses vagues menaçantes, ouvre sur l’ailleurs. Alors, pourquoi Barbara décidera-t-elle de ne point partir ? Pourquoi mettra-t-elle Stella à sa place dans le plan d’évasion organisé par son amant qui vit en Allemagne de l’Ouest ? Un des mérites de ce film est de suggérer plutôt que de démontrer. André, son chef de service, se révèle plus humain et plus complexe qu’elle ne l’imaginait. Son amour du métier est semblable à celui qu’éprouve Barbara. Elle le rejoindra au chevet d’un patient en danger, et son sourire apportera une note d’espoir.

Ce film est servi par d’excellents acteurs, particulièrement Nina Hoss.

(Maguy Chailley).