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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Chico et Rita

(Espagne/Grande-Bretagne – 2010 – 1H33)

Réalisation : Fernando Trueba, Javier Mariscal, Tono Errando – Scénario : Fernando Trueba, Ignacio Martinez de Pison – Direction animation : Manolo Galiana – Supervision personnages : Bojan Patelic – Direction technique : David Campassol – Montage : Arnaud Quiles- Musique : Bebo Valdès – distribution : Studio 37 et Rezo Films
Interprétation : Bebo Valdès, Rolando Luna (Chico), Idania Valdès (Rita), Freddy Cole (Nat King Cole), Michael Philip Mossman ( Dizzy Gillespie), German Velasco ( Charlie Parker)
Auteur :

Fernando Trueba est né en 1955 à Madrid. Il est acteur, producteur, scénariste. Après des courts-métrages et des documentaires, il se lance en 1980 dans la réalisation de comédies sentimentales : Opera Prima (1980), L’Années des lumières (1986), Belle Époque (1994) avec Michel Galabru et Pénélope Cruz, puis à Hollywood : Two Much (1996). Revenu en Europe, il se penche et explore la musique brésilienne : Calle 54 (2000), Bianco y negro (2003), Le miracle de Candeal (2005). Le film d’animation Chico & Rita, primé en Espagne et à Annecy, résulte d’une longue collaboration avec Javier Mariscal, dessinateur, créateur de bandes dessinées.

Résumé :

Cuba 1948. Chico, jeune pianiste talentueux, écoute les derniers airs de jazz venus d’Amérique ; il rêve d’y faire son nom. De son côté, la belle et sauvage Rita essaye de gagner sa vie en chantant dans les clubs et les bals. Une histoire d’amour passionnel s’engage.

Analyse :



Un homme se penche sur son passé. Il a l’air triste, il regarde par la fenêtre le monde alangui et délabré d’une rue de La Havane. Les couleurs sont ternes, l’horizon est fermé. Mais la mémoire est intacte, et surgit sur les images d’un univers glauque, une musique cool, jazzy, au rythme latino. La musique, le piano, les mélodies sensuelles vont être le moteur et le carburant du film, hommage appuyé au latin jazz des années 40 et 50. Le souvenir d’une jeunesse insouciante donne alors des couleurs vives et chaudes, un air de joie inassouvie. La belle Rita croise Chico, dont le talent est destiné à s’épanouir, surtout en Amérique. Chico est séduit, mais il peine à apprivoiser celle dont la voix, chaude et sensuelle, a besoin d’un pianiste à la hauteur de son talent, et aussi d’un homme solide. Une histoire d’amour s’installe, mais Chico ne sait pas choisir entre ses maîtresses, il n’arrive pas à entièrement assumer son destin de grand créateur de formes musicales. D’errances en pièges tendus (l’impresario et amant de Rita réussit à le faire expulser d’Amérique), Chico perd son inspiration et sa vocation dans le Cuba révolutionnaire. Retrouvera–t-il son amour de jeunesse, le seul véritable amour ?

Les dessins sont beaux, ils décrivent les rues de La Havane et de New York avec réalisme et finesse. Les couleurs, très nuancées, sont un plaisir des yeux. Quant à la musique, elle baigne toute l’histoire, et permet de retrouver ou de découvrir un monde qu’on croyait perdu.

(Alain Le Goanvic)