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Cinéma

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Cloclo

(France - 2012- 2h 28)

Réalisation : Florent Emilio Siri - Scénario : Julien Rappeneau - Photo : Giovanni Fiore Coltellacci - Décors : Hind Gazali - Musique : Alexandre Desplat - Montage : Olivier Gajan - Son : Antoine Deflandre - Production : Martin Jaubert – Distribution : Studio Canal.
Interprétation : Jérémy Régnier (Claude François) – Benoît Magimel (Paul Lederman) – Monica Scattini (Chouffa François) – Sabrina Seyvecou (Josette François) – Ana Girardot (Isabelle Forêt) – Joséphine Japy (France Gall) – Marc Barbé (Aimé François)
Auteur :

Florent Emilio Siri est né le 2 mars 1965. Son premier film, Une minute de silence, est primé à Namur et Belfort, et lui vaut le prix Cyril Collard. En 2002, Nid de guêpes, un film d’action. En 2007, L’ennemi intime, sur la guerre d’Algérie. Siri travaille en équipe avec les mêmes personnes, Desplat, Gajan, Coltellacci, ainsi que l’acteur Benoît Magimel.

Résumé :

Claude François vit en Egypte, dans sa famille aisée, mais en 1956, la nationalisation de canal de Suez chasse les Français de ce Paradis. Le clan débarque en France, ruiné, et Claude, à 17 ans découvre la dure réalité du dénuement. Sa voix, son énergie, son sens du rythme, vont le pousser dans l’univers de la chanson, malgré les violentes  réticences de son père.

Analyse :



Un biopic à rapprocher de La Môme, sur la vie d’Edith Piaf. Tremplin pour un acteur qui se livre à une véritable performance, certes, Cloclo pourrait se résumer à cela. Mais il faut savoir lire au-delà des images, entre les travellings et les gros-plans. Tout le film est centré sur un personnage, les autres servant de décor ou de faire-valoir, parfois même de repoussoir. Comme La Môme, comme Albert Nobbs, comme tant de films récents qui racontent une vie exemplaire parce que particulièrement hors norme, Cloclo reste un modèle du genre. Fini le film choral, tous les regards convergent sur un personnage qu’on étudie sous toutes les coutures.
On part de l’existence facile en Egypte, souvenirs d’enfance dorée, puis la fuite désespérée, la dure acclimatation à la métropole, la violence sèche du père, la douceur étouffante de la mère… Qui avait jamais considéré la star Claude François comme un enfant égaré parmi les fantômes de son passé ? Quel choc que de découvrir cette idole adorée de ses fans comme un enfant perclus de tics et d’angoisses incompressibles… Comme il est douloureux de découvrir l’envers du décor sucré, la face cachée de cette vie apparemment idyllique. Le grand intérêt de ce film est de montrer l’être dans sa vérité, dans ses faiblesses et ses doutes. Cloclo n’était pas un artiste créatif, mais un laborieux au flair irrésistible, plus homme d’affaire que véritable chanteur. Il savait vers où soufflait le vent du succès, attachant et touchant par sa fragilité, en dépit de la rigueur qu’il impose à son entourage. Une carapace pour se construire en homme qui pourrait enfin plaire à son père.
Jérémy Régnier est superbe , plus réel que le vrai Cloclo !

Une tranche de vie sans concession, digne d’un regard intéressé. Les images sont soignées, mais vivantes, comme prises sur le vif ; la musique, on la connaît et on l’écoute avec plaisir. Du cinéma populaire de qualité !

(Catherine Forné)