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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Comme un lion

(France – 2013 - 102 minutes)

Réalisation : Samuel Collardey - Scénario : Catherine Paillé, Nadège Trébal, Samuel Collardey - Image : Charles Wilhelem, Stéphane Raymond, Samuel Collardey - Montage : Sylvie Lager - Distribution : Pyramide
Interprétation : Serge, l’entraîneur : Marc Barbé - Mitri Diop : Mytri Attal - Françoise : Anne Coesens - L’agent français : Jean François Thévenin
Auteur :

Samuel Collardey est né en 1974 dans une famille rurale d’ouvriers du Haut Doubs. Après un BTS d’audiovisuel, il travaille comme directeur de la photographie pour divers films avant de réaliser son premier court métrage, en  2005, Soleil en hiver, puis son premier long métrage : l’Apprenti, en 2008.        

Résumé :

Le film commence dans les rues d’un village sénégalais où les gamins jouent et rêvent de foot en Europe et aussi dans l’équipe du Sénégal, Les Lions (d’où le titre du film) . Lors d’un match, le jeune Mitri, 15 ans, est repéré par un recruteur camerounais. Celui-ci lui propose de l’envoyer en France lui faisant miroiter de fabuleux contrats. Il faut lui donner une grosse  somme d’argent. La grand’mère de Mitri vend son verger et emprunte à la communauté. Arrivé en France, l’arnaque se découvre et Mitri est abandonné sur un stade. Il erre dans les rues de Paris, est récupéré par une compatriote puis par une assistante sociale pour être finalement placé dans un foyer à Monbéliard. Là, il rencontre un entraîneur de club amateur, un ancien professionnel déchu du club de Sochaux, qui va le prendre sous son aile et le porter jusqu’à sa consécration. C’est la rencontre du réalisateur avec un jeune sénégalais du club FC Sochaux qui a fourni la trame du scénario.

Analyse :



Comme dans son premier film, l’Apprenti, on suit la trajectoire d’un adolescent en quête d’idéal et aussi l’alliance d’un jeune avec un adulte qui porte en lui une faille, insociabilité et alcool. C’est cette amitié pudique qui constitue le cœur de l’intrigue. Il s’agit d’une fiction traitée comme un documentaire, les scènes à Roissy ont été tournées dans les locaux de la Police aux frontières et les séquences dans le foyer africain à Montreuil. C’est un film profondément non-raciste, les bons et les méchants étant indistinctement blancs ou noirs. Le jeune héros, face à l’adversité, fait preuve d’un grand courage grâce à l’éducation donnée par sa famille au village. Il reste fidèle aux conseils de sa grand’mère de ne pas oublier qui il est et d’où il vient. Les problèmes du jeune et de son entraîneur proviennent des différences de culture : la honte de l’adolescent envers les sacrifices de sa grand’mère, les regrets d’avoir raté sa vie pour l’entraîneur. Ils se résoudront par le dialogue d’égal à égal.

Le montage est tout en souplesse, le scénario lisible, l’émotion palpable tout en étant bien contrôlée, la musique africaine bien venue, tout cela en fait un spectacle pour tous dont on sort rassuré sur le genre humain.

(Jean Wilkowski)