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Cinéma

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Drive

(USA- 2011- 1h40) Genre : Thriller

Réalisation : Nicolas WINDING REFN- scénario de Hossein Amini d’après le roman de James Sallis (Rivage Noir) - Photo : Newton Thomas Sigel - Décors : Beth Miclkle - Musique : Cliff Martinez - Montage : Matthew Newman - Son : Victor Ray Ennis -Production : Bold Films - Distribution : Le Pacte.
Interprétation : Ryan Gosling (Driver) - Carey Mulligan (Irène) - Bryan Cranston (Shannon) - Albert Brooks (Bernie Rose) - Oscar Isaac (Standard Guzman) - Christina Hendricks (Blanche) - Ron Perlman (Nino).
Auteur :

Nicolas WINDING REFN est né en 1970 à Copenhague. Il réalise son premier film, Pusher, en 1996 suivi de Pusher 2 (2004) et Pusher 3 (2005). Entre temps il réalise Bleeder (1999), puis Inside Job (2002), qui reçoit un bon accueil, mais se révèle un échec financier.

En 2006 , il commence Valhalla Rising - Le Guerrier silencieux, situé au temps des Vikings. Il doit suspendre son travail pour un autre film, Bronson, 2009, sur la vie du prisonnier le plus dangereux d'Angleterre. Puis il termine Valhalla Rising, qui explore ses thèmes favoris, comme la violence. Drive présenté au Festival de Cannes en 2011 y a obtenu le prix de la mise en scène.

Résumé :

Le « driver », beau gosse silencieux, travaille dans le garage de son ami Shannon, à Los Angeles. Parfois, il joue les cascadeurs dans un film. La nuit, il vend ses talents à des malfrats, conduisant la voiture transformée en bolide par ses soins. Il maîtrise sa vie sans faille, mais un jour, il rencontre Hélène, et la situation commence à lui échapper.

Analyse :



La maîtrise, c’est ce qui définit le plus justement Drive. Le héros, driver sans nom, maîtrise à la perfection sa vie, ses sentiments, ses activités légales et illégales. Le réalisateur aussi, maîtrise son film, qui mérite son prix de la mise en scène.

La première scène est un bijou de précision, de tension, l’exemple parfaitement réussi de la carrière du driver : il contrôle tout avec une minutie qui garantit son succès. Mais cette image lisse se craquelle quand il croise Hélène, jeune et blonde voisine, et son fils Benicio. Le driver se relâche, légèrement, du bout du regard. Pour la défendre, il plonge dans une spirale qui risque bien de le broyer.

L’engrenage inéluctable est l’autre thème majeur de Drive. Los Angeles vue du ciel, toile d’araignée dont on ne peut se déprendre, même en bolide de métal, devient la métaphore du parcours où s’enfonce le driver, toujours plus loin dans la violence. On pense au jeu du chat et de la souris, où la mafia est le chat, et nous sommes la souris avec le driver, qui se débat en tuant l’un après l’autre ceux qui veulent s’en prendre à Hélène et Benicio, les seuls êtres qui comptent pour lui.

Les scènes violentes, courses poursuites de voitures survitaminées, meurtres éclaboussant d’imagination et d’hémoglobine, sont rythmées par une superbe musique lancinante qui s’apaise en un doux murmure dans les scènes de tendresse filmées au ralenti. Cette alternance met les nerfs à l’épreuve, et les dernières scènes douces sont polluées à l’avance par le meurtre attendu dans la scène suivante. On en ressort épuisé, mais admiratif. Chaque scène est exactement minutée, Winding ressemble à son héros. L’image est soignée, étudiée, souvent esthétique. Un seul bémol, un peu trop de sang et de morts en gros plan.

Deux femmes seulement dans ce film d’action, l’ange et le démon… Manichéen ? Non, puissant et beau.

(Catherine Forné)