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Cinéma

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Intouchables

(France – 2011 - 112 min.)

Réalisation : Olivier Nakache et Eric Toledano - Scénario et dialogues : Olivier Nakache et Eric Toledano d’après le livre Le second souffle de Philippe Pozzo di Borgo - Image : Mathieu Vadepied - Son : Pascal Armant - Musique : Ludovico Einaudi - Montage : Dorian Rigal-Ansous - Distr. : Gaumont.
Interprétation : François Cluzet (Philippe) ; Omar Sy (Driss) ; Anne le Ny (Yvonne) ; Audrey Fleurot (Magalie) ; Clotilde Mollet (Marcelle) ; Alba Gaïa Kraghede Bellugi (Elisa) ; Cyril Mendy (Adama).
Auteur :

C’est en 1995 que Eric Toledano se lance dans le cinéma avec Olivier Nakache, un ami d’enfance. Après deux courts métrages prometteurs, ils passeront au long avec Je préfère qu’on reste amis. Puis, en 2006, ce sera Nos jours heureux qui sera couronné d’un succès aussi bien critique que public. Nouveau succès avec Tellement proches, en 2009, qui aborde avec humour le thème de la famille et qui est porté entre autres par Omar Sy. Devenu un peu l’acteur fétiche de nos deux réalisateurs, on retrouvera cde dernier deux ans plus tard dans Intouchables.   

Résumé :

Devenu tétraplégique à la suite d’un accident de parapente, Philippe, un homme richissime, embauche comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. De cette rencontre improbable, de ce face à face des contraires, va naître une amitié aussi inimaginable que forte et drôle.

Analyse :



Disons tout de suite que, même si ce film se veut inspiré d’un destin vécu et semble reposer sur la mise en regard de deux couches sociales totalement distinctes, il ne faut pas y chercher un quelconque document sociologique. Oublions Ken Loach, Mike Leigh ou les frères Dardenne. Pour être touché par Intouchables, il faut accepter de se laisser embarquer dans une histoire qui tient à la fois du conte de fée et de l’histoire d’amour. Une fois adoptée cette règle du jeu, on peut boucler sa ceinture et s’envoler pour un long trip tout en bonheur et en douceur, où l’on est ému sans sombrer dans le mélo, où l’on rit sans que ce soit trop tarte à la crème. Avec quand même le sentiment que les réalisateurs connaissent trop bien le sens du poil pour ne pas anticiper les caresses qu’attend le spectateur. Ceci dit, Capra n’est pas si loin, dans cette histoire où le 9-3 et le XVIème se tombent dans les bras, où c’est le plus pauvre qui aide le plus riche, et où finalement tout le monde est gentil sous la houlette du duo éblouissant que composent Omar Sy et François Cluzet. Voilà pour le voyage. Reste à revenir sur terre. L’atterrissage en deux paliers qu’ont concocté Olivier Nakache et Eric Toledano est superbement réussi et concourt au sentiment de bonheur que l’on éprouve au sortir d’Intouchables. Le premier palier prépare l’avenir et en élargit l’horizon : Driss se faisant « remplacer » auprès de Philippe par la femme que ce dernier n’avait pas osé rencontrer quelque temps plus tôt, il peut désormais partir, son ami ne restera pas seul. Vient ensuite le deuxième palier, celui du back to reality final : les quelques lignes à l’écran qui relient les personnages du film à ceux du livre de Philippe Pozzo di Borgo, donnent le poids d’une réalité estampillée à ce qui n’était jusque là qu’une belle histoire qui fait du bien. On n’a rien trouvé de mieux depuis le mythique « Ils se marièrent, ils furent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants ».

5% des bénéfices du film seront versés à l’association « Simon de Cyrène » qui gère des lieux de vie pour cérébraux lésés cohabitant avec des auxiliaires de vie.

Jean Lods