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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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La grotte des rêves perdus

(USA/France/Allemagne- 2011 – 1h30)
(Documentaire 3D)

Réalisation : Werner Herzog – scénario et texte du réalisateur dit par Volker Schlöndorff pour la version française - Montage : Joe Bini - Son : Eric Spitzer – Photo : Peter Zeitlinger – Compositeur : Ernst Reijseger -Distribution : Metropolitan Filmexport.
Interprétation :
Auteur :

Né en 1942, ce réalisateur compte parmi les plus importants de cette pléiade de jeunes cinéastes allemands qui dans les années 70 a captivé les milieux cinéphiles. D’Aguirre, la colère de Dieu (1972), L’énigme de Kaspar Hauser (1974) et Cœur de verre (1976)…. à Fitzcarraldo (1982), Cobra Verde (1987), Grizzli Man (2005), Herzog a montré son goût pour les marginaux, les solitaires, les réprouvés, et aussi les « fous ». Quelques « docu-fictions » engagées le confirment comme Le pays où rêvent les fourmis vertes (1984), Cerro Torre ou le cri de la roche (1991), Bokassa Ier (1990).

Résumé :

Le film est un documentaire sur la grotte Chauvet (du nom du découvreur) située en Ardèche, tout près de la rivière, à Vallon Pont d’Arc. Protégée du monde depuis 20000 ans parce que le plafond de son entrée s’est effondré, cette grotte se présente à nous comme un sanctuaire, incrustée de cristaux, remplie de restes de mammifères géants et parsemée de dessins et peintures rupestres, bien plus anciens que ceux de Lascaux et de Cosquer (calanque de Sormiou). Ah ! la belle époque où l’homme du Neandertal parcourait nos contrées.

Analyse :



Résultant d’une co-production multinationale, le film en souffre un peu, car les personnes interviewées, qui sont toutes francophones, s’expriment en anglais : Jean Clottes, Jean-Michel Geneste, Gilles Tosello. Seul le texte d’Herzog bénéficie d’une lecture en français lu par un cinéaste franco-allemand de renom : Volker Schlöndorff. Mais l’intérêt du film subsiste. Les premières images : en hiver travelling avant dans un champ de vignes ; panoramique de la rivière et du fameux « pont d’arc » ; texte lyrique : « c’est comme si l’âme de l’homme moderne s’était éveillée d’un coup »; un groupe de marcheurs qui avancent et parlent…Pourquoi « les rêves perdus » ? L’exploration de la grotte nous met devant une énigme : quelles étaient les motivations de ces premiers artistes de l’humanité, fascinés par les animaux qui les entouraient? Sur les parois, ils nous ont laissé la « mémoire de leurs rêves ». Le film (tourné par une équipe restreinte en 3D) est ponctué de moments de silence, pour mieux écouter le silence profond de la grotte et faiblement aussi le battement du cœur. Nous entrons dans le monde des esprits, celui qu’incarnent les têtes, les silhouettes de chevaux, de mammouths, de tigres et d’antilopes, regardant dans la même direction, les entrailles de la terre. Artistes et prêtres de rituels perdus. Le côté mystique et illuminé de Werner Herzog (souvenons-nous de Aguirre, Kaspar Hauser, Cœur de verre) apparaît dans ces prises de vue respectueuses et interrogatives. La musique contemporaine qui accompagne la plupart des séquences donne également la touche méditative et mystérieuse recherchée dans cet étrange et captivant « documentaire » !

(Alain Le Goanvic)