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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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La Maison de la radio

(France – 2013 – 1h43)

Réalisation : Nicolas Philibert - Camera N Philibert et Katel Djian - Son Julien Cloquet - Montage N Philibert.
Interprétation :
Auteur :

Nicolas Philibert débute comme stagiaire avec René Allio sur Les Camisards, co-réalise ses deux premières œuvres avec Gérard Mordillat ,et confirme ses talents de documentariste avec La Ville Louvre (1990), Le pays des sourds(1993), Un animal des animaux(1995) La Moindre des Choses(1997) et en 2002 Etre et Avoir un immense succès qui lui procura beaucoup d’ennuis. Et son Retour en Normandie en 2007 aura été un vrai retour à ses premières émotions de cinéaste.

Résumé :

Une journée et une nuit virtuelles dans les murs de Radio-France à la découverte des mystères et des coulisses de ce Media qui fait l’honneur de notre Service Public.

Analyse :



Ne cherchez pas ici, je vous prie, un reportage télé ou un catalogue publicitaire. Il s’agit d’un FILM ! C’est même une véritable leçon de Cinéma.

Où l’on découvre avec quelle science de la prise de vue et surtout du montage ce documentariste sait nous surprendre par l’ironie parfois de ses cadrages, la justesse souvent de ses hors-champs et l’efficacité de son rythme syncopé. C’est bien en effet par un maitre de l’IMAGE que nous voilà invités à entrer dans le monde de la PAROLE et du son. Avec tous les moyens de l’une pour découvrir les richesses de l’autre. Et les étonnements d’un regard-caméra qui fait ses choix en toute liberté dans ce fabuleux univers multi-sonore. Un surprenant voyage où alternent de longues plages de recueillement et de brusques coupures et où se croisent et s’interposent toutes ces voix, ces chants, ces musiques, ces respirations qui sont familiers à nos oreilles. Où même les silences prennent un corps .Car ce qui importe pour ce capteur d’images c’est de décrire la matière visible de cette symphonie. Comment mieux le réaliser qu’en nous montrant les porteurs de ces voix : ces femmes et ces hommes dont les regards, les visages, les gestes, les rires, les soupirs ,les colères ou les impatiences nous disent à l’infini la capacité des humains à transmettre la culture, la beauté, l’angoisse ou le désir . Ou tout bêtement les infos du jour, ce qui nous vaut quelques bonnes séances de fou-rire. ! Car il y a aussi beaucoup d’humour dans ces instantanés volés au passage. Et puis surtout, comme dans tous les milieux de vie visités par l’Jean Domon, un profond respect de l’oeuvre, accomplie par chacun de ces ouvriers de la polyphonie humaine.

Jean Domon