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Cinéma

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La Piel que habito

Espagne 2011, 1h57

Réalisation : scénario et dialogues : Pedro Almodovar – Direction photo : José Luis Alcaine –– Décors: Anxton Gomez – Montage : José Salcedo- Son : Ivan Marin – Distribution : Pathé Distribution
Interprétation : Antonio Banderas (Robert Ledgard), Elena Anaya (Vera), Marisa Paredes (Marilia), Jan Cornet (Vicente), Robert Alamo (Zeca)
Auteur :

Né en 1949, il est un symbole de la ‘movida ‘ madrilène, un bohème intellectuel du post-franquisme. C’est d’abord ce style d’approche libre, dénué de complexes, qui a séduit le public international. Pas loin de 20 films jalonnent sa carrière : Le labyrinthe des passions (1982), Femmes au bord de la crise de nerfs (1987), Talons aiguilles (1991)… Et quelques films majeurs : Tout sur ma mère (1999), Parle avec elle (2002), La mauvaise éducation (2004), Étreintes brisées (2009), et cette année La piel que habito, présenté en Sélection Officielle à Cannes 2011, pour lequel Pedro, déçu, n’a eu aucun prix.

Résumé :

Le professeur Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau pour soigner les grands brûlés. Il n’avait pas pu sauver sa femme douze ans auparavant, gravement brûlée dans un accident de voiture. Mais il lui faut un cobaye pour expérimenter sa découverte. Aidé de Marilla, sa complice, il trouve en Vicente la victime toute désignée, celui-ci a en effet violé sa fille, qui peu après s’est suicidée.

Analyse :



D’un côté, on n’est pas déçu, c’est bien ‘un Almodovar’ : mélodrame aux couleurs chaudes, personnages inquiétants, sympathiques mais pas très ‘catholiques’ ; récit mené avec brio, ellipses comprises. D’un autre côté, quelque chose cloche : une histoire étrange, flirtant avec le genre fantastique, parsemée de quelques références de cinéphile (Hitchcock, Franju, Brian de Palma). On veut bien se laisser faire, mais le cinéaste en fait un peu trop. La musique est belle. Évidemment, le vrai thème chez Almodovar, c’est l’identité sexuée et sexuelle, on a eu tout le loisir d’en voir les variations dans ses précédents films. Homme travesti, femme masculine, homo et hétérosexualité : quelles différences ? On dirait que Pedro est habité d ‘un seul phantasme, celui de savoir où diriger son désir, et le nôtre, en même temps ? La peau que j’habite révèle une étape nouvelle dans cette recherche, une étape troublante, je l’avoue. Le couple Vera-Vicente nous fait basculer dans une traversée de confusion des genres. Vicente est fin, plutôt mignon, mais un homme tendance violeur ; Vera est séduisante, très femme, qui suit son instinct. Voulez-vous tenter le voyage par-delà les apparences ?

(Alain Le Goanvic)