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Cinéma

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La vierge, les coptes et moi

(France / Egypte - 2012 – 1h31)

Réalisation : Samir Abdel Messeeh – Production : Oweda Films – Distributeur : Sophie Dulac Distribution
Interprétation : Samir Abdel Messeeh – Siham Abdel Messeh
Auteur :

Namir Abdel Messeeh est né en 1974 de parents coptes et a la double nationalité française et égyptienne. Avant La Vierge, les Coptes et moi, qui est son premier long métrage, il a réalisé deux courts métrages en 2005, un documentaire Toi, Waguih et une fiction Quelque chose de mal.

Résumé :

Namir part en Égypte, son pays d'origine, faire un film sur les apparitions miraculeuses de la Vierge au sein de la communauté copte. Comme dit sa mère «Il y a des gens qui la voient, il y a des gens qui ne la voient pas. Il y a peut-être un message dans tout ça. »
Très vite l'enquête lui sert de prétexte pour revoir sa famille, et pour impliquer tout le village dans une rocambolesque mise en scène…

Analyse :



Objet cinématographique difficilement identifiable, ce film à très petit budget tient du documentaire et de la fiction, de l’œuvre autobiographique et de la comédie loufoque. Cette enquête sur les apparitions de la Vierge, qui semblent particulièrement nombreuses depuis une cinquantaine d’année en Egypte, permet d’aborder un certain nombre de sujets : le sacré, le sentiment religieux, les relations entre culture et religion, mais aussi les problèmes de l’émigration. Ainsi la mère de Namir, émigrée en France, refuse qu’il filme sa famille de villageois pauvres. Et Namir, dans une scène émouvante, retrouve la tante qui l’a élevé quand il était bébé, parce que ses parents, partant en France, ne pouvaient pas se charger de lui.
Mais ce film est aussi un film sur le cinéma, sur la difficulté pour un jeune réalisateur de faire son premier long métrage, sur la possibilité de créer une œuvre à partir de presque rien, avec des décors de bout de ficelle et en faisant jouer des non professionnels. La dernière partie du film voit le village jouer la scène de l’apparition de la Vierge, dans un mélange de burlesque et d’émotion. Le miracle est peut-être là, dans la magie du cinéma qui transforme ces villageois en merveilleux acteurs.

Namir, le réalisateur, est omniprésent ; il est aussi le principal acteur, avec sa mère, et commente chaque scène en voix off. Cet égocentrisme, cette volonté de faire le film à tout prix, y compris en utilisant sa famille contre les injonctions de sa mère, pourraient être gênants, s’ils ne s’accompagnaient d’une bonne dose d’humour et d’autodérision. Cette façon de se moquer de lui-même et de la communauté copte dont il est issu peut faire penser à Woody Allen pratiquant le même exercice, dans ses premiers films, sur la communauté juive.

(Jacques Champeaux)