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Cinéma

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Le fils de l'autre

(Israël – 2011 – 1h45)

Réalisation : Lorraine Lévy – Scénario : Lorraine Lévy, Nathalie Saugeon, Noam Fitoussi – Cadreur : Pierre-Laurent Chénieux – Musique : Dhafer Youssef – Ingénieur du son : Jean-Paul Bernard – Montage : Sylvie Gadmer - Production : Raphaël Berdugo, Virginie Lacombe – Distribution : Haut et Court
Interprétation : Emmanuelle Devos (Orith), Pascal Elbé (Alon), Jules Sitruk (Joseph), Mehdi Dehbi (Yacine), Areen Omari (Leile), Khalifa Natour (Saïd)
Auteur :

Lorraine Lévy est française. Elle est auteur de théâtre, scénariste, réalisatrice. De 1997 à 2004 elle a beaucoup écrit pour la télévision (de nombreux épisodes de Joséphine ange gardien, La bicyclette bleue). Après La première fois que j’ai eu 20 ans (2004) et Mes amis, mes amours (2008), Le fils de l’autre est son troisième long-métrage de cinéma.

Résumé :

Joseph , 17 ans, passe la visite médicale pour intégrer l’armée israélienne. Les résultats de la prise de sang révèlent une incompatibilité génétique avec ses parents. Ce qui devait être un simple examen de routine déclenche un maelström identitaire. Car Joseph est en réalité Yacine (et Yacine est en réalité Joseph) à la suite d’une méprise à la naissance.

Analyse :



On éprouve très vite un sentiment de malaise devant ce scénario totalement artificiel et incroyable. Cette interversion de bébés à la maternité d’Haïfa entre une femme israélienne et une femme palestinienne fait bien sûr penser au film de Chatiliez La vie est un long fleuve tranquille. Mais dans ce dernier film l’échange était au service d’une comédie à laquelle on ne nous demandait pas de croire et qui était surtout occasion d’opposer de manière caricaturale des milieux sociaux et leurs modes de vie. Dans Le fils de l’autre, point de comédie et c’est pourquoi cela grince. La réalisatrice a sans doute un propos généreux : permettre la confrontation de deux familles que tout oppose dans le contexte israélo-palestinien et qui vont parvenir à une sorte d’accord et d’estime réciproque par « faux » fils interposés. Mais elle a recours à beaucoup de grosses ficelles pour y parvenir et l’on est souvent étonné de la naïveté de certaines situations ou coïncidences.

Par ailleurs la réalité de l’occupation par Israël des territoires palestiniens est singulièrement édulcorée. Le film est peut-être sauvé par le jeu des acteurs, surtout ceux qui interprètent les parents. Alors, si l’on accepte cette fiction d’échange de bébés, on ressent bien le désarroi dans lequel se trouvent plongés ces deux grands adolescents à la découverte de ce qu’ils sont en réalité, perdant tous leurs repères antérieurs et obligés de se mettre « à la place de l’autre », un autre particulièrement honni et méprisé.

(Maguy Chailley)