Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

Les chants de Mandrin

(France 2012, 1h37)

Réalisation :

et scénario : Rabah Ameur-Zaïmeche, compositeur : Valentin Clastrier,  montage : Nicolas Bancilhon, Directeur de photographie : Irina Lubtchansky, Distribution : Mk2

Interprétation : Jacques Nolot, Christian Milia-Darmezin, Kenji Levan, Rabah Ameur-Zaïmeche, Salim Ameur-Zaïmeche, Sylvain Roume, Nicolas Bancilhon, Abel Jafri, Jean-Luc Nancy, Hippolyte Girardot
Auteur :

Né en Algérie en 1966, Rabah Ameur-Zaïmeche a grandi en Seine-Saint-Denis. Il réalise en 2002 Wesh wesh, qu’est-ce qui se passe ?qui reçoit plusieurs prix. En 2006 suit  Bled number one, prix de la jeunesse à Cannes. Après Dernier maquis en 2008, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, Les Chants de Mandrin, en sélection officielle à Locarno en 2011, est son premier film en costumes.

Résumé :

L’histoire se situe après la mort de Mandrin, rebelle populaire sous Louis XV, déserteur et contrebandier notoire, mort roué vif. Ses adeptes poursuivent son œuvre, faisant imprimer des chants en son honneur qu’ils vendent lors de marchés sauvages aux abords des villes et villages.

Analyse :



Fresque historique où l’engagement politique prend le dessus sur la reconstruction fidèle, Les chants de Mandrin sont tissés de chevauchées déterminées, de luttes sanglantes, et de veillées nocturnes dans l’attente d’un avenir incertain. 
C’est la complainte célèbre, maintes fois interprétée, entre autres par Yves Montand, mais dont la rédaction reste anonyme, que le jeune Rabah a apprise à l’école et qui l’a inspiré pour ce film. Le réalisateur raconte que « c’est la première fois où, découvrant ce type qui se dresse contre les exploiteurs, j’ai eu envie d’être français. »
Il joue lui-même dans le film, tout comme son monteur, tandis que les techniciens sont employés comme figurants.

Un rythme plutôt lent, malgré des scènes très violentes, combiné à une esthétique qui rappelle les tableaux de Georges de La Tour,  produit une atmosphère presque onirique où la poésie est une sève vitale, capable d’inspirer l’espoir aux désespérés. Un tableau presque contemplatif en résonnance avec les aspirations des indignés de notre temps. Faisant sienne l’ambiance qui a conduit à la révolution française, Rabah Ameur-Zaïmeche donne la mesure de son idée de la liberté – mais aussi du prix qu’il faut être prêt à payer pour y accéder. On peut regretter l’absence de toute parole féminine. Peut-être celle-ci constitue-t-elle la limite interne de sa démarche ?

(Waltraud Verlaguet)