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Cinéma

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Les Contes de la nuit

(France – 2010 – 1h23)

Réalisation : Michel Ocelot
Interprétation : Julien Béramis, Michel Elias, Olivier Claverie… Distribution : Studio Canal
Auteur :

Michel Ocelot, né en 1943, est un réalisateur français qui s’est d’abord fait un nom dans le cinéma d’animation avec Kirikou et la sorcière (probablement influencé par son enfance passée en Afrique). Il avait réalisé auparavant Princes et Princesses film qui était passé plus inaperçu. Mais le succès de Kirikou lui a permis de ressortir cette première œuvre, dont les personnages sont en ombres chinoises, procédé qu’il réutilise dans Les contes de la nuit. On lui doit aussi Azur et Asmar, conte moral et féerique. Toutes ces réalisations portent la marque dela formation de Michel Ocelot aux Beaux-Arts puis aux Arts Décoratifs, avant ses études de cinéma.

Résumé :

Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma qui semble abandonné, mais qui est plein de merveilles. Les trois amis inventent, se documentent, dessinent, se déguisent. Et ils jouent toutes les histoires dont ils ont envie dans une nuit magique où tout est possible — les sorciers et les fées, les rois puissants et les garçons d'écurie, les loups garous et les belles dames sans merci, les cathédrales et les paillotes, les villes d'or et les forêts profondes, les flots d'harmonie de chœurs immenses et les sortilèges d'un seul tamtam, la méchanceté qui ravage et l'innocence qui triomphe.... Six contes traditionnels sont ainsi mis en images, empruntant à des traditions, des époques et des aires culturelles diverses : Moyen Âge européen, Afrique noire, Antilles, Aztèques, Tibet...

Analyse :



Michel Ocelot choisit donc de montrer le narrateur. Chaque conte comporte une courte introduction : dans un studio d’animation nous assistons aux préparatifs de la mise en images du conte, avec référence explicite au contexte du conte et insert d’images noir et blanc à visée documentaire sur ce contexte. C’est peut-être ce qu’il y a de moins réussi dans le film, car ces images documentaires opèrent une rupture dans l’atmosphère féerique par ailleurs dominante dans les différents récits. Mais cette introduction permet par ailleurs de préciser pourquoi certaines modifications ont été apportées au récit traditionnel : le rendre moins cruel, lui donner une fin plus morale….

En dehors de cette première réserve il faut au contraire souligner l’extraordinaire réussite esthétique de la réalisation. Les personnages en ombres chinoises évoluent sur des fonds et des décors extrêmement colorés. Et leurs yeux, lumineux au possible, sont très expressifs.

Une langue très littéraire, peut-être un obstacle pour les plus jeunes spectateurs, accentue la poésie. Que ce soit pour « le loup garou », « le garçon tam-tam », « la cité en or », « la biche », « le garçon qui ne ment jamais », « le royaume des morts », Michel Ocelot réussit à créer une atmosphère spécifique, tant par l’animation que par la bande son musicale. Un régal, aussi bien pour les adultes que pour les enfants.

(Maguy Chailley)