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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Les géants

(Belgique - 2011 – 1h24))

Réalisation : Bouli Lanners – Scénario : Bouli Lanners, Elise Ancion – Montage : Ewin Ryckært - Son : Marc Bastien - Photo : Pean-Paul de Zæytijd - Production : Béatrice Chauvin Ballay - Distribution : Haut et Court
Interprétation : Zacharie Chasseriaud (Zac), Martin Nissen (Seth), Paul Bartel (Danny), Karim Leklou (Angel), Didier Toupy (Bœuf), Gwen Berrou (Martha), Marthe Keller (Rosa)
Auteur :

Bouli Lanners est né le 20 mai 1965 en Belgique. D’abord peintre, puis acteur, accessoiriste, décorateur pour la TV belge. Il joue dans Toto le héros, Les convoyeurs attendent, Aaltra, Quand la mer monte, Cowboy, Mammuth, etc. Co-fondateur du festival de Kane, en Belgique, il vit sur une péniche, à Liège. Il réalise en 2005 Ultranova, puis Eldorado. Les Géants est son troisième film. Eldorado et Les Géants ont été nominés et primés dans plusieurs festivals.

Résumé :

Leur grand-père est mort un an plus tôt, leur mère est occupée au loin, Zac et Seth errent tout l’été sans but et sans argent dans la maison du grand-père. Danny se joint au groupe. Peu à peu les trois ados découvrent les choses de la vie, la violence des adultes et la douceur apaisante d’une mère. Des vacances initiatiques qui les marqueront.

Analyse :



La maison du grand-père disparu présente deux faces. Côté rue, bien entretenu et côté cour, flanqué d’un vieux hangar délabré. La vie des deux frères, Seth, 15 ans et Zac, 13 ans , se déroule jusqu’alors plutôt côté rue, sans problème. Ces vacances vont les faire plonger côté cour, sombre et sordide. L’élément déclencheur, c’est Danny, le petit voisin qu’ils rencontrent par hasard sur la route, en une scène forte: ils se regardent, se mesurent et se reconnaissent comme du même univers. Déjà amis.

Mais l’entrée dans le monde de Danny, 15 ans lui aussi, si opposé au leur, devient leur descente aux enfers. La vie lisse de Zac et Seth ne les a pas préparés à ce qu’ils vont affronter, avec leur naïveté comme seule arme.

Le frère aîné de Danny, Angel, n’hésite pas à employer la force. Danny lui-même n’a pas que de bonnes idées : il les entraîne dans un engrenage qui les dépasse rapidement tous les trois. Pour trouver de l’argent et se nourrir, ils tombent entre les pattes d’un homme peu recommandable, Bœuf, qui les roule avec l’aide se sa compagne, glaçante.

En contrepoint de ces personnages glauques, une figure maternelle apaisante, la douce Marthe Keller, leur tend la main, les accueille pour panser leurs plaies. Belle figure de sa fille mongolienne débordante de sourire et de joie de vivre.

Souvent la caméra scrute les regards des enfants, longuement, avant de nous montrer la scène qu’ils contemplent : on découvre alors leur réaction avant de savoir ce qui la provoque.

La Belgique recèle des paysages inattendus dignes de la jungle profonde, et Bouli Lanners doit l’aimer beaucoup pour la filmer aussi bien. L’humour baigne ce petit film savoureux à déguster comme une fable, d’où il ressort qu’il est vraiment imprudent de laisser ses enfants ados livrés à eux-mêmes pendant les vacances d’été… Tout peut arriver.

(Catherine Forné)