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Cinéma

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Les marches du pouvoir

USA – 2011 - 1h35

Réalisation : George Clooney – Scénario : G. Clooney, Grant Heslov, Beau Willimon -Décors : Sharon Seymour – Direction photo: Phedon Papamichael – Montage : Stephen Mirrione- Musique : Alexandre Desplat – Distribution : Metropolitan Film Export
Interprétation : Ryan Gosling (Stephen Myers), George Clooney (gouverneur Mike Morris), Philip Seymour Hoffman (Paul Zara) ; Paul Giamatti (Tom Duffy), Evan Rachel Wood (Molly Stearns)
Auteur :

Acteur célèbre et prolifique, mais aussi producteur et enfin réalisateur : Confessions d’un homme dangereux (2003) et Good night and good luck (2005). Assez engagé contre la politique de Bush en Irak, il incarne avec Sean Penn une certaine ‘gauche américaine’. Il prouve avec Les marches du pouvoir (titre original The ides of March) ses qualités de cinéaste pour décrire la vie politique américaine.

Résumé :

Stephen Meyers est le jeune mais déjà très expérimenté conseiller de campagne du Gouverneur Morris, qui se prépare pour les élections à la Présidence américaine (primaires démocrates). Idéaliste et sincère, il s’engage totalement pour faire triompher son candidat. Sur son chemin, ce ne sont que coups tordus, pièges, intrigues. Être éliminé par ses rivaux devenant une réalité de plus en plus probable, il va entrer dans les arcanes du pouvoir pour survivre.

Analyse :



Adapté d’une pièce de théâtre, Farragut North, elle-même basée sur une histoire vraie, le récit très classique mais efficace d’un homme ambitieux, mais croyant en une certaine éthique par rapport à son environnement politique, nous fait penser à ces personnages de tant de films américains qui luttent, seuls, contre les Pouvoirs en place. Le cinéaste nous fait entrer dans les coulisses des primaires démocrates, où règnent les ténors qui sont aux côtés du gouverneur. Ainsi, Paul Zara, le Directeur de campagne, magistralement joué par Seymour Hoffman, qui n’hésitera pas à se débarrasser de Stephen, accusé (injustement) de s’être approché de Tom Duffy, le Directeur du camp adverse, pour lui proposer un deal. Mais ce film à résonance politique ne tiendrait pas si solidement sans une histoire d’amour qui charpente et nourrit le propos du film : la dénonciation de l’hypocrisie et du double langage de Morris, comme des autres. Épris de Molly, une ravissante stagiaire de l’équipe, et fille du président du Comité Démocrate, Stephen apprend que celle-ci est enceinte de … Morris. Celui-ci refuse de lui donner l’argent nécessaire à l’avortement. Stephen s’en chargera, mais Molly meurt sous l’effet des médicaments et de l’alcool. Stephen, le justicier qui suscite toute notre sympathie, va affronter Morris (peut être que Clooney n’a jamais été aussi bon !) et changer radicalement sa propre situation dans l’équipe de campagne. Un film brillant qui montre les limites de la démocratie dans la course effrénée du pouvoir.

(Alain Le Goanvic)