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Cinéma

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Les vieux chats

(Chili – 2010 - 89 minutes) Titre original : Los gatos viejos

Réalisation : Sebastián Silva et Pedro Peirano - Distribution : Memento Films
Interprétation : Belgica Castro (Isadora), Alejandro Svieveking (Enrique), Claudia Celedon (Rosario), Catalina Saavedra (Hugo)
Auteur :

Né en 1979 au Mexique, Sebastian Silva étudie le cinéma au Chili et l’animation à Montréal où il organise une exposition de dessin et créé un groupe de musique. En 2007, il réalise La vida me mata. En 2008, avec Pedro Peirano alors scénariste, il tourne La Nana qui obtient un grand succès. Les vieux chats, son troisième film de fiction, est cette fois coréalisé  avec Pedro Peirano.

Résumé :

Isadora, nonagénaire et son compagnon un peu plus jeune, Enrique, vivent en harmonie dans leur appartement confortable du centre ville de Santiago du Chili, en compagnie de leurs deux vieux chats. Malgré la vieillesse et la maladie d’Alzheimer d’ Isadora, qu’Enrique maîtrise avec amour et tendresse, ils sont heureux. Mais cet équilibre malgré tout instable est mis à mal par une panne d’ascenseur et plus encore par l’arrivée intéressée de Rosario, la redoutable fille d’Isadora.

Analyse :



Rides, tristesse de l’âge, détresse du regard qui peine à se souvenir, démarche malaisée,  gestes malhabiles… la caméra filme impitoyablement les ravages du temps sur les deux héros, dès les premières images, comme elle s’attarde sur les deux gros chats qui se dandinent en traînant leurs pattes mal assurées. Cette description sans complaisance est à peine soutenable et cruelle pour le spectateur qui est renvoyé à lui-même et à son destin mais la tendresse manifeste au sein du couple, leur vie commune révélée par les objets donnent tout de même un sens à cette fin de vie fragile. Uni dans la vie comme à l’écran,  le couple d’acteurs célèbres au Chili, a ouvert la porte de son propre appartement à l’équipe du film. La panne d’ascenseur, ressentie durement par Isidora qui est ainsi clouée chez elle, sonne comme un premier coup du sort. Elle amorce la tragédie qui va suivre avec l’arrivée redoutée de Rosario. Du jour au lendemain, cette fille homosexuelle, pleine de ressentiment envers sa mère et qui se drogue, va faire sombrer cette dernière. Après une tentative de résistance, Rosario  finit par lâcher prise et nous assistons avec effroi à l’anéantissement de la vie du couple, qui n’a plus les moyens de combattre l’égoïsme et la cupidité de Rosario. Le jeu des acteurs, presque toujours en gros plans, est criant de vérité et Belgica Castro, 91 ans, particulièrement touchante lors de ses moments de lucidité comme lors de ses égarements.

(Françoise Wilkowski-Dehove)