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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Nos ancêtres les Gauloises

(France - 2011- 1h30)

Réalisation : Christian Zerbib - Scénario : Christian Zerbib - Photo : David Chizallet - Musique : Gréco Casadesus - Montage : Pauline Casalis - Son : Hervé Guyader - Production : Sacha Guillaume - Distribution : NiZ !
Interprétation : Chaque femme son propre rôle : Aurélie Ango Abore – Marion Barrière Van der Spoel - Germaine Fouya Boukari – Oumou Khalsoum Bourakkadi – Aïcha Harid – Fathia Khnifass – Darci Martin – Aliye Sagiroglou – Diane Seng – Atefa Yaqoub.
Auteur :

Christian Zerbib réalise son premier film en 1983, La fuite en avant, qui traite du problème des banlieues. Puis il aborde le thème du dopage avec Dernier stade, en 1994. En 2009, il réalise le documentaire En terre étrangère, sur les clandestins en France.

Résumé :

Dix françaises venues de l’étranger racontent leur arrivée et leur vie en France. Dix femmes d’abord intimidées par la caméra, apprennent à rejouer leur histoire sur la scène d’un théâtre devant leurs familles médusées, qui découvrent incrédules une réalité qu’ils n’avaient pas soupçonnée. Dans la bonne humeur et la joie.

Analyse :



Le bus nous emmène avec un groupe de femmes disparates, à travers la campagne enneigée. Il s’arrête devant le musée où elles découvrent la France au temps des Gaulois, un patchwork de peuplades qui s’entretuaient. Une femme noire du groupe conclut : « C’est comme en Afrique, finalement… » Rires des autres, elles se sentent moins déracinées. Puis peu à peu, nous apprécions chacune de ces dix femmes, la plus jeune est arrivée en France à 8 ans, en même temps que Mitterand à l’Elysée. Elle en a 38 maintenant. La plus âgée a 74 ans. Elles viennent de dix pays, Hollande, Cambodge, Sénégal, Maroc, Pakistan… elles ne se connaissent pas. Mais elles ont en commun la honte de leur passé, elles n’en parlent même pas à leurs enfants. Certaines rêvent de faire du théâtre. C’est ce que leur propose le metteur en scène : raconter leur histoire pour la jouer sur scène devant des spectateurs attentifs.

Nous suivons les trois mois de leur apprentissage. Des premiers mots balbutiés dans l’angoisse aux tirades joyeuses de la représentation finale, que de chemin parcouru, que de pas immenses ou minuscules, d’une répétition à l’autre.

D’abord la phase de l’écriture, se raconter avec sincérité, avec assez de détails riches en émotions. Germaine, si timide au début, se révèle une superbe actrice. Les liens entre les partenaires de scène se consolident, à mesure que la pièce prend corps. Et quand leurs enfants applaudissent, debout, à la fin de la représentation, elles ont reconstruit leur image, leur fierté d’être ce qu’elles sont, des femmes qui ont souffert, mais qui tiennent debout.

Nous les découvrons tout au long du film, nous nous attachons à chacune, si touchante, si vraie, si belle dans sa dignité retrouvée. Et quel souffle elles apportent, que de rires et de bonne humeur ! Le film n’est pas du tout larmoyant. Mais vigoureux et tonifiant !

(Catherine Forné)