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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Poulet aux prunes

(France – 2011 – 1h30)

Réalisation : et scénario : Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud d’après le roman Poulet aux prunes de Marjane Satrapi – Photo : Christophe Beaucarne – Montage : Stéphane Roche – Musique : Olivier Bernet – Son : Gilles Laurent – Production et Distribution : Celluloïd Dreams
Interprétation : Mathieu Amalric – Edouard Baer – Marie De Modeiros – Eric Caravaca – Golshifteh Farahani – Chiara Mastroiani – Isabella Rossellini – Jamel Debbouze
Auteur :

Marjane Satrapi est née en Iran en 1969 et a grandi à Téhéran. Elle a ensuite étudié à Vienne avant de s’installer en France en 1994. D’abord auteur de bandes dessinées elle a raconté dans Persépolis sa vie en Iran avant la chute du shah et la guerre Iran-Irak, puis son exil en Autriche.

Vincent Paronnaud est né en France en 1970. Il est un des plus importants dessinateurs de b.d. underground. Avec Cizo il a inventé le personnage de Monsieur Ferraille. Avec Marjane Satrapi il a réalisé en 2007 l’adaptation de la b.d. Persépolis en film d’animation.

Résumé :

Téhéran 1958. Nasser Ali Khan, célèbre violoniste virtuose, a cassé son instrument de prédilection. Ne réussissant pas à retrouver un autre instrument à la hauteur, la vie sans musique lui devient intolérable. Il décide de rester alité et d’attendre la mort en laissant libre cours à ses souvenirs et ses réflexions qui vont de sa jeunesse à l’avenir de ses enfants. Au cours de cette semaine qui le sépare de la mort, on comprendra peu à peu son secret.

Analyse :



Ce film plein d’humour est très original dans sa forme, avec de nombreux clins d’œil à la b.d. mais aussi à l’esthétique de l’orient perse. Le récit se présente comme un conte, mais s’adresse à des adultes. Cette histoire de violon cassé, c’est aussi l’histoire d’un amour de jeunesse contrarié, mais dont la « contrariété » a été la source du talent d’Ali. Tout ceci n’est pas exempt de cruauté avec l’évocation de mariages de raison, arrangés par les familles, et voués à l’échec. La présentation sous forme de huit chapitres (les huit jours qui séparent Ali de sa mort) permet de donner à chaque jour une thématique et un style propre et de rendre possibles des flash-back sans lourdeur, dans lesquels dominent tantôt l’humour, tantôt la mélancolie et la douleur. Après « Persépolis » où dominaient le noir et blanc, les réalisateurs de « Poulet aux prunes » s’autorisent la couleur qui joue avec les sentiments des personnages. Dans cette œuvre où règne la fantaisie peut-on voir une métaphore de l’Iran (l’aimée s’appelle Iran), brisé comme le violon ? Cet amour contrarié est-il celui qu’éprouvent les iraniens (exilés) pour leur pays natal ?

(Maguy Chailley)