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Cinéma

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Quartet

( Grande Bretagne - 2013 – 1h38 )

Réalisation : Dustin Hoffmann – Scénario : Ronald Harwood, d’après sa propre pièce de théâtre – Photographie : John de Borman – Montage : Barney Pilling – Producteur : Finola Dwyer.
Interprétation : Maggie Smith, Tom Courtenay, Billy Connolly, Pauline Collins, Dame Gwyneth Jones, Michael Gambon, Sheridan Smith.
Auteur :

Dustin Hoffmann signe ici son premier film en tant que réalisateur, après quelques essais inaboutis. Bien connu comme acteur américain (Le Lauréat, Kramer c/ Kramer, Raiman, Tootsie) , il découvre « un métier bien plus risqué » à un moment où l’âge est un obstacle aux propositions de rôles majeurs et l‘entraîne tout naturellement à méditer sur la vieillesse.

Résumé :

Beecham House, somptueuse maison de retraite pour musiciens dans un parc anglais, vit au rythme de la musique. L’arrivée de Jean Horton, une diva, bouleverse la donne et plus spécialement son ex-mari. La préparation d’un gala destiné à renflouer les caisses favorisera l’évolution d’une situation d’abord tendue : Reginald, Wilfred et Cissy mettront tout en œuvre pour la convaincre de rejoindre leur ancien quatuor à cette occasion.

Analyse :



Quartet pourrait n’être qu’une aimable comédie mélancolique et sentimentale autour de quelques thèmes porteurs : la vieillesse et ses plus ou moins petites misères, la musique, les menues querelles de ces vieux cabotins aux egos surdimensionnés, rythmés par les rebondissements habiles d’un metteur en scène de théâtre. Mais pas seulement : Dustin Hoffmann a voulu garder une part de mystère entre le début et la fin, laisser les acteurs être eux-mêmes, tout en respectant le scénario. Ainsi a-t-il laissé une place importante au photographe qui réalise un superbe travail sur la lumière naturelle de l’automne, dans des décors qui restituent l’ambiance exceptionnelle de Beecham House. Signalons aussi qu’il n’a pas été fait appel à la post-synchronisation, et que la participation d’authentiques musiciens dans les rôles secondaires (hommage émouvant leur est rendu dans le générique de fin), accentue le naturel du film, sa vérité et son humanité. La musique est omniprésente, l’opéra surtout, mais aussi l’amitié, remède à la solitude. Tout au long du film, le rebondissement des scènes est vif et, surtout, évite de s’appesantir sur les moments plus dramatiques, avec une grande délicatesse, et beaucoup de respect. Est-ce dû à un travail de montage particulièrement soigné ? Au demeurant, c’est l’amour de la vie, exprimé par un Dustin Hoffmann toujours romantique, qui domine, exprimé avec légèreté et élégance. Cet acteur américain serait-il devenu anglais ?

(Madeleine Dermenghem)