Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

Restless

(USA - 2011 – 1h35)

Réalisation : Gus Van Sant – Scénario : Jason Lew – Production : Imagine Entertainment, Columbia Pictures, 360 Pictures Inc.
Interprétation : Henry Hopper (Enoch Brae), Mia Wasikowska (Annabel Cotton), Ryo Kase (Hiroshi), Schuyler Fisk (Elizabeth Cotton), Jane Adams (Mabel Tell), Lusia Strus (Rachel Cotton), Chin Han (Dr. Lee)
Auteur :

Né en 1952 à Louisville dans le Kentucky, Gus Van Sant est l’un des cinéastes américains les plus importants des années 2000. Passionné par l’art et la peinture, diplômé de la Rhode Island School of Design, héritier de la contreculture américaine, il s’est fait rapidement un nom dans le cinéma indépendant avec des œuvres comme Drugstore Cowboy et My Private Idaho. Il a ensuite alterné des œuvres très originales comme Gerry, Elephant, Palme d’or à Cannes en 2003, Last Days ou Paranoid Park, et des œuvres beaucoup plus consensuelles comme Prête à tout avec Nicole Kidman, A la rencontre de Forrester, avec Sean Connery, ou Harvey Milk avec Sean Penn. Il vit à Portland, dans l’Oregon, ville dans laquelle il a réalisé beaucoup de ses films, dont Restless.

Résumé :

Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.

Analyse :



Enoch, qui assiste aux obsèques d’un inconnu, regarde la nuque d’Annabel, elle se retourne et lui sourit. Enoch, lors des obsèques d’Annabel, sourit malgré sa peine en repensant à cet instant premier de leur relation. Entre ces deux moments, les trois derniers mois d’Annabel, atteinte d’un cancer incurable. Un beau sujet de mélo mais Gus Van Sant, qui a souvent abordé le sujet de la mort et la relation de jeunes gens avec la mort, trouve ici un équilibre miraculeux dans le ton du film et maintient à bonne distance l’excès de larmes.

Annabel, proche de la mort, devrait être abattue, elle est vivante, elle se bat, elle étudie la théorie de l’évolution pour relativiser sa propre mort. Enoch, qui a survécu à un terrible accident et devrait goûter la vie, passe la sienne à discuter avec un fantôme de kamikaze et à assister à des enterrements. Proches parce qu’ils sont différents des autres, ils vont s’aider mutuellement à passer un cap, Enoch aidera Annabel à vivre ses trois derniers mois et Annabel ramènera Enoch dans le monde des vivants. Ensemble, ils vont combattre la mort par la vie, le jeu, l’humour, le théâtre, y compris la théâtralisation de leur propre mort. Enfants frêles, aux visages de porcelaine, déguisés dans des vêtements qui ne semblent pas faits pour eux, ils jouent, marchent, dansent, courent, en équilibre précaire, légers sauf lorsqu’une remarque ou une pensée leur rappelle l’échéance et les assombrit un instant.

< Gus Van Sant réalise un film très subtil, classique dans sa forme, bien éloignée des images d’Elephant ou de Paranoid Park, légèrement onirique, avec le personnage du fantôme Hiroshi, mais surtout plein de légèreté et de poésie.

(Jacques Champeaux)