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Cinéma

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Super 8

(Etats-Unis, 2011, 1h52)

Réalisation : et scénario : J.J. Abrams ; Image, Larry Fong; Montage, Maryann Brandon & Mary Jo Markey; Musique, Michael Giacchino; Effets spéciaux, Neville Page, Denis Murren, etc. ; Distributeur : Paramount Pictures France
Interprétation : Joel Courtney (Joe Lamb le héros), Riley Griffiths (Charles le cinéaste), Ryan Lee (Cary l'artificier), Elle Fanning (Alice Dainard), Kyle Chandler (le père de Joe).
Auteur :

Jeffrey J. Abrams, d'abord scénariste (A propos d'Henry, 1991 ; Forever young, 1992) s'est spécialisé dans les séries TV pour adolescents (Felicity 1998, Alias 2001, Lost 2004). Leur succès le fait choisir pour mettre en scène M.I. III (Mission : impossible). Son deuxième long métrage sera Star Trek (2009), exploitant les personnages de la série TV, et Super 8 est le troisième, où il réunit les ingrédients de toutes ces expériences.

Résumé :

Vacances de l'été 1979, à Lilian, Ohio. Charles tourne avec sa caméra Super 8 et ses copains un film de zombie. Joe, chargé des maquettes et maquillages, peut ainsi approcher Alice, son rêve… Devant la gare désertée qui leur sert de décor, un phénoménal accident ferroviaire les lance en pleine nuit sur une orbite incroyable où ils sont confrontés aux bérets rouges de l'armée, à des extra-terrestres très épouvantables et aux braves shérifs du coin…

Analyse :



Les héros sont une bande d'ados, bien campés dans leurs enthousiasmes, dégoûts et rapports entre eux et avec autrui; d'où succès garanti pour la tranche d'âge 12 à 16 ans. Avant, certains peuvent être secoués par des images trop réussies (la main du vieux prof dans sa voiture écrasée se pose soudain sur le bras du gamin, première grande giclée d'adrénaline…) ; après, d'autres peuvent s'irriter de quelques invraisemblances complaisantes (tous ces wagons qui bondissent et rebondissent à des hauteurs ahurissantes, après que leur lourd convoi ait heurté de plein fouet… une camionnette !)

Mais n'est-ce pas à cela que sert le cinéma, réaliser l'impossible ? Steven Spielberg, protecteur et producteur de J.J. Adams, en a fait une recette, et leur ami Tom Cruise une profession. Le plus sage est de se laisser prendre par un récit bien conduit. Les ressorts psychologiques peuvent y sembler lourdement dosés : Joe vient de perdre sa maman, et ses rapports avec son père sont durs à ré-inventer, alors que l'intérêt du spectateur est tiré dans une toute autre direction, vers le mystérieux monstre surpuisssant, sorte de King-Kong métallique dont l'exosquelette copie les armures-robot d'Avatar, mais dont les formes se révèlent au compte-gouttes jusqu'à ce qu'enfin il ouvre un œil… amical. In fine, les multiples pistes se mettent à converger, comme les objets métalliques qui se précipitent (en sens inverse des chiens perdus du comté) pour reconstruire le vaisseau d'E.T., et l'inexplicable prend sens… pour qui joue le jeu.

Pas de quoi s'ennuyer ni se fâcher, donc ; pas de quoi non plus nourrir beaucoup son intellect, mais les vacances, cela existe, n'est-ce pas ? En tous cas, un conseil : ne quittez pas votre siège à l'apparition du mot FIN ; l'attente ne sera pas longue.

(Jacques Vercueil)