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Cinéma

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Sur la route (On the road)

(France / USA / UK / Brésil - 2012 – 2h17)

Réalisation : Walter Salles – Scénario : Jose Rivera, d’après le roman de Jack Kerouac – Production : MK2 Productions / American Zoetrope – Distributeur : MK2
Interprétation : Garrett Hedlund (Dean Moriarty), Sam Riley (Sal Paradise), Kristen Stewart (Marylou), Amy Adams (James Lee), Tom Sturridge (Carlo Marx), Elizabeth Moss (Galatea Dunkel), Kirsten Dunst (Camille), Viggo Mortensen (Old Bull Lee)
Auteur :

Walter Salles, né en 1956 à Rio de Janeiro, est un des grands réalisateurs brésiliens actuels. Il commence sa carrière cinématographique dans les années 1980 en réalisant des documentaires. Sa première fiction date de 1991 : A grande arte. Suivront Terre lointaine en 1995 et Central do Brasil en 1998 qui obtient l'Ours d'or à Berlin et lui assure une renommée internationale. En 2004, avec Carnets de voyage, il s'intéresse à la jeunesse de Che Guevara. Son film précédent, Une famille brésilienne, a obtenu le prix d'interprétation féminine pour Sandra Corveloni à Cannes en 2008.

Résumé :

Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.

Analyse :



Fallait-il porter à l’écran le livre culte de Jack Kerouac, à la fois dense, long, sans réelle histoire dramatique et d’un style littéraire remarquable ? La question peut être posée. Mais l’adaptation de Walter Salles me semble une réussite : fidélité au texte et à l’atmosphère, vérité des personnages, habile transposition du style du roman en images superbes, bande-son remarquable, voix off du narrateur qui reprend le texte du livre, on est plongé dans l’atmosphère de cette jeunesse déjantée que décrit Kerouac.
Le très beau début du film associe à des images de jambes marchant sur une route, qui apparaissent très progressivement, un texte poétique chantonné doucement sur un air de blues. Puis ce sont des images de routes à travers les paysages américains, où la voiture noire de Dean Moriarty fonce comme son destin, des images de bars à jazz, de réunions plus ou moins folles où la drogue circule, de travaux dans les champs de coton, d’appartements miteux. Après une dernière escapade au Mexique, où Dean laisse Sal brûlant de fièvre dans un hôtel minable, les deux héros se séparent. Ils se retrouveront pour quelques instants un soir à New York, mais la belle aventure est finie, Sal vit sa vie d’écrivain et l’ultime image du film montre Dean seul sur le trottoir, abandonné à sa vie d’errance.

« Faire la route », mythe d’une génération, était vivre sa vie dans un mélange de drogue, d’alcool, de sexe, de littérature et de petits boulots. Les acteurs qui incarnent les trois personnages principaux, Sal, Dean et Marylou sont remarquables de justesse dans ce mélange de poésie et de réalisme, de volonté et d’inconstance, de déprime et de mouvement perpétuel.

(Jacques Champeaux)