Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

The Descendants

(Etats-Unis- 2012- 1h50)

Réalisation : Alexander Payne - Scénario : Nat Faxon - Photo : Phedon Papamichael - Décors : Jane Ann Stewart - Montage : Kevin Tent - Son : José Antonio Garcia - Production : Ad Hominem - Distribution : Twentieth Century Fox France
Interprétation : Georges Clooney (Matt King) – Shailene Woodley (Alexandra King) – Amara Miller (Scottie King) – Nick Krause (Sid) – Patricia Hastie (Elizabeth King)
Auteur :

Alexander Payne (de son vrai nom Alexander Papadopoulos) est né en 1961 à Omaha, Nebraska. Titulaire d’une maîtrise de cinéma, en 1996, son premier long métrage, Citizen Ruth, lui vaut un prix. Il tourne en 1999 une satire sur la réussite américaine, L’arriviste, en 2001 Monsieur Schmidt, avec Jack Nicholson, puis Sideways en 2005 primés aux Golden Globes. Il est aussi producteur et scénariste pour d’autres films. Puis, en 2012, il signe la comédie The descendants qui a obtenu 2 Golden Globes et de nombreuses nominations pour les Oscars

Résumé :

Matt, avocat à Hawaï, voit sa vie déraper quand sa femme Elizabeth, à la suite d’un accident de hors-bord, se trouve plongée dans le coma. Il doit s’occuper de ses deux filles, tout en gérant la vente d’un immense terrain qui appartient aussi à ses cousins. En outre, sa fille lui révèle qu’Elizabeth avait un amant et voulait divorcer. Matt a du mal à prendre les bonnes décisions et se retrouve vite dépassé par ses filles et par les événements.

Analyse :



On adore Georges Clooney, depuis Urgences. On est inconditionnel de l’homme, sympathique, de l’acteur, intelligent, et de ses engagements politiques. On court donc les yeux fermés déguster The descendants, son dernier film, une comédie savoureuse, abondamment mis en appétit par les critiques.

Le thème est original, certes, le lieu de tournage aussi, les îles d’Hawaï sont superbes, et malgré la mise en bouche déculpabilisante qui ose montrer les quelques misérables marginaux de l’île, la suite du film les oublie en arpentant les quartiers luxueux des riches américains. L’intrigue, très légère, s’étire sans trouver son rythme, la musique serine, les acteurs pleurent tous au moins une fois face à la caméra, et on compte ceux qui ne l’ont pas encore fait en se demandant quand ce sera leur tour. On assiste impuissant à la mort programmée de la femme infidèle de Georges (comment a-t-elle pu le tromper pour ce fantoche laid et prétentieux ?), la caméra caresse son visage qui se dessèche de jour en jour. Tous ses proches viennent lui dire adieu, dans son coma dépassé, et les psychodrames se succèdent à son chevet. On lui souhaite de ne surtout pas se réveiller !

Film étatsunien dans le fond, dans la forme, dans les clichés, dans les rapports enfants-père (enfants insupportables de mépris, de grossièreté, père mou, mou, mou !) sauf le rythme, plutôt français. Et enfin étatsunien dans le happy end téléphoné depuis le début et rapidement plaqué.

On supporterait tout ça sans broncher, après tout, on vient pour adorer Clooney, mais Georges a accepté de se vieillir, de se ramollir, de pleurnicher, de courir comme un canard boiteux, de s’affubler de chemises hawaïennes amples et bariolées peu flatteuses pour sa silhouette… Il faut attendre le dernier plan pour découvrir enfin le grand moment de ce film, la révélation qui justifie tout ce qui précède, le talent caché de Georges. Et cette image hante désormais nos nuits et nos jours : les doigts de pieds en éventail de Georges, une perfection de finesse, de grâce, d’expressivité, que l’on peut admirer pendant les cinq minutes que dure la scène : Georges vautré sur le canapé, entre ses deux enfants, devant la télé, image du bonheur retrouvé.

(Catherine Forné)