Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

To Rome with Love

(Etats-Unis – 2012 - 1h32)

Réalisation : et scénario : Woody Allen - Image : Darius Khondji - Distribution France : Mars Distribution
Interprétation : Woody Allen (Jerry), Judy Davis (Phyllis son épouse), Alison Pill (Hayley leur fille), Flavio Tiberi (Michelangelo le gendre), Fabio Armillato (son père) ; Alec Baldwin (John le vieil architecte), Jesse Eisenberg (Jack son jeune alter ego) ; Alessandro Tiberi (le jeune marié provincial), Alessandra Mastronardi (son épouse), Penelope Cruz (Anna la call girl) ; Roberto Benigni (Leopoldo).
Auteur :

Né en 1935, Woody Allen a réalisé depuis quarante ans au moins un film par an. Fameux comme auteur-acteur comique dès son premier long métrage (Prends l'oseille et tire-toi, 1969), son œuvre foisonnante, parfois un peu bâclée, a affirmé la personnalité tourmentée et passionnante d'un créateur original. Quatre de ses récents films sont consacrés à des villes européennes (Scoop, à Londres, 2006 ; Vicky Cristina Barcelona, 2008 ; Minuit à Paris, 2011; et celui-ci) qui le sortent de son cadre longtemps favori, New-York.

Résumé :

quatre récits entrelacés que soudent entre eux les décors de la Ville éternelle.

Analyse :



Les divorces de Woody Allen en ont-ils fait un forçat de la pension alimentaire ? La rumeur veut que cela nous vaille, année après année, des films où la critique ne trouve pas toujours la marque du génie. To Rome with Love, notamment, a eu plutôt mauvaise presse. C'est une œuvre légère certes, mais où une écriture plaisamment spontanée déroule sur le mode de la comédie quatre aspects différents de la vie sociale.

Dans le désordre :

– Un vaudeville où deux jeunes mariés succombent chacun de son côté aux tentations que la Ville perverse présente aux provinciaux naïfs (et Penelope Cruz crédibilise fort bien la chute du gentil mari) : est-ce un hasard s'ils débarquent de Pordenone, ville-emblème de la Ligue lombarde en révolte contre la capitale italienne ?

Reality, ou comment la télévision rend fous ceux qu'elle veut perdre : c'est le thème du sketch de Roberto Benigni, qui conserve méritoirement son bon sens face aux stupidités qu'on lui fait proférer dans l'émission de téléréalité qui lui est imposée. Jusqu'à ce que le passage du projecteur sur une autre victime le laisse dans un désarroi éperdu qui fait froid dans le dos.

– Rencontre entre cultures américaine et italienne, caricaturées à la Woody. Un producteur de musique venu à Rome découvrir son gendre en découvre aussi le père et son bel canto de salle de bains. Fric à faire ou plaisir de chanter, qui va l'emporter ? Allen se permet de dévider ce fil jusqu'au triomphe accordé par les grandes salles d'Opéra à la cabine de douche du nouveau Pavarotti...

– Enfin (cf. ici Camille redouble), un architecte vieilli revit ses belles années en se rêvant dans le rôle de Jiminy Cricket auprès d'un autre lui-même, jeune débutant rétif à tous les conseils que l'expérience de sa vie vécue conduit le senior à lui proposer.

Des détails d'une fresque de la vie italienne, peints par un sympathisant d'outre-Atlantique qui ne se veut pas plus profond que son clin d'œil.

(Jacques Vercueil)