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Cinéma

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Woody Allen : a documentary

(Etats-Unis – 2012 -1h53)

Réalisation : et scénario: Robert B. Weide - Photographie: Nancy Schreiber et Buddy Squires - Montage: RB Weide et Karoliina Tuovinen - Compositeur: Paul Cantelon - Production: Rat entertainment - Distribution : Memento Films
Interprétation : Woody Allen (WA), Letty Aronson (sœur de WA), Penelope Cruz, Mia Farrow, Mariel Hemingway Scarlett Johansson, Diane Keaton, Naomi Watts, Josh Brolin, Dick Cavett (montreur de WA), Larry David, Charles H Joffe (producteur de WA), Sean Penn, Martin Scorcese, … dans leur propre rôles.
Auteur :

Après avoir échoué trois fois à l’USC’s film school, Bob Weide devient à partir de 1982, selon le cas, scénariste, réalisateur, producteur  et acteur sur plusieurs films documentaires, mettant en scène des comiques américains (les Marx brothers, WC Fields…). Après quelques fictions remarquées, il revient au documentaire avec ce film pour lequel il a suivi Woody Allen pendant un an et demi.

Résumé :

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Woody… à travers un très large fond d’archives - photos, interviews, émissions télévisées, séquences documentaires filmées sur les tournage - alternant avec des extraits de ses films.

Analyse :



RB Weide propose un portrait chronologique très classique de Woody Allen vu par lui-même et par la foule enthousiaste des actrices, amis et producteurs qui ont travaillé avec et pour lui; un regard  sur la vie, la carrière et les films de l’auteur-réalisateur le plus prolifique des États-Unis, depuis son enfance dans le Brooklyn des années 30 jusqu’à la sortie de son dernier film à succès "Minuit à Paris". Le  nourrisson  puis l’écolier au regard vif devient un adolescent  plutôt ingrat qui apparaît pourtant, après les cours du collège, comme un génial inventeur  de blagues que les organisateurs de crochets radiophoniques s’arrachent, mais qui est d’une timidité pathologique lorsqu’il doit monter sur scène. Plus tard c’est en assistant,  impuissant,  au dépeçage de son scénario pour Quoi de neuf  Pussy cat qu’il décide de réaliser lui même les films suivants, inaugurés par Prends l’oseille et tire toi (1969). A l’exception de Mia Farrow, trahie, le chœur de ses actrices dont certaines furent ses femmes ne tarit pas de  touchants éloges- Diane Keaton merveilleuse d’intelligence et qui lui conservera son amitié, Naomi Watts, Scarlett Johansson, Penelope Cruz… Bien sûr avec WA on ne s’ennuie jamais, qu’il évoque sa méthode de travail -notes et graffitis sur petits bouts de papier et fidélité à  la machine à écrire de ses débuts- ou son amour de la clarinette de jazz qu’il pratique avec ferveur, ou que, rappelant la longévité de ses parents, il déclare que pour sa part il n’a pas encore commencé à vieillir et que son ouïe ne baisse pas ! Ne reste-t-on cependant pas un peu sur sa faim ?  On  ne nous montre en effet jamais vraiment l’artiste au travail ni la mystérieuse alchimie de ses talents; on n’évoque pas devant nous les contradictions de ce surdoué dans ses relations avec les femmes et ses modèles artistiques - Groucho Marx, Bergman et Shakespeare- ni sa fascination pour la psychanalyse; et la mélancolie de ce cinéaste perpétuellement à la poursuite d’un chef d’œuvre  inaccessible  ne transparaît que fugacement derrière une mise en scène bien convenue.

(Jean-Michel Zucker)