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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Young adult

(Etats-Unis – 2011 – 1h34)

Réalisation : Jason Reitman – Scénario : Diablo Cody – Directeur de la photographie : Eric Steelberg – Montage : Dana Glauberman - Musique : Rolfe Kent – Distribution : Paramount Pictures
Interprétation : Charlize Theron, Patton Oswalt, Patrick Wilson, Elisabeth Reaser
Auteur :

Jason Reitman est né en 1977 à Montréal. Il est le fils du réalisateur et producteur Ivan Reitman installé à Los Angeles. Jason entre dans le bain du cinéma très jeune en faisant quelques apparitions dans les films réalisés par son père comme Jumeaux, S.O.S. Fantômes II, Un flic à la maternelle et Président d'un jour. Diplômé de la Harvard-Westlake School en 1995, il réalise, de 1998 à 2004 six courts-métrages. En 2006, il est révélé au grand public par Thank You for Smoking, film décapant sur le thème des lobbies, en particulier celui du tabac, qui va être un succès commercial et critique. C'est ensuite la confirmation avec Juno, en 2007, Oscar du meilleur scénario aux 80e Oscars du Cinéma, et énorme succès commercial. En 2009, il réalise In the Air. Le film obtient le Golden Globe du meilleur scénario.

Résumé :

Mavis Gary écrit des romans pour « jeunes adultes ». Il y a bien longtemps qu’elle a quitté l’atmosphère oppressante de sa petite ville natale pour « réussir » à Minneapolis. Pourtant malgré sa beauté et son succès sa vie est un désastre. Un beau jour elle reçoit un mèl lui annonçant la naissance du premier enfant de son amour d’antan, Buddy Slade. Elle décide d’aller sauver Buddy de sa prison domestique…

Analyse :



C’est le titre d’une collection de livres pour grands adolescents qui donne son titre au film. Et ce n’est pas par hasard : Mavis écrit dans cette collection mais surtout elle se comporte comme une « adulescente ». Toutes les péripéties du récit nous la montrent immature et égocentrique, incapable de voir que beaucoup de temps s’est écoulé depuis la fin de ses années au collège. Ses admirateurs d’antan ont avancé dans la vie et ont construit une vie amoureuse dans laquelle il n’y a pas de place pour elle. Pas la place du moins dont elle rêverait : la première. Et pour nous montrer son incapacité à échapper à l’univers de l’adolescence, le réalisateur nous la montre y baignant encore, à travers les scènes de séries télévisées qui servent de toile de fond à son existence chez elle, ainsi qu’à l’attention qu’elle porte à des dialogues de jeunes, saisis au vol et qu’elle note soigneusement pour s’en inspirer dans son manuscrit en cours d’écriture. On comprend d’ailleurs que ce sera le dernier : la série n’a plus de succès et va disparaître. Est-ce un signal d’alerte pour qu’elle comprenne elle aussi que cette période est finie ? Tout le film sera jalonné de ses tentatives désespérées pour refuser d’admettre la réalité. D’exaspérante elle en devient peu à peu pitoyable, jusqu’à en arriver à accepter les bras de Matt, ancien condisciple handicapé qu’elle méprise depuis toujours. Ce dernier se comporte vis-à-vis d’elle en « ange gardien », lui rappelant sans cesse que Buddy est marié et père de famille. L’opposition permanente entre ce que Mavis croit être la vraie vie (la sienne, essentiellement tournée vers l’apparence) et ce que vivent les autres (soins au bébé, travail peu glorieux), vie qu’elle estime minable, va finalement s’avérer un leurre. La satire est mordante et efficace malgré quelques longueurs.

(Maguy Chailley)