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    La Révolution silencieuse, chacun pour tous.

    Novembre 1956, dans la cité modèle de Stalinstadt en République Démocratique d'Allemagne, une minute de silence va changer la vie d'une classe de jeunes bacheliers. En manifestant ainsi leur solidarité avec les insurgés de Budapest, ils deviennent des "ennemis de l'État" alors même qu'ils n'en n'ont pas conscience.

    Ils adhèrent pourtant tous profondément à l'esprit du socialisme qui leur donne la chance, eux qui sont fils d'ouvriers, de petits commerçants voire de l'élite communale de faire des études, passeport pour un avenir aussi brillant que le sont les petites rues proprettes de la cité toute neuve. Ils croient en l'avenir promis par le socialisme et espèrent lui trouver une voie allemande, débarrassée de l'occupation soviétique. Mais les autorités ne vont pas l'entendre ainsi et vont exiger de connaître l'initiateur de la minute de silence.

    Rester solidaire au risque d'une exclusion collective ? se dénoncer soi-même en victime expiatoire ? dénoncer les initiateurs, Kurt et Théo ? Comment rester fidèle à ses convictions, à ses engagements au sein d'un groupe sans pour autant perdre son individualité ? Tels sont les questions soulevées par "La Révolution silencieuse" mais aussi que faire de l'héritage glorieux ou infâme de ses parents selon qu'ils ont été du bon côté ou du mauvais côté en 1945 ?

    C'est très subtilement que le réalisateur Lars Kraume explore chaque facette de cette société socialiste où les autorités tirent leur légitimité de leur réelle résistance et de leurs souffrances infligées par la Gestapo. Elles ne veulent plus de "graines de nazis" mais seulement des "héros du socialisme". 

    Et chacun va devoir faire son choix entre la lâcheté, l'héroïsme ou le simple respect de sa propre dignité, confrontés aux silences de la trahison ou de l'humiliation de leurs parents. Pourtant qu'il s'agisse du socialisme démocratique ou du national-socialisme, la logique est similaire. Lorsque les autorités s'adressent à chaque élève, c'est toujours en tant que faisant partie du groupe et ses intérêts tout en faisant appel à l'intérêt égoïste de chacun. Le "NOUS" des élèves est foncièrement différent du "NOUS" que veut imposer l'État totalitaire. C'est un "Nous" volontaire et consenti, revendiqué et éprouvé qui sort vainqueur de la confrontation même si le prix à payer en est l'exclusion. 

    Ils opposent la force du collectif dans ce qui n'est pas une confrontation entre socialisme et capitalisme mais entre socialisme, qu'il soit "démocratique" ou "national" et individualisme lequel n'a rien à voir avec la recherche du seul intérêt individuel. Ou en tout cas est capable de comprendre que l'intérêt supérieur de chacun n'est ni dans la soumission, ni dans les marmites pleines mais dans cette participation libre au collectif que l'on s'est choisi. 

    Un film éminemment politique qui nous rappelle que la liberté est toujours le fruit de nos choix aussi difficiles soient-ils, dans cette scène d'anthologie où chacun, l'un après l'autre, se lève et déclare "c'est ma décision".

    Roland Kauffmann

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