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  • Edito (J. Vercueil)
  • Les fiches de film du groupe Toulouse

    La Isla Minima de Alberto Rodriguez

    Commençons, pour une fois, par donner les notes attribuées : 3 et 18 aux extrêmes. Pour l'une : je ne suis pas du tout rentrée dans ce film. Pour l'autre : J'ai trouvé ce film d'une très grande richesse, très positif. La moyenne s'établit à 12,8 sur 20.

     

    De quoi a-t-on parlé ? D'une œuvre de qualité, de la belle ouvrage : un scénario bien enchaîné ; des personnages crédibles ; une bonne concordance entre musique, cadrage, couleurs peu contrastées, décors. Le tout contribuant à créer l'atmosphère sombre du film et peindre la pauvre et morne platitude des lieux.

    Le récit est linéaire, plutôt lent avec une mise en tension progressive, sans coup de théâtre, en un mot : classique. Et la résolution de l'intrigue policière n'est sans doute pas l’intérêt principal du récit. Certains y ont vu un air de western, notamment dans le duel final, mais avec totale absence de manichéisme.

    D'entrée de jeu, la caméra nous donne une vue aérienne cadrée des lieux, évoquant un puzzle. Et cela recommencera quatre fois, comme pour clore un chapitre et passer au suivant ou pour symboliser la réflexion de l’enquêteur.

    En 1980, l'Andalousie est très pauvre et sous la coupe de gros propriétaires. Cinq ans après le décès de Franco, la transition de la dictature à la démocratie n'est pas terminée. Et la zone rizicole et marécageuse où nous sommes transportés paraît plus sous influence du potentat local et des trafiquants que de l'administration centrale : on y survit quand on ne peut la quitter, et les jeunes veulent la fuir.

    Surviennent deux policiers venus enquêter sur des disparitions de jeune filles. Pour les deux, cette mission est une sanction et leur arrivée au village n'a rien de glorieux (voiture en panne, une seule chambre libre à l’hôtel). La conduite de l’enquête, qui se heurte aux injonctions du procureur et à la loi du silence dans la population, va être l'occasion de révéler leurs différences (âge, passé, méthodes, idéologies), qui devraient les opposer, et de montrer leur manière de les surmonter. Comment ? Par une pincée de respect mutuel, une once de paternalisme et une prise en compte permanente du but de la mission.

    Certains thèmes sont effleurés au passage : la difficile transition dictature/démocratie, la problématique amnistie de crimes au nom de la nécessaire réconciliation nationale, la collaboration difficile entre personnalités opposées, la place de la femme dans un milieu rural défavorisé, l'influence du cadre de vie, le caractère éphémère de la célébrité médiatique.

    Malgré tous ses aspects sombres, comment a-t-on pu qualifier ce film de positif ? Essentiellement, fut-il répondu, parce que de cette population opprimée sortent des êtres d’une générosité et d’un courage exceptionnel (et surtout la mère des disparues) et que la clôture de l’enquête coïncide avec la reprise du travail, de la vie, dans cette région.

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