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Archive des éditos

Edito : juin 2018

Hommage à Milos Forman

A Rouen, au printemps 1966, il était troublant ce film en noir et blanc, Les amours d’une blonde, distribué dans quelques salles d’art et d’essai de la capitale et de province.  Adolescente, j’étais allée, avec mon Solex, le voir au Studio 34, aujourd’hui disparu, rue de la Tour du beurre ; je ne l’ai pas revu depuis. Il me reste surtout, nimbée de mystère et de charme,  une scène où un pianiste et une ‘blonde’ se retrouvent dans une chambre et où lui s’acharne à baisser le store : comique et humour faisaient irruption dans un moment de gravité.  Et aussi des conversations légères et des rires entre filles à propos des garçons, de l’amour et du sexe.

Deux ans avant le Printemps de Prague et notre Mai 1968, ce deuxième long métrage de Milos Forman, né en 1932 en Tchécoslovaquie et décédé en avril 2018 dans le Connecticut, apportait à l’Ouest le parfum exotique de la vie derrière le rideau de fer. Il est intéressant de relire les critiques de l’époque, qui le comparaient souvent à Ermanno Olmi (L’emploi) et à Jean-Luc Godard (A bout de souffle).  Dans Combat, Henri Chapier soulignait sa modernité, de manière prémonitoire : ‘la sensibilité n’est pas celle d’une jeunesse qui s’opposerait à ce qui fut, mais plutôt celle d’une jeunesse qui veut autre chose et ne comprend guère plus les valeurs traditionnelles qu’on ne semble saisir ses sentiments’.

Milos Forman, qui était resté orphelin après la Deuxième guerre mondiale (son père fut tué par la Gestapo et sa mère était morte à Auschwitz), devait quitter son pays, après l’invasion soviétique d’août 1968 et la Normalisation, pour les Etats-Unis. Devenu célèbre et, enfin, riche avec le succès de Vol au-dessus d’un nid de coucous (1975),  il acquit la nationalité américaine, tout en restant profondément attaché à sa patrie d’origine. Entre l’Est et l’Ouest, il a été un vrai héros de notre temps.

Françoise Wilkowski-Dehove

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