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En attendant le Bonheur d’Abderrahmane SISSAKO, 2002


Texte d'Hervé Malfuson

A l’occasion du dernier séminaire de Profil autour de la question du Désert, j’ai présenté le film d’Abderrahmane SISSAKO : « En attendant le Bonheur », réalisé en 2002. 

Sissako est né en 1961 à Kiffa, en Mauritanie, mais a passé la majorité de son enfance et son adolescence au mali avec son père, car il est mauritanien par sa mère et malien par son père. « Heremakono, en attendant le bonheur », n’est autre que le dernier volet d’un triptyque, démarré en 1991 avec un court métrage « Octobre » de fin d’étude au VGIK de Moscou (école de cinéma russe), vient ensuit « La vie sur terre », réalisé en 1998 sur commande de la chaîne Arte pour le passage à l’an 2000. Il y présente son voyage dans le village où vit son père, à Sokolo au mali. Et enfin, « Heremakono », réalisé en 2002. 

L’objectif de l’intervention était d’exposer les aspects visibles et invisibles du désert présent dans ce film, avec une question récurrente : Le désert, c’est quoi dans le film ? (Ses manifestations ?). Il semble que ce soit à la fois du sable, une immensité géographique, des maisons vides, des bateaux échoués, la solitude et la mort parfois. Il s’agit d’un désert à la fois physique et géographique, mais aussi un désert moral et psychologique. Le titre a une importance capitale sur la compréhension du film. 

Nouadhibou, la ville où se déroule le film, est une ville de passage, ce sont des lieux comme des parenthèses, des lieux provisoires. Au Mali ils portent un nom : HEREMAKONO ce qui signifie : en attendant le bonheur. 

Ce film met en évidence, également, la thématique de l’exil : son propre exil et un exil universel, de tout individu désireux d’un avenir meilleur. Une tradition de voyage (peuple nomade), de déchirement, donc d’exil. 

Le paysage filmique fait s’affronter le sable et la mer, comme deux états d’âme. Cette ville noyée sous le sable devient fantomatique, lieu de survie et de mystère où toute activité économique semble éteinte ou lointaine (Cf : l’image des bateaux éclairés au loin qui mènent une activité parallèle et mystérieuse), mais où des personnages continuent à vivre malgré tout et perpétuent cette tradition de transmission, d’apprentissage et d’éducation (Cf : la relation entre Khadra et Maata). 

Et je résumerais tout ce qui s’est dit ce soir là par deux idées de Sissako : « L’Afrique est résumé à un relief, une géographie, mais c’est pourtant un espace avec des hommes, des femmes, ses bonheurs, ses douleurs ». Et : « Une personne a fait plusieurs fois le voyage dans sa tête, c’est la liberté de la personne de choisir dans sa tête, le voyage n’est pas permis à tout le monde ».

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