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Pro-Fil

"Protestant et Filmophile"


En attendant les hirondelles

de Karim Moussaoui

Pourquoi ce titre ? Par contagion avec Quand passent les cigognes, chef-d’œuvre des années 1950 ? Mais les hirondelles ici ne passent pas. Et la sagesse populaire dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Et, certes, la tonalité générale du film n’est pas d’un optimisme à toute épreuve…

Soit l’Algérie, disons contemporaine, où le réalisateur nous entraîne dans trois aventures différentes : on reconnaîtra qu’il a su ‘gommer’ le piège des films ‘à sketches’, quelque peu démodé. Le traitement, froid et comme désintéressé, y est sans doute pour quelque chose. Se succèdent un milieu urbaine en pleine construction quelque peu anarchique, une longue équipée vers le Sud, enfin la découverte d’un habitat de fortune, cairons grossièrement assemblés, portes en ferraille approximative, bref une mechta de notre temps.

A chaque épisode, sa vedette. La première, un homme mûr, aux prises avec ses difficultés conjugales, professionnelles, et qui a la malchance d’assiste à un impitoyable pugilat, qu’il regarde sans manifester le moindre secours. Ce monsieur confirme bien ce que la vie pense de lui.

Le suivant, une jeune personne destinée à un homme mûr du côté de Biskra, et acheminée par un jeune ami de la famille auquel elle ne semble pas insensible. L’irréparable sera commis en toute discrétion, certes, au cours d’une ultime nuit de voyage, sans qu’on ait l’intention de nous en dire plus.

Enfin, un jeune neurologue de renom, naguère ans doute partisan actif de années de braise, rencontre ne jeune femme qu’il a précédemment violée, puis engrossée, donnant naissance à un enfant anormal : l’affaire n’ira pas plus loin, et le neurologue convolera promptement en justes noces, avec le faste nord-africain qu’on imagine. Ici se termine ce récit à toirs faces où le réalisateur ne dévoile rien de ses sentiments : l’ordre chronologique en rend-il mieux compte, où les braises ne sont qu’en partie éteintes ?

On appréciera la qualité de la bande sonore qui fait alterner avec bonheur la musique disons orientale et de larges emprunts à des auteurs classiques européens.

Jacques Agulhon

Algérie 2017, 1h 53min

avec Mohamed Djouhri, Sonia Mekkiou, Mehdi Ramdani

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