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"Protestant et Filmophile"



Thème - Les réfugiés

Étude réalisée pour La Cimade - Festival Migrants’scène 2015

« Le terme « réfugié » s'appliquera à toute personne qui (...) craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays (...) » - Convention de Genève, 28 juillet 1951

Cinquante-deux millions. C'est le nombre d’êtres humains qui sont contraints à vivre sur une terre qui n’est pas la leur.

Victimes de répression, besoins en aide médicale et morale. Ces réfugiés, politiques ou autres, ont subi des tortures dans leur pays.

Sous la tente, la tôle ou la tuile, ces errants trouvent souvent refuge dans des camps - et il n’y en a jamais eu autant qu’actuellement, ou dans des villes sombres et sinistres, filmées du point de vue de ceux, étrangers et réfugiés, qui y survivent, dans les rues, des abris de fortune, ou aux alentours des gares.

Le HCR protège ou assiste plus de 40 millions de personnes dans le monde. Son travail n'a jamais été aussi nécessaire à cause du nombre de conflits dans le monde. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, on n'a jamais connu autant de réfugiés dans le monde. On peut avoir l'impression que beaucoup d'entre eux se dirigent vers l'Europe, mais ce n'est pas le cas. 80 % des réfugiés se trouvent dans des pays en développement, situés près des pays en guerre. Ainsi, il y a 3,8 millions de Syriens dans les pays proches (Liban, Turquie, Jordanie), dont une grosse partie dans des camps du HCR. Le HCR bénéficie du soutien financier le plus important de son histoire, mais c'est insuffisant.

Le choc et la crainte des attentats en Europe peut-elle compliquer la tâche du HCR ?

Il y a la crise économique. Et le climat en Europe devient plus restrictif, avec plus de suspicion envers les étrangers, ce qui a un impact dans l'accueil des réfugiés. Mais on ne demande pas à l'Europe d'accueillir tous les réfugiés du monde, non plus la majorité.

Il est important que les réfugiés trouvent surtout de bonnes conditions d'asile dans des pays proches du leur et puissent ainsi envisager leur retour. La contribution de l'Europe dans l'accueil et l'aide financière reste cependant essentielle.

Focus : Parcours de réfugiés

Bon voyage - Fabio Friedli - 6’ - F (dessin animé)

Lorsque le film commence, on pense assister à un simple dessin animé. Mais les apparences sont trompeuses. Bon voyage n'est pas un dessin animé anodin. Un petit bonhomme arrive et monte dans un bus. Il tente de se frayer un chemin entre les innombrables passagers agglutinés sur le toit du véhicule. Le petit bonhomme avec son baluchon n'est pas un baroudeur, mais plutôt un émigrant clandestin qui tente de quitter l'Afrique pour se rendre sur le continent européen. On perçoit les conditions de voyage effroyables de ces clandestins.

Ce court métrage se termine par une transition puissante. Du dessin à un gros plan réel sur un jeune Africain assis dans un bureau face à trois agents de l’immigration. Malaise perceptible, tentions palpables : le seul survivant du périple attend de savoir quel sort lui réservent les fonctionnaires.

Le graphisme du film est épuré, les éléments représentés par de simples traits de stylo sur un fond blanc. Peut-être une manière pour le réalisateur, de rendre une thématique si lourde plus accessible, plus légère.

Le carnet de Chico - Ecole Enrico Macias de Hotton - 11’38 - F

Parcours des demandeurs d'asile vus par 25 enfants de 4ème et 5ème primaire. Un projet réalisé avec le soutien de la Croix Rouge de Belgique à l'Ecole Enrico Macias de Hotton.

Chico et Moclou construisent un bateau afin d'accompagner un animal marin lors de son dernier voyage. Un jour, Chico disparaît mystérieusement. Inquiet, Moclou part à sa recherche. Son enquête le mène jusqu'au centre d'accueil de demandeurs d'asile, où il récoltera les indices nécessaires pour retrouver son ami et sa famille…

Manque de preuves - Hayoun Kwon - 9’ - F

Chez les Nigériens, être jumeaux peut signifier une bénédiction ou une malédiction. Le père d’Oscar est le chef du village, un sorcier qui croit à la malédiction des jumeaux. Un jour, ce sorcier a tenté, lors d’une fête rituelle, de tuer ses deux fils : Oscar a réussi à s’échapper, mais a assisté au meurtre de son frère. Après s’être enfui et avoir traversé son pays, il a réussi, par chance, à sortir du Nigeria et à s’exiler en France. Il a demandé l’asile dans ce contexte, mais sa demande a été refusée car il ne pouvait fournir aucune preuve.

S'appuyant sur un témoignage véridique, Manque de preuves ne se contente pas simplement d'illustrer une histoire, mais tente une reconstitution à partir de la part fictive inhérente à tout témoignage. Le récit d'un vécu, en l'absence de preuve matérielle, se doit de constituer la preuve elle-même, en fonction de sa crédibilité.

Pour donner corps aux évènements de la manière la plus objective possible, la réalisatrice propose de n'en montrer que le théâtre, un village africain reconstitué numériquement et vidé de ses acteurs. On progresse au rythme de la description des faits, libre à nous de nous les représenter. Plus le récit avance, plus le dispositif se révèle lui-même pour littéralement devenir transparent et nous guider jusqu'à cette silhouette aperçue au bout du chemin, sombre et floue, qu'on devine être la victime.

Un film qui prend des allures de refuge pour l'exilé qui n'a que le poids des mots en guise de témoignage.

Le phallomètre -Tor Iben - 7’- F

A l’instar des femmes qui subissent des violences sexuelles, pour les hommes, accéder à une demande d’asile sur la base d’une érection : la technique du « test phallométrique », ressemblerait à une mauvaise plaisanterie, si elle n’avait été utilisée encore récemment pour le contrôle de l’immigration au sein même de l’Union européenne

La Commission européenne vient de taper sur les doigts de la République Tchèque pour « pratiques contraires au respect des droits de l’homme » dans le traitement des demandeurs d’asile. Les étrangers de sexe masculin qui sollicitent l’accueil dans ce pays pour échapper à des persécutions doivent en effet passer des tests phallomètriques. Il s’agit de vérifier si le pénis de l’intéressé est sensible à la présentation au sujet d’images pornographiques d’orientation homosexuelle. Cette pratique se fondait pourtant sur une préoccupation légitime : établir si les demandeurs d’asile arguant des persécutions subies par les gays dans leur pays d’origine ne racontent pas de fariboles. Ceux qui prétendent que les bureaucrates de Bruxelles sont inutiles, sinon nuisibles, devront faire leur mea culpa.

D’où un risque d’injustice envers celui qui n’éprouve aucune attirance pour les éphèbes présentés à sa concupiscence par les fonctionnaires de Prague. Mais il faut craindre, que s’étant emparé de ce sujet, Bruxelles ne se mette en tête d’établir des normes européennes relatives à l’érection et ses instruments de mesure. Les féministes sont d’accord : c’est le commencement de la fin de la phallocratie.

L’histoire est basée sur des faits réels. Un réfugié iranien est arrêté à la frontière tchèque et placé en garde à vue dans un poste frontalier. Pendant l’interrogatoire, il avoue aux douaniers être gay, qu'il a fui son pays en raison de son homosexualité. Il est soumis alors à un examen absurde. Pour prouver ses dires, il doit se soumettre au test du phallomètre.

Aïssa - Clément Tréhin-Lalanne - 8’ - F

Aïssa est une jeune fille congolaise en situation irrégulière. À partir de ce pitch du deuxième film de Clément Tréhin-Lalanne en compétition officielle à Cannes, on imagine que l’on va encore avoir affaire à un énième film sur les sans-papiers. Pourtant, le point de vue du réalisateur est bien différent de ce que l’on a pu voir auparavant.

Son regard sur son personnage principal, Aïssa, est suffisamment aiguisé pour que nous nous mettions à sa place, dans des situations inconfortables.

Aïssa , un film court (huit minutes), mais très efficace pour ne pas dire tranchant. Le réalisateur dit avoir réagi à un article lu dans le quotidien Rue 89 à propos de deux jeunes Congolaises ayant été examinées minutieusement par un médecin à la demande d’un officier de police pour déterminer leur âge réel. Cet âge réel, c’est celui qui permettra de décider de leur destin : se verront-elles accorder un titre de séjour ou bien seront-elles expulsées ? La violence de la situation se retrouve exactement dans ce court-métrage. À la différence de nombreux films sur le thème des sans-papiers où l’on voit des immigrés traqués et des forces de l’ordre agressives, ici, point de brutalité, mais une situation qui glace, celle de la visite médicale avec l’analyse détaillée de l’ossature et de l’anatomie d’Aïssa.

Dès le générique d’ouverture, la police anticipe le destin d’Aïssa : un cas supplémentaire parmi tant d’autres, un dossier juridique à traiter de la manière la plus détachée, un simple numéro. Puis, on découvre la nuque de la jeune fille. La caméra ne la quittera d’ailleurs plus jusqu’à la dernière image du film. On apprend qu’Aïssa a 17 ans, qu’elle termine un CAP d’esthéticienne et qu’elle est en pleine santé. Mais alors qu’a-t-elle fait de mal pour se retrouver là ? La voix off du médecin enregistrée sur son dictaphone décrit avec impassibilité les différentes parties du corps d’Aïssa, montrées ici de la manière la plus crue. La jeune fille mise à nue est apeurée devant cet examen froid et clinique.

Le rôle de « bête curieuse » étudiée sous tous les angles est campé par l’incroyable Manda Touré. Sans un mot, elle transmet une immense pudeur associée à de la frayeur. Le diagnostic du médecin vient ensuite clore le film avec la plus grande froideur. S’ensuit un cut qui laisse la gorge sèche, sans musique et sans compassion aucune. Le réalisateur réussit à nous mettre mal à l’aise.

Playground - Emilien Cancet - 52’- D

France - Paris

Après quatre ans d'exil depuis l'Afghanistan, le réalisateur a donné la parole à Irfani, réfugié Afghan qui a fui les talibans et qui arrive à Paris en 2011. Il trouve refuge sous le métro aérien, sur un terrain de basketball où logent une quarantaine d'Afghans. Deux années vont s'écouler avant qu'il obtienne une réponse à sa demande d'asile.

Ce film esthétique et sensible montre la tension entre difficultés et espoirs que suscitent les dispositifs d’accueil des réfugiés en France.

Transit - Bani Khoshnoudi - 34’- F

Sur la route de l'Angleterre, Aryan, un Afghan de 20 ans, traverse les frontières de l'Europe avec d'autres Afghans, Kurdes et Iraniens. Séparé de ses compagnons de route, Arya arrive finalement à Paris, où il est placé dans une petite chambre d'hôtel obscure et délabrée.

On est plongé là dans un itinéraire, des frontières traversées, l’attente d’une sortie, l’attente d’un départ. On est dans un espace qui se cherche, qui s’appelle l’Europe.

C’est très beau, une atmosphère particulière chargée d’inquiétudes, de peurs, de privations de liberté dans un pays étranger - un sujet sensible parce que souterrain, mais ne sommes-nous pas dans un parcours qui traite davantage de migrations que de réfugiés ?

Dheepan - Jacques Audiard - palme d’or Cannes 2015 - 100’ - F

Sortie le 26 août 2015

Dheepan est un combattant de l'indépendance tamoule, un Tigre. La guerre civile touche à sa fin au Sri Lanka, la défaite est proche, Dheepan décide de fuir. Il emmène avec lui une femme et une petite fille qu'il ne connaît pas, espérant ainsi obtenir plus facilement l'asile politique en Europe.

Arrivée à Paris, cette « famille » vivote d'un foyer d'accueil à l'autre, jusqu'à ce que Dheepan obtienne un emploi de gardien d'immeuble en banlieue. Dheepan espère y bâtir une nouvelle vie et construire un véritable foyer pour sa fausse femme et sa fausse fille. Bientôt cependant, la violence quotidienne de la cité fait ressurgir les blessures encore ouvertes de la guerre. Le soldat Dheepan va devoir renouer avec ses instincts guerriers pour protéger ce qu'il espérait voir devenir sa « vraie » famille.

Parcours de réfugiés - Ali Benjelloun - 53’ - D

Maroc

Le Maroc est traditionnellement une terre d'accueil. Et dans un contexte actuel mondial où les flux migratoires s'intensifient, le Maroc voit son rôle prendre de plus en plus d'importance.
 Aux portes de l'Europe, le Maroc voit arriver de plus en plus d'immigrés, essentiellement des sub-sahariens, dont le seul but est de se rendre vers les pays du nord. Mais d'autres, moins nombreux, arrivent au Maroc non par choix, mais par obligation.


Pour des raisons de conflits sociaux, religieux ou autres, quelques Africains, Iraquiens ou encore Palestiniens débarquent au Maroc en espérant trouver refuge : ils acquièrent le statut de réfugiés politiques. Ils sont environ mille au Maroc à posséder une carte de réfugié politique, délivrée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR). Originaires de la Côte d'Ivoire, du Togo, de la République Démocratique du Congo, de la Palestine ou encore de l'Iraq, ils ont tous fui leur pays d'origine, craignant pour leur vie et à la recherche d'un quotidien meilleur.
 Mais posséder cette carte ne facilite guère la vie sur le territoire marocain. Elle ne donne pas accès au marché du travail, au logement, aux services de santé, à la scolarité... Et ne garantit pas l'obtention d'une carte de séjour marocaine. La plupart vivent dans des conditions très précaires, et leur quotidien est très difficile. Mais le UNHCR, en partenariat avec des associations, tente de pousser le gouvernement marocain à changer sa législation, et de trouver des solutions afin d'améliorer ce quotidien.
 Pour la plupart des réfugiés politiques, le parcours jusqu'au Maroc n'a pas été facile : la torture, les viols, la fatigue, la faim et la soif... Mais une fois arrivé au Maroc, leur parcours est encore loin d'être achevé.

Focus : Enfants réfugiés

Les dirigeants du monde n’ont pas réussi à protéger plus d'un million d'enfants vulnérables, obligés de fuir les atrocités de leur pays pour une vie remplie d'incertitudes à l'étranger.

Chaque jour, quelque part dans le monde, des enfants deviennent des réfugiés. S’ils restent dans leur pays, ils risquent d’être maltraités du fait de leur race, de leur religion, de leur nationalité ou des opinions politiques de leurs parents

Sans comprendre vraiment ce qui se passe, ils fuient, emmènent peu de choses avec eux, juste ce qu’ils peuvent porter, pas assez de place, pas assez de temps pour emporter plus.

Les enfants réfugiés s’enfuient avec pour tous bagages leurs rêves et leurs espoirs.

The Art of Becoming - Hanne Phlypo, Catherine Vuylstek - 60’ - D

Documentaire sur trois enfants mineurs non accompagnés en provenance d'Afghanistan, de Syrie et de Guinée, qui espèrent un avenir stable en Europe.

La trajectoire des personnages est le fil conducteur du film. Fattah travaille à Istanbul, dans l'espoir d’économiser assez d’argent pour le voyage en Grèce, puis en Italie. Saleh a vécu en Europe pendant trois ans, mais aspire à revoir ses parents. Mamadou s'accroche à son travail et ses études en Belgique, en dépit d'être devenu un sans-papiers.

The Art of Becoming est un film émouvant, parfois drôle, sur trois jeunes qui ressemblent à leurs homologues européens plus que ce qu'ils en diffèrent. Tout comme n'importe quel adolescent, ils rêvent de rencontres ou de leur future carrière et veillent aussi aux choix de leurs chaussures ou du gel pour les cheveux.

Le film adopte un contenu à la fois authentique et universel du phénomène complexe de la migration, trop souvent réduit aux statistiques et aux discours idéologiques. Ainsi, il offre au spectateur un aperçu privilégié de l’univers de ses personnages, avec leurs rituels réconfortants, leurs espoirs hésitants, leurs croyances inébranlables ou leurs malheurs inévitables.

Rêves d’Or (La Jaula de Oro) - Diego Quemada-Diez - 102’

Guatemala - Amérique centrale.

On suit le parcours de quatre jeunes, migrants, clandestins à travers l’Amérique centrale pour un long périple vers les Etats Unis.


Tout au long de leur voyage, ils vont devoir subir les attaques des narcotrafiquants, de la police et de l’armée corrompue. A travers ce périple nous découvrons la misère de ce pays, bidonvilles, pollution, destruction…

Paradoxalement certaines images sont magnifiques, notamment avec la découverte des paysages sur le toit du train, utilisé ici comme fil conducteur de ce long voyage. L’utilisation d’une couleur d’image dorée, comme un coucher de soleil sur de vieilles photos, apporte aussi un esthétisme très décalé par rapport à la violence de l’histoire.

Misère sociale, misère intellectuelle de pauvres qui pillent des plus pauvres. Une grande force de ce long-métrage réside dans sa capacité à démontrer que les pauvres finissent toujours par se dévorer entre eux au lieu de se liguer contre leur ennemi commun.

Enfer du parcours d’immigrés prêts à tout pour au final, se retrouver dans une misère proche de celle qu’ils ont fuie. Ce film démontre de manière grandiose qu’il est quasiment impossible de sortir de sa condition première.

Au final, peu de migrants réalisent leur rêve. D’or encore moins, car au final il s’agit de survie.

Focus : Camps de réfugiés

Arte a diffusé une série documentaire sur le thème des Réfugiés. Un nouveau regard sur les camps dans quatre pays. La chaine a donné carte blanche à quatre cinéastes pour filmer leur vision de camps 
de réfugiés.

  • Le Népal avec Let my people go, de Régis Wargnier,
  • Le Liban avec Nous, réfugiés Palestiniens d’Agnès Merlet (commentaires dans Focus Réfugiés Palestiniens )
  • Le Kurdistan irakien avec Le temps perdu, film de Pierre Schoeller, (commentaires dans Focus Syrie)
  • Le Tchad avec Le camp de Breidjing, de Claire Denis

Let my people go - Régis Wargnier - 50’ - D

Népal, camp de Beldangi. Visuellement un des plus beaux avec celui de Claire Denis.

Les Népalais ont constitué entre 40 % et 45 % de la population du Bouthan depuis plusieurs générations. À partir de 1990, quelques 87 000 Bhoutanais d'origine népalaise, devenus indésirables, ont dû quitter le pays et ont été regroupés dans des camps à la frontière entre le Bhoutan et l'État du Sikkhim en Inde.

Ce documentaire est leur histoire. Ce sont des situations qu’on ne connaît pas. Ce qu’on apprend, c’est qu’un camp n’est pas fait pour durer.  Et ce camp devra fermer en décembre 2015. Depuis 2007, un programme de réinstallation a déjà permis à quelque 58 000 réfugiés de se refaire une vie dans un des huit pays proposés. La France n’a pas participé à ce programme d’accueil et n’est donc pas un pays de destination.

On suit une famille. Expulsion - Déracinement, pauvreté, dépendance, vie difficile.

Acceptation des parents sur le départ des enfants pour les États-Unis, pour prétendre à un meilleur avenir pour eux, l’espoir d’une vie meilleure.

À son départ pour les USA, déracinée une nouvelle fois, la petite famille va devoir quitter le reste de la tribu, restée, elle, sur place. La scène est tout simplement bouleversante et magnifique. À la fois par l’émotion qu’elle suscite et la beauté des vêtements portés. On voit les fossés entre les générations, entre la joie des jeunes enfants et la tristesse des parents obligés de rester sur place, celle du fils partant.

Une 2ème partie bouleversante se raccorde au parcours de réfugiés.

Suit un petit film de 7’. Le regard de Dhan s’illumine. Il échange ses impressions sur le voyage avec sa famille retrouvée sur place, à Rochester City. Par un regard qu’il n’a pas tout au long du film, on sent qu’il est fier d’avoir accompli quelque chose. Et quand il parle du décalage horaire et s’étonne parce qu’on ne le lui a pas expliqué, il dit “on a laissé la nuit derrière nous”, c’est tout simple mais tellement symbolique.

Mais ce court reportage nous montre aussi l’intégration et les difficultés de la famille dans un nouveau pays.

Régis Wargnier a su capter le réel et le transmettre sans mise en scène, montrer tout ce qu’on ne voit pas, c’est-à-dire comment la vie se déroule concrètement, dans un lieu provisoire par essence. Comment aussi ces personnes déracinées nouent des liens, développent une solidarité, juste pour survivre, à défaut de construire un véritable ancrage.

Le camp de Breidjing - Claire Denis - 50’ - D

Tchad

Claire Denis qui a déjà filmé l’Afrique ( Chocolat, White Material …), (et on retrouve bien l’Afrique, ses couleurs, ses paysages, ses habitants avec leur coutume), fait depuis N’Djamena le voyage jusqu’au camp de réfugiés de Breidjing, à l’est du Tchad.

40 000 Soudanais soumis à des viols, des pillages et des meurtres par les milices progouvernementales de leur pays ont franchi la frontière pour venir s’y greffer au fil des ans. La réalisatrice partage ses doutes en voix off : « J’ai l’angoisse de la mièvrerie, de l’attendrissement. Je veux que ce soit fort, pas fragile. » Elle peut se rassurer. La cinéaste néglige assez vite les officiels du camp (« Nous sommes alpagués », constate-t-elle avec lucidité) pour se fier à son regard. Ce qui n’était il y a dix ans qu’un simple alignement de tentes est aujourd’hui devenu une véritable ville dans laquelle Claire Denis égrène les rencontres. Une école en grève parce qu’on y applique le programme tchadien plutôt que le soudanais. Un hôpital bien portant, des jeunes qui doutent et des gens droits dans leur dignité. Tenues pour moins que rien, des femmes, pour nourrir leur famille, exercent le métier de maçon ou prônent le recours à l’éducation, aujourd’hui confisquée par les mosquées.

Après sept jours sur place, la réalisatrice a su capter une vraie réalité. Film où l’humanité et la sensation priment et qui impose de bout en bout une très grande dignité.

District 9 - Neill Blomkamp - 110’ - SF

Johannesburg. Un vaisseau extraterrestre s'arrête au-dessus de la ville. Dans ses cales, des milliers d'aliens en piteux état. Vingt ans passent, durant lesquels ces drôles d'êtres, dont l'allure évoque insectes ou crustacés sont installés dans le District 9 qui devient vite un ghetto surpeuplé.

La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU tente d’évacuer ces non humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert.

Le fonctionnaire chargé d'organiser le déplacement vers le District 10, un camp de rétention à peine plus hospitalier contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Recherché, repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...

Dans la lignée du faux documentaire à la Blair Witch Project, filmé caméra à l'épaule, avec faux reportage, interviews de témoins, District 9 rend l'extraordinaire ordinaire.

La description d’un no man's land sauvage, siège d’une altérité des plus radicales, avec violence inouïe, tant verbale que gestuelle.

D'autant qu'en Afrique du Sud, où l'apartheid sévissait il n'y a pas si longtemps, la confrontation d'un agent de terrain ordinaire avec une population parquée prend une dimension symbolique supplémentaire.

Ce District 9 rappelle le District 6, quartier des docks du Cap célèbre pour son cosmopolitisme jusqu'à l’expulsion à partir de 1966 de ses 60 000 habitants pour en faire une zone réservée aux Blancs et montre comment un blanc et ses acolytes, avec leur façon de faire appel à la répression armée à la moindre résistance, sont à l'image du rapport à l'autre qu'a entretenu l'apartheid.

Mais le film évoque plus largement le sort réservé aux clandestins, dans les rapports Nord-Sud avec la puissance allégorique qui ne s'épuise pas dans un rappel du passé : cette violence est aussi à l'œuvre chaque fois qu'on refuse à l'immigré d’être un être propre.

Avec l'approche historique du documentaire, ce film montre aussi que loin de représenter une menace, les extra-terrestres sont de pauvres hères égarés. Film bourré d'idées qui réussit un tour de force : son héros le plus attachant n'est pas l'Afrikaner borné qui apprend les vertus de la désobéissance civile, mais une drôle de bête inconnue, dotée d'un drôle de langage et d'un exosquelette étonnant.

A voir si on supporte les Aliens !!!! Mais tout y est.

Focus : Politique du droit d'asile

France : 3 documentaires et un court métrage

Siranouch - Laurent Marboeuf - 10’- D

Depuis trois ans, Siranouch et sa famille arménienne vivent à Niort. 
Ils sont demandeurs d’asile.


Le film pose la question de la représentation de ce statut : quelle place j’accorde à ce moment précis dans mon parcours ? Qu’est-ce que je dis et ne dis pas de cette situation ? Et comment ne pas être considéré(e) comme une victime, mais comme une personne qui construit sa vie, ailleurs, ici ?

Des étrangers dans la ville - Marcel Trillat - 68’ - D

France, demandeurs d’asile. Hommes et femmes dans le labyrinthe de l’administration française. Le journaliste rappelle que l’accueil des étrangers en France représente seulement 0,33 % de la population française, et il y aurait, en France, 400 000 sans-papiers, un chiffre stable depuis trente ans.

Après Étranges étrangers qui date de 1969, Marcel Trillat signe un nouveau documentaire saisissant sur les oubliés des médias et des politiques : ici, ces migrants qui tentent d’obtenir un titre de séjour en France. De préfectures en offices de l’immigration, les étapes sont longues, fastidieuses et semées d’embûches.

Avec la volonté de poser une simple question : Ces « Étrangers dans la ville », toujours aussi indispensables, sont-ils accueillis plus dignement par la société française en plein XXI ème siècle ? 
Ils sont venus de tous les horizons de la planète en prenant tous les risques. Ils n’ont qu’un objectif : obtenir à tout prix la carte de séjour. 
Marcel Trillat a filmé quelques-uns et quelques-unes de ces rescapé(e)s de toutes les misères du monde dans tous les lieux où leur espoir d’une vie meilleure est mis à la rude épreuve des réglementations administratives.
 Demandeurs d’asile tentant de convaincre des fonctionnaires parfois incrédules, parfois bienveillants mais eux-mêmes toujours corsetés par les règles très strictes qui leur sont imposées, travailleurs sans papiers mais payant leurs impôts, innocents privés de liberté dans les centres de rétention et policiers chargés de veiller sur eux, tous sont pris au piège de logiques que personne ne semble plus comprendre.

En quête d’asile - Anne Georget - 66’ – D

En observant le travail des fonctionnaires de l’OFPRA, organisme qui accorde ou refuse l’asile aux réfugiés, en suivant les entretiens avec les demandeurs, ce film est un documentaire de terrain pour découvrir les problématiques qui agitent la France aujourd’hui. Enquête qui rend compte de la complexité du problème des réfugiés.

L’asile politique en France est au centre d’un débat souvent simplificateur. A l’OFPRA, les choses sont moins tranchées. Comment savoir si une demande d’asile est fondée au regard des critères reconnus par la Convention de Genève ? Comment savoir si les persécutions sont réelles ou s’il s’agit d’un dossier fabriqué à la chaîne par les filières de passeurs qui exploitent les réfugiés économiques ? Comment prendre une décision juste face aux récits des demandeurs ? En scrutant le travail des fonctionnaires chargés de l’instruction des dossiers, leurs entretiens avec les demandeurs, les questions, les doutes et les débats qui les animent, le film porte un regard sur ce questionnement vis-à-vis des demandes.

L’asile du droit - Henri de La Tour - 55’ - D

Documentaire sur la Commission des recours des réfugiés.

Ce film peut être considéré comme la suite du parcours administratif évoqué dans En quête d’asile.

En 2006, l’OFPRA a refusé 92 % des demandes d’asile. Cinq requérants, assistés par un avocat et un interprète, font réexaminer leur dossier par la Commission des Recours, ultime recours des demandeurs, après leur rejet par l'OFPRA.

Dans un immeuble de Montreuil-sous-Bois les demandeurs attendent chaque jour patiemment. Au bout de 30 minutes, l’histoire est terminée et l’attente commence. Sur un grand mur blanc, dans la salle d’attente, ils cherchent leurs noms. Bien peu de requérants verront leur nom s'afficher dans la colonne annulation car les 60 000 dossiers annuels donnent à la Justice filmée ici, un caractère plutôt désespéré. La caméra a suivi avocats et rapporteurs durant six semaines.

Au milieu des discours juridiques, des plaidoiries, des difficultés de langage des demandeurs, le parallèle entre les admis et les rejetés reste extrêmement bouleversant.

Suisse : deux documentaires et une série de courts métrages

Life in Paradise - Roman Vital - 77’ - D

Valzeina, village idyllique de montagne, abrite le «centre de départ» Flüeli. Ce qui était autrefois une maison de vacances pour enfants héberge aujourd’hui, contre la volonté des gens du lieu, les requérants d’asile déboutés. Dans le village, une personne sur quatre est maintenant un étranger en situation illégale.

Le film montre comment la politique d’asile suisse fonctionne dans la pratique, comment nous nous comportons envers les requérants d’asile de notre voisinage, comment ce contact change notre vie et ce que cela signifie, pour un requérant dont la demande a été rejetée, de vivre chez nous dans l’isolement.

Il témoigne de la manière dont nous, privilégiés du monde occidental, nous occupons des demandeurs d’asile et comment nos vies sont affectées par cela. Il donne à comprendre ce que signifie vivre en tant que demandeur d’asile rejeté au « paradis ».

« Dieu a promis la terre promise à Moïse, il n’a jamais pu y entrer. Comme nous » dit un résident.

La Forteresse - Fernand Melgar - 100’ - D

Des femmes, des hommes et des enfants, Roms, Togolais, Géorgiens, Kosovars ou Colombiens, affluent chaque semaine aux portes de la Suisse. Ils fuient la guerre, la dictature, les persécutions ou les déséquilibres climatiques et économiques. Après un voyage souvent effectué au péril de leur vie, ils sont dirigés vers l'un des cinq Centres d'enregistrement et de procédure, ici celui de Vallorbe.

 En face, des hommes et des femmes, d'origines diverses eux aussi, gèrent l'accueil des requérants et leur séjour. C'est à eux qu'incombe la lourde tâche d'appliquer la loi la plus restrictive d'Europe en matière d'asile et de décider du bien-fondé des demandes. 
La Forteresse nous plonge au cœur de ce tri quotidien d'êtres humains. Une démarche inédite, qui saisit sur le vif et avec un profond respect des bribes de destins, des échanges forts qui marquent la vie du Centre. Avec une densité narrative proche de la fiction, le film suit ses «personnages» dans leur douleur, leur incertitude et leur joie. Inévitablement, le film pose la question du rapport que l'on entretient à l'autre en tant que citoyen, mais surtout en tant qu'être humain.

Visite intérieure d'une pièce de l'appareil d'accueil, état des lieux d'un monde administratif au bord de l'absurde, ce documentaire vaut tant pour la rigueur de sa présentation formelle que par l'intelligence avec laquelle le réalisateur articule son propos. Ce film pointe l'ambiguïté entre la fonction régulatrice stricte et le visage humain affiché aux nouveaux arrivants.

Mais Melgar filme tout : détenus et fonctionnaires, vie quotidienne et auditions officielles, dortoirs et barbelés, larmes et rires. A hauteur d'homme, sans commentaire, sans volonté d'apitoyer ou de diaboliser. C'est à nous de voir, à nous de nous faire notre propre jugement.

Protestation - Rolando Colla - F

Série de courts-métrages réunis sous l’intitulé Einspruch (Protestation), numérotés de I à VI.

Cette ‘collection’, fruit d’une indignation légitime, a pour thème commun les réfugiés et emprunte différents genres cinématographiques : parodie, drame, mélodrame, comédie.

I - 4’ : Un demandeur d'asile, dont la demande a été refusée, se trouve dans un centre de détention en vue d'être refoulé. Tourmenté par des sentiments de culpabilité et redoutant les méthodes de renvoi, il se représente sa propre exécution dans un demi-sommeil, pendant que la télévision transmet une fête populaire où l'on brûle le Bonhomme Hiver.

III - 9’ : Un Algérien est pris par la police des frontières suisse quand il essaie d'entrer en Suisse avec un groupe de refugiés. Il est renvoyé en Allemagne, mais il oublie sa jambe artificielle en Suisse, ce qui provoque une certaine nervosité auprès de la police suisse.

VI - 17’ : En mars 2010, des étrangers sont expulsés. Le film raconte cette histoire qui s'est soldée par la mort tragique d'un requérant d'asile. La caméra se met elle-même à la place de ce demandeur d'asile pour enregistrer la réalité en adoptant son point de vue subjectif.

Norvège : un documentaire

Les réfugiés de la nuit polaire - Jonathan Chatel, Charles Emptaz - 60’ - D

Au nord de la Norvège, à l'extrême nord de l'Europe, dans une petite île de pêcheurs nommée Stamsund, s'élève le Mottak Senter, centre pour demandeurs d'asile. Oussama, Syrien, et Salek, du Sahara Occidental, comptent parmi les cent vingt hommes et femmes qui y résident après avoir fui la guerre, la famine, le fanatisme. Ils apprennent désormais le norvégien, travaillent à l'usine de poissons et attendent que l'Etat leur accorde ou leur refuse le statut de réfugié politique.

Alors que les uns ont perdu tout espoir, pris dans les filets du système administratif, d'autres luttent encore, pour s'intégrer à un pays qu'ils découvrent par la vie d'un village unique en son genre, à mille kilomètres de la capitale.

Le centre met tout en œuvre pour obliger les réfugiés à rester vivants, apprendre la langue, faire du sport, trouver une activité, créer du lien social.

On n’y cultive pas la peur de l’étranger ou l’exclusion. En même temps ces mises en œuvre concernent 120 réfugiés.

Focus : Syrie

Les autorités jordaniennes ont récemment appelé la communauté internationale à accroitre son assistance pour aider le royaume à faire face à la présence de plus de 500 000 réfugiés syriens sur son territoire. Avec des centaines de réfugiés en plus chaque jour, la pression sur la Jordanie reste forte. La guerre en Syrie aura fait des dizaines de milliers de morts, provoqué l’exil de plus d’un demi-million de personnes vers les pays voisins et déplacé des millions d’autres à l’intérieur de leur propre pays.

On the Bride's Side - Antonio Augugliaro - Gabriele del Grande - Khaled Saliman Al Nassiry- 89’ - D

Cinq réfugiés syriens et palestiniens arrivent à Lampedusa après une périlleuse traversée. Pour atteindre leur véritable destination, la Suède, ils sont aidés d'un poète palestinien et de deux journalistes italiens, qui décident de maquiller leur voyage en cortège de noces, afin de franchir plus facilement les frontières. Tous se déguisent et embarquent pour un voyage de quatre jours à travers l'Europe, où ils se raconteront avec tendresse leurs histoires et leurs rêves, mais aussi leur pénible condition et les souffrances qui découlent de leur dangereux périple.

Non seulement ce voyage sensible fait rejaillir les histoires, espoirs et rêves de ces cinq Palestiniens et Syriens, mais aussi il révèle un côté inconnu de l’Europe, une Europe transnationale et irrévérente qui ridiculise les lois et restrictions de la Forteresse Europe, en filmant directement ce qui se passe réellement sur la route de Milan à Stockholm du 14 au 18 novembre 2013.

Placé au cœur de l’opération, ce documentaire est à la fois le journal de bord d'un périple et le portrait intime d'un groupe de migrants en route vers son avenir.

Le temps perdu - Pierre Schoeller - 50’ – D

Documentaire de la série d’Arte.

Kurdistan irakien. Dans le camp de Kawergost, affluent depuis quelques mois des réfugiés syriens. Pierre Schœller braque sa caméra sur ces familles qui s'installent. Pour combien de temps ?

Ce camp a été ouvert au Kurdistan irakien, à côté du village de Kawergosk, en août 2013, pour faire face à l'arrivée massive de réfugiés en provenance de Syrie, essentiellement des régions kurdes du nord du pays. Poussés par l'avancée inexorable des forces djihadistes (dont les groupes Al-Nostra et de l'Etat Islamique en Syrie et au Levant), ces gens sont arrivés à la frontière irakienne, où il n'y avait pas de place pour les accueillir. Alors le gouvernement de la province du Kurdistan irakien a décidé d'ouvrir le camp de Kawergosk, dans la région d'Erbil. Il était censé pouvoir accueillir 10 000 personnes, mais en quelques jours, on avait atteint environ 13 000 personnes. Le problème de surpopulation a été immédiat, comme dans les sept autres camps de réfugiés syriens dans le nord de l'Irak. Il faut se rendre compte qu'en août 2013, près de 200 000 Syriens sont venus se réfugier de l'autre côté de la frontière. C'était un énorme afflux de population à gérer, pour les organisations humanitaires comme pour les autorités kurdes irakiennes.

Mais l'urgence, surtout au début, c'était la survie élémentaire. La plupart des gens sont arrivés sans rien, ou presque : il fallait des tentes, des abris, des vêtements, et de quoi les nourrir aussi. Quelques familles sont rentrées en Syrie, mais la grande majorité des personnes arrivées à l'ouverture sont restées à Kawergosk. 


Alors que les hommes tentent de trouver du travail manuel à l’extérieur, certains ont ouvert des petits restaurants, les femmes s’acharnent à maintenir une certaine qualité de vie malgré la précarité des lieux et l’incertitude du lendemain. Au beau milieu des tentes temporaires, une routine s’installe. Une école primaire a vu le jour, un collège a été construit mais n'a pu ouvrir faute de moyens pour payer des professeurs qui ont pourtant été recrutés et formés. Alors que les enfants jouent avec le moindre objet trouvé, les prières et la préparation méticuleuse des repas donnent presque l’illusion de normalité.

C'est néanmoins une réelle avancée parce que l'année dernière, il n'y avait que des tentes, et toute l'énergie était concentrée sur des choses extrêmement basiques. Et Pierre Schoeller décrit avec minutie le quotidien de ces exilés et recueille des témoignages aussi touchants que représentatifs des conditions de vie actuelles de populations entières en état perpétuel d’attente et de regret.

L’Écho de la guerre 2 - D

Série sur le sort des réfugiés syriens en Jordanie (web-documentaire)

Après L’Écho de la Guerre 1, 2ème épisode : Plus de 30 000 personnes vivent actuellement dans le camp de réfugiés de Za’atari, situé derrière la frontière jordanienne. Le dernier film d’IRIN, L’Echo de la guerre, raconte l’histoire de vie quotidienne d'une famille syrienne réfugiée au camp de Za'atari, ‘ville syrienne’ en Jordanie

Focus : Érythrée

Voyage en barbarie - Delphine Deloget - Cécile Allegra - 62’- D

Ces dix dernières années, plus de cent mille personnes ont quitté l’Érythrée, dictature militaire, pour gagner Israël depuis l’Afrique de l’Est. Avec la fermeture des frontières européennes en 2006, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l’État hébreu. Mais leur espoir se heurte trop souvent à des réalités dramatiques, comme celles du trafic d’organes ou des camps de torture.

Ce documentaire, qui a fait grand bruit met en lumière un drame humanitaire dont bien souvent on ignore tout.

Dans le Sinaï, s'exerce une barbarie d'un autre âge, un lieu de traite des hommes. Depuis 2009, 50000 Erythréens sont passés par le Sinaï, 10000 n'en sont jamais revenus.

Trois survivants livrent un témoignage.

Les victimes ? Des Erythréens jeunes, éduqués et chrétiens qui fuient leur pays, une des pires dictatures au monde. Durant leur fuite vers le Soudan, ils sont kidnappés, torturés par des bédouins qui n'ont qu'un objectif : obtenir des rançons auprès des familles.

Voyage en barbarie suit le parcours de Germay Berhane, désormais réfugié au Caire, de Robel et Haleform, réfugiés en Suède. Ils témoignent de leur quotidien dans l'enfer des séances de tortures : les électrocutions, brûlures, coups, viols. Face à ce système où règne la loi du silence, deux voix s'élèvent et viennent en aide aux victimes. Ce documentaire leur donne la parole : il s'agit de Meron Estefanos, suédoise d'origine érythréenne, et Mohammed Hassan Awwad, jeune cheikh égyptien.

On découvre aussi le témoignage « exceptionnel » d'un ancien tortionnaire du Sinaï. Il livre les raisons qui l'ont poussé à rejoindre ce trafic et sa logique financière : édifiant.


La torture au bout du fil - Keren Sayo - 57’- D

La tactique est bien rodée. Des migrants érythréens sont pris en otage à la frontière entre l’Égypte et Israël, puis retenus dans des camps de prisonniers où leurs ravisseurs les torturent. Les victimes doivent alors supplier par téléphone leurs proches, qui ont réussi à gagner Israël, de réunir une rançon exorbitante…

La journaliste érythréenne Meron Estefanos révèle depuis Stockholm l’histoire de ses compatriotes dans une émission de radio en ligne. Elle téléphone aux otages, aide les familles à retrouver les disparus ou à réunir l’argent demandé. Mais elle a bien conscience du dilemme : chaque paiement de rançon renforce le système d’extorsion des ravisseurs.

Pour ce documentaire diffusé en juin 2014 aux Nations Unies, au Parlement européen et à la Knesset, la réalisatrice israélienne Keren Shayo accompagne Meron Estefanos lors de son premier voyage en Israël et au Sinaï, vers ceux qu’elle ne connaît que par téléphone.

Focus : Haïti

Haïti - Tahani Rached - 59’ - D

Long métrage documentaire sur la communauté haïtienne de Montréal. Les Haïtiens vivant au Québec sont plus de 40 000, en grande majorité installés sur l'île de Montréal, où ils sont souvent la cible de préjugés, d'hostilité et de mépris.

Ce film veut catalyser notre attention, en nous prenant à témoin de cette réalité cruelle. Pourtant, s'ils ont quitté leur terre d'origine, c'était pour fuir la répression, la pauvreté, et trouver ailleurs - chez nous, en l’occurrence ici à Québec - une vie meilleure.

L'ont-ils trouvée? Peut-être ont-ils obtenu ici du travail ainsi que le droit de parler et d'agir librement. Mais sont-ils compris, aimés et respectés pour autant?

Le paysan de Dieu - Pierre Barboni - 52’- D

Armand Francklin, prêtre haïtien, issu des congrégations de Charles de Foucauld, réalise depuis 35 ans, avec les 18 Fraternités des Petits Frères et des Petites Sœurs de l'Incarnation qu'il a créées, un modèle de développement dans les campagnes les plus pauvres d'Haïti. Modèle dont les populations sont à la fois les acteurs et les bénéficiaires.

Après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 un nouveau défi se présente à lui : continuer sa mission tout en accueillant 2000 réfugiés de Port-au-Prince. Réfugiés qu'il nourrit en mobilisant les paysans à qui il fournit des semences, en scolarisant les enfants, en donnant du travail aux parents. Tout en sachant qu'une fois passée l'urgence, cette situation va durer et qu'il faut anticiper l'intégration de ces réfugiés pour mieux reconstruire et développer Haïti.

Les lois de l’hospitalité - José-Maria Berzosa - 46’ - D

2ème volet de 3 sur Haïti.

Comment des réfugiés haïtiens aux États-Unis se retrouvent en fait prisonniers. Certains se trouvent dans des camps, qui n'ont plus de camp de réfugiés que le nom, comme celui de Krome à Miami. D'autres se retrouvent carrément dans des prisons, comme celle d'Otisville dans l'État de New York, où l'on ne fait pas la différence entre eux et des prisonniers de droit commun.

Des témoignages poignants, une grande misère morale, des couples séparés (camps d'hommes, camps de femmes) et le discours officiel de l'Amérique dans la bouche d'une porte parole du camp, de la directrice de la prison d'Otisville, et d'un industriel qui exploite la main d'œuvre haïtienne : « non, les Haïtiens ne sont pas mal traités », le documentaire se termine avec la lecture d'une lettre de Reagan félicitant Baby Doc, Jean-Claude Duvalier sur sa coopération économique.

Demain, si Dieu veut - Elsa Dafour - 51’- D

Le film suit depuis trois ans le quotidien de 5 femmes voisines de destin, rassemblées dans un terrain vague improvisé en camp de réfugiés. Elles nous racontent l’attente du relogement, le silence de l’assistance, puis enfin le retour dans leur quartier d'origine et leur volonté de se reconstruire.

Face à elles, des acteurs de la reconstruction, des membres du gouvernement et des observateurs des Droits de l'homme, donnent leur éclairage sur la réalité du Haïti post-séisme.

Cinq ans après une tragédie humanitaire majeure, Demain si Dieu veut constitue un témoignage inédit sur la tentative de reconstruction d’un pays et de son peuple.

Cristo Rey - Leticia Tonos - 96’ - F

Une île, deux mondes. En République dominicaine, la police poursuit sans relâche les clandestins venus du pays voisin, Haïti. Cristo Rey est un quartier pauvre de Santo Domingo où les Haïtiens et les Dominicains vivent sous tension.

Dans l'enchevêtrement des maisons pauvres, une histoire d’amour entre Janvier, un jeune haïtien, et Jocelyn, sœur d'un capo meneur quelque peu sanguinaire.

Ce sont les éléments du film Cristo Rey par Leticia Tonos, une histoire d'amour tragique, à la Roméo et Juliette, mais sous le soleil des Caraïbes.

Ce film est aussi un reflet de la relation complexe entre les deux pays qui partagent la même île, la République dominicaine et Haïti.

« Une des questions qui m'a le plus intéressée en tant que cinéaste est celle de l'identité. Qu'est-ce qu'il est d'être dominicaine ou haïtienne? Pour trouver la réponse, nous devons explorer la relation avec nos frères haïtiens. Cette relation a besoin d'humanisation, et quelle meilleure façon que par une histoire d'amour » a dit Leticia Tonos.

Pour illustrer cette rivalité fratricide, Leticia Tonos imagine, littéralement, un duel entre deux frères.

Résultat : un polar efficace, où tout se joue dans les ruelles étroites de Cristo Rey, quartier labyrinthique de Saint-Domingue.

Focus : Les réfugiés palestiniens

Près de 6 millions de réfugiés palestiniens vivent hors de Palestine, dont 430 000 au Liban.

Les réfugiés palestiniens sont généralement considérés comme une catégorie de réfugiés à part. Devenus en l’espace de soixante ans les « réfugiés les plus vieux du monde », les réfugiés palestiniens originels et leurs descendants sont aussi devenus les plus nombreux. Car, exception mondiale, le statut de réfugié palestinien est transmissible.

Les réfugiés palestiniens ayant fui l'Iran et qui s'entassaient dans des camps en Jordanie relevaient de l'UNHCR. Aujourd’hui, les réfugiés palestiniens bénéficient d'une organisation onusienne spécifique, l'UNRWA.

A la différence des réfugiés palestiniens ces documentaires montrent qu’aucun des réfugiés ayant fui le Bhoutan ou la Syrie n'aspire à la destruction de l'Etat qu'ils ont quitté.

Nous, réfugiés palestiniens - Agnès Merlet - 50’ - D

Documentaire de la série d’Arte.

Le Liban avec les réfugiés palestiniens filmés par Agnès Merlet, dessinés dans Moukhaïam - La petite Palestine, BD-reportage de Didier Kassaï, dessinateur originaire de Centrafrique et ayant vécu dans un camp à Bangui, Mot pour mot, lettres de Atiq Rahimi, écrivain originaire d’Afghanistan et auteur de Syngué Sabour, Pierre de patience (Prix Goncourt 2008), l’œil de la photographe libanaise et directrice artistique de l’édition arabe de l’hebdomadaire Elle, Christina Malkoun.

Né à Sidon (Liban), Maher Younes, jeune dalleur, est encore un réfugié palestinien. Maher Younes surnomme le camp la « tombe des vivants. C’est comme une prison. C’est une tombe à ciel ouvert. On y survit tous ensemble. Il y a des Syriens, des Bangladais. Il y a des gens de partout ici ».

Um Zaher représente « le courage de la femme palestinienne » : cachant ses cheveux sous un foulard islamique noir, elle arbore avec ostentation un chèche à l’imprimé similaire à celui du keffieh palestinien et au dessin représentant la mosquée al-Aqsa. Agnès Merlet ne lui demande même pas de traduire les mots en arabe ornant son chèche.

Le camp ? Des immeubles libanais inachevés, un réseau dense de câbles électriques pendants, des citernes d'eau.

La guerre des camps ? Non expliquée.

Un Arabe âgé souhaite que « la Palestine revienne aux Palestiniens ». Donc, l'éradication de l'Etat Juif.

La responsabilité des Etats arabes, notamment du Liban qui a limité les professions que les Arabes palestiniens peuvent exercer, de l'UNRWA, de ces réfugiés, des pays européens, etc. face à cette situation ? Silence.

Depuis que je suis né - Laura Delle Piane - 54’- D

Cisjordanie - Camp de réfugiés de Dheisheh.

Créé en 1949 au sud de Bethléem pour accueillir 3400 Palestiniens issus de 45 villages avoisinants, le camp était une solution humanitaire temporaire au problème du logement des Palestiniens expulsés. Les habitants vivaient initialement dans des tentes, puis ont construit leurs propres maisons et le camp s’est étendu de 0,3 km2 à sa création à 1 km2 du fait de l’augmentation de sa population, estimée aujourd’hui à environ 13 000 habitants par l’UNRWA.

65% de la population a moins de 24 ans et un tiers de la population est sans emploi, les opportunités de travail étant limitées par l’inaccessibilité du marché du travail israélien. La plupart des sans-emploi ouvrent de petits commerces, comme des étals en bord de route.

Comme tous les enfants du camp, Tamer rêve de libérer son pays et prend exemple sur la génération de l’intifada. Ancien résistant, Nader essaye de protéger son fils des dangers liés à l’occupation israélienne mais cherche aussi à réaliser son rêve, voir la grande mer. Bien que située à seulement 40 km du camp, la Méditerranée leur est presque inaccessible. Il essaye cependant de tout faire pour accomplir cette échappée au-delà du mur, là où l’occupation ne devient qu’un souvenir.

Depuis que je suis né est le récit intime d’un enfant cherchant sa place dans le chaos du monde et celle d’un père cherchant le meilleur moyen de protéger son fils. C’est une histoire qui interroge sur la transmission intergénérationnelle dans un conflit qui dure depuis plus de 60 ans.

Dans un paysage parfois sombre, le film résonne comme une lueur d’espoir, de ténacité et de volonté de reconstruction. A plusieurs moments, on se plaît à imaginer que le seul rêve d’aller voir la mer peut devenir réalité, nous sommes rattrapés dans la réalité de ces réfugiés.

My land - Nabil Ayouch - 82’- D

Ce documentaire traite de la complexité identitaire d’une terre et de ses revendications par deux peuples.

Né en France d'une mère juive française d'origine tunisienne et d'un père musulman marocain, Nabil Ayouch a grandi à Sarcelles et a tourné la plupart de ses films au Maroc.

En 2010, entre des camps de réfugiés palestiniens au Liban et Israël, Nabil Ayouch donne la parole d'une part à des exilés palestiniens forcés de fuir leur village en 1948, et de l'autre à des Israéliens, jeunes pour la plupart, qui sont nés sur ces terres.

Quel rapport les uns et les autres entretiennent-ils avec ce même lieu ? Leur demande-t-il dans un premier temps. Aux Israéliens, il propose ensuite de visionner, sur un ordinateur, les interviews qu'il a faites avec les Palestiniens.

Dans cette diversité des points de vue, l'éventail est large. Le film ne va pas plus loin que ce constat. Mais il a le grand mérite de faire entendre et circuler la parole dans les deux bords en faisant se juxtaposer bien souvent les générations.

Les Chebabs de Yarmouk - Axel Salvatori-Sinz - 78’ - D

Les « chebabs » de Yarmouk, c’est avant tout un groupe de garçons et de filles qui se connaissent depuis l'adolescence. Dans le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Moyen-Orient, créé en Syrie dans la banlieue sud de Damas en 1957, cultivés, impliqués dans des projets artistiques et politiques, ils partagent leur quotidien, ils se cherchent un avenir.

Troisième génération d’exilés, ils ne rêvent plus du retour en Palestine. Mais leur soif de vivre, leur désir de révolte se heurtent aux murs du camp. 

Au seuil de choix existentiels, l’Histoire les rattrape à nouveau. En mars 2011, éclate la Révolution en Syrie. A partir de l’été 2012, au cœur des affrontements entre l’Armée Syrienne Libre et l’armée régulière, le camp connaît un exode massif sous les bombardements.

La guerre a eu un impact considérable sur l’organisation de ce camp : passée de 500 000 à 18 000 individus, la population de réfugiés apatrides survit dans une précarité accentuée par une grande vulnérabilité économique. Le camp sera en grande partie détruit, la vie des jeunes bouleversée. Le film, tourné juste avant, cristallise leurs derniers moments, ensemble, à Yarmouk.

Essentiellement composée de plans serrés et de perspectives obstruées, la mise en scène d’Axel Salvatori-Sinz traduit parfaitement le sentiment d’enfermement autour duquel semble régi le quotidien des habitants. Et ces quelques jeunes se livrent sans détour à la caméra. D’autres choix de mise en scène démontrent d’ailleurs assez rapidement que le dispositif vise surtout à accueillir leur parole. Enfin la caméra d’Axel Salvatori-Sinz vise surtout à capter les rêves et espoirs d’une jeune génération.

Ce documentaire rend justice à l’humanisme universel de ces quelques jeunes déterminés dans leur soif de vie et pour qui l’exil restera la seule issue possible.

Chatila, des femmes et des enfants - Denys Piningre - 55’ - D

À Chatila, longtemps après le massacre perpétré en septembre 1982 par les phalangistes libanais sous l'œil bienveillant de l'armée israélienne commandée par le général Sharon, les réfugiés continuent de rêver de justice, de sécurité et de retour dans leur pays.

Le camp de Chatila a été construit à la limite de Beyrouth, au Liban, lorsque, à la création de l’État d’Israël en 1948 (l’année de la « Nakba »), 900000 Palestiniens ont dû fuir leur pays et se réfugier à l’étranger.


Aux premiers temps du camp, ce sont des tentes et des constructions de fortune à base de matériaux récupérés qui ont abrité les 3000 Palestiniens qui débarquaient là.

Aujourd’hui, dans le même périmètre, ils sont 13000, entassés dans des immeubles dont la hauteur augmente chaque année. Leurs conditions de vie sont misérables, le peu d’aide qu’ils reçoivent provient des mouvements politiques Palestiniens, mais aussi du Haut Commissariat aux Réfugiés, agence de l’ONU, et d’ONG étrangères.

Focus : Réfugiés environnementaux

Le problème des réfugiés climatiques pourrait bien être le défi majeur du XXIème siècle. D'après le NHCR, 22 millions de personnes ont dû être déplacées pour des raisons environnementales. 2 millions de plus que les réfugiés politiques !

Sur ces 22 millions, 31% ont été déplacées à cause de désastres hydrologiques (inondations), et 69% à cause de catastrophes météorologiques (tempêtes, ouragans, typhons) ou encore de destruction de leur environnement.

Certains spécialistes prédisent que le nombre de ces nouveaux exilés pourrait quadrupler d’ici 2025.

Ce sera le plus grand déplacement de populations de l’histoire de l’humanité. Et aucun retour n’est possible ! Terres contaminées pour des siècles à venir, terres désertiques, terres englouties, il n’y a rien à quoi retourner si ce n’est au risque de sa santé. Aucun statut officiel, non plus, ne leur est accordé.

Cette problématique ne s’applique plus uniquement aux pays en voie de développement ; l’Occident est lui aussi touché.

Eco-réfugiés : les exilés d’une planète en danger - Hélène Choquette, Jean-Philippe Duval - 52’ - D

Ce documentaire présente cette réalité méconnue et alarmante à travers trois familles d’éco-réfugiés filmées au Brésil, au Canada, et aux îles Maldives.

Que peuvent avoir en commun un agriculteur canadien, un pêcheur des îles Maldives et un paysan brésilien ? Rien à première vue. L’un vit dans la province la plus riche d’un pays riche, les autres vivent pauvrement à des milliers de kilomètres l’un de l’autre dans des pays extrêmement différents. Pourtant, ils partagent tous le même sort : ils sont tous les 3 des réfugiés écologiques. Des personnes qui ont dû se déplacer parce que leur terre est devenue dangereuse, stérile, ou, pire encore, qu’elle n’existe tout simplement plus, engloutie sous la mer.

L’eau, enjeu du siècle, est illustrée par deux longs métrages :

Quand le monde se noie - documentaire, présenté dans le cadre du Festival de films de l’environnement de Montréal (FFEM).

Il est de la plus grande importance d’envisager les réponses collectives à instaurer en rapport aux conséquences humanitaires des changements climatiques. Sommes-nous prêts à accueillir un flot considérable de réfugiés? À qui incombe cette responsabilité? Devrions-nous nous concentrer sur les technologies permettant l’adaptation de ces populations? Qui financera les projets?

Tant de questions liées à la responsabilité doivent être abordées, mais les personnes touchées, elles, ne peuvent attendre.

Même la pluie - Iciar Bollain - 143’ - F

Sebastian, un jeune réalisateur idéaliste, veut tourner un film sur l'arrivée de Christophe Colomb aux Antilles et l'asservissement des indigènes. Son producteur et ami, Costa, le convainc d'aller tourner en Bolivie, pour réduire les coûts et profiter des figurants locaux. Alors que Sebastian est confronté à des conflits au sein de l'équipe, notamment avec l'acteur qui joue le rôle de Colomb, le tournage est interrompu. Une révolte est menée contre le pouvoir en place par Daniel, un des principaux figurants. L'accès à l'eau et sa gestion ont en effet été attribués à une compagnie étrangère. Les habitants se révoltent contre cette privatisation...

Dans ce festival, on aime regarder la réalité en face, même quand ça fait mal.

Conclusion

Le cinéma offre un éclairage pas toujours sobre mais édifiant sur la place des réfugiés dans le monde.

Ironie de l'histoire : à l'heure où l'on cherche à les rendre invisibles, les réfugiés se retrouvent, aujourd’hui, en pleine lumière.

Elizabeth Pérès

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