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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Werner Herzog - Musique : Popol Wuh - Montage : Beate Mainka-Jellingshaus - Photographie : Thomas Mauch - Effets spéciaux : Juvenal Herrera - Production : Werner Herzog Filmproduktion - Distribution France : Madadayo Films

Avec :
Klaus Kinsky (Aguirre), Helena Rojo (Inez de Alienza), Del Negro (Don Gaspar de Carvajal), Roy Guerra ( Don Pedro de Ursua), Peter Berling (Guzman), Cecilia Riviera (Flores de Aguirre).

Aguirre, la colère de Dieu (Aguirre, der Zorn Gottes)

Allemagne, 1975, 93min.

Réalisation : Werner Herzog

Biographie :

Né en 1942 à Munich. Autodidacte et solitaire, il rêve de faire des films et contribuera, avec Fassbinder et Schlöndorff, à la renaissance du cinéma allemand. Assoiffé d’absolu et d’aventures, il réalise des films hors du commun,s’intéressant beaucoup aux êtres paranormaux (L’énigme de Kaspar Hauser, Cœur de verre) et au délire paranoïaque. Klaus Kinski, une sorte de psychopathe socialisé, est son acteur fétiche, parfait dans les rôles de déséquilibré : Aguirre, Nosferatu, Fitzcarraldo.

Résumé :

Vers la fin de l'année 1560, une armée de conquérants espagnols s’engage dans la forêt amazonienne à la recherche de l’Eldorado, la cité de l’or. Pizarro charge Pedro de Ursua d’aller en reconnaissance avec une quarantaine d’hommes. Aguirre, son lieutenant, personnage ambitieux et cruel, fait assassiner Don Pedro et décide de chercher l’Eldorado pour son propre compte. L’expédition vire au cauchemar, dans une nature hostile et sous les attaques des tribus indiennes.

Analyse :

Les conditions de tournage ont été aussi un vrai cauchemar : fatigue, maladie, scènes très dangereuses dans la navigation sur le fleuve, facéties hystériques de Kinski ! La première séquence, de 20 minutes, commence avec le générique. En plan général d’abord, on voit une longue file de soldats et d’Indiens esclaves descendre une falaise très escarpée. Musique extatique avec chœur céleste ! Puis, une succession de plans rapprochés et gros plans, détaille la longue file filmée en steady-cam, de personnages lourdement armés, d’indiens portant la nourriture, un canon. Puis une image de rêve, une femme noble dans sa chaise soutenue par des soldats ! Comme mise en condition, c’est extraordinaire. Mélange de nuages et de couleurs, beauté tragique, atmosphère de fin du monde. La dernière séquence montre Aguirre, seul survivant et devenu fou, errant sur un radeau accompagné d’une horde de singes. La caméra opère un double 360°laissant Aguirre seul dans sa folie. Tourné au Pérou, le film montre la folie paranoïaque d’un homme opérant de façon hypnotique sur les gens, ce qui n’est pas sans rappeler la fascination exercée par Hitler sur le peuple allemand… En cela Herzog, à sa manière, rejoint la problématique exposée par ses collègues du jeune cinéma allemand des années 70-80, mais en nous emmenant dans une nature sublime. Sept ans après, Coppola tournera Apocalypse now, qui comporte de nombreux points communs avec ce film : tournage sur un fleuve, ambiance chaotique, massacres et folie d’un chef et de ses soldats dévoyés. Sauf que son réalisateur a rencontré beaucoup plus de difficultés pour terminer le film, que Herzog, qui a su maîtriser la situation, si on peut dire ! Kinski décèdera en 1991, trois ans après Cobra verde, et Herzog s’assagira après la perte de son « ennemi intime ». C’est dans cette période qu’il réalisera beaucoup de documentaires, dont un remarquable sur les grottes préhistoriques d’Ardèche.

Alain Le Goanvic

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