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Fiche technique :
Réalisation : Mikhaïl Kalatozov d’après la pièce de Viktor Rozov,Éternellement vivants - Chef opérateur : Sergueï Ouroussevski - Décors : Evgueni Svidetelev - Musique : Moïsseï Vainberg - Ingénieur du son : Igor Maiorov - Production : Mosfilm. 

Avec :
Tatiana Samoïlova (Veronika), Alekseï Batalov (Boris), docteur Fiodor Ivanovitch), Aleksandr Chvorine (Mark), Antonina Bogdanova (lagrand-mère), Valentin Zoubkov (Stepan), Vassili Merkouriev (Volodia), Scetlana Kharitonova (Irina).

Quand passent les cigognes

Fédération de Russie, 1957, 100min.

Réalisation : Mikhaïl Kalatozov

Biographie :

Mikhaïl Kalatozov (1903-1973), monteur, scénariste, documentariste et réalisateur soviétique, d’origine géorgienne, a réalisé une trentaine de films, marqués par les valeurs de la révolution et l’influence des maîtres soviétiques du muet puis du parlant. Attaché culturel à Los Angeles (1946-1948), Prix Staline pour Le complot des damnés (1950), il a reçu la Palme d’or à Cannes 1958 pour Quand passent les cigognes. Soy Cuba (1964) évoque la lutte des Cubains pour la liberté.

Résumé :

22 Juin 1941. Deux amoureux, Véronika et Boris, flânent toute la nuit dans Moscou, à quelques heures du déclenchement de l’invasion allemande. La mobilisation est vite annoncée et Boris, volontaire, part au front.

Analyse :

Tourné pendant la période d’assouplissement du régime communiste (‘dégel’), instauré par Khrouchtchev après la mort de Staline, ce film romantique et sentimental eut un retentissement international grâce à la Palme d’or attribuée à l’URSS en pleine guerre froide. Une décennie après la fin de la Seconde guerre mondiale, ses thèmes -- l’amour, les cruautés de la guerre et ses conséquences pour les gens ordinaires – touchèrent le monde entier tandis que le public soviétique, puis européen, s’identifia au personnage de Véronika, image de la femme soviétique et incarnation de la société civile. La ferveur patriotique, le départ des soldats, les blessés dans les hôpitaux, la vie pendant l’évacuation vers l’est: Kalatozov aborde la guerre à travers une histoire d’amour malheureuse et sous un angle individuel et humain. Le personnage de Mark, lâche et manipulateur, tranche alors avec la représentation d’une société idéale, propre aux canons du réalisme socialiste.

Les prouesses techniques du réalisateur et du chef opérateur Ouroussevski, avec mouvements exceptionnels de caméras, travellings, plans-séquences, ellipses, etc. firent date avec des scènes finement composés, des plans ‘débullés’ ou des contre-plongées vers le ciel et l’infini des bouleaux. De nombreuses séquences relèvent de la virtuosité. Pour la montée d’escalier de Boris, suivi du début à la fin, il fallut construire une tour, avec une nacelle et l’opérateur tenait sa caméra en étant pendu à un câble, comme l’a raconté Claude Lelouch, alors jeune caméraman invité dans les studios de Mosfilm et sur le plateau. Autre moment célèbre, le travelling latéral qui suit Veronika , d’abord assise dans un tramway puis qui se lève, descend, court dans la foule pour voir le défilé, arrive à une barrière : le plan séquence d’abord en caméra portée se termine de manière très originale…sur un plan d’ensemble ! Les scènes de foules sont époustouflantes. La fin de l’histoire quand Véronika, serrant contre elle une gerbe de fleurs, cherche désespérément, parmi les soldats arrivés du train, son fiancé invisible, est des plus émouvantes.

Le passage des cigognes, très haut dans le ciel, encadre l’histoire, d’un mois de juin à un autre et symbolise la fin des souffrances, au printemps 1945.

Françoise Wilkowski-Dehove

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