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Réalisation : Nabil Ayouch – Scénario : Jamal Belmahi (d’après le roman « Les étoiles de Sidi Moumen » de Mahi Binebine) – Image : Hichame Alaouie – Son : Zacharie Naciri et Eric Lesachet – Montage : Damien Keyeux – Musique : Malvina Meinier – Production : Les Films du Nouveau Monde – Distribution : Zaza Film
Avec :
Abdelhakim Rachid – Abdelilah Rachid, Hamza Souidek, Ahmed El Idrissi Amrani….
Nabil Ayouch, réalisateur franco-marocain, est né à Paris en 1969. Après des études de théâtre il débute comme assistant réalisateur et réalise spots publicitaires et courts-métrages. En 1997 son premier long-métrage Mektoub fait plus de 350000 entrées au Maroc et est sélectionné pour représenter le Maroc aux Oscars. En 2000 Ali Zaoua, prince de la rue est également un grand succès. A partir de 2000 il fonde et coopère à différentes structures destinées à soutenir les jeunes auteurs des pays du Sud de la Méditerranée. Il réalise aussi Whatever Lola wants (2008). Le film Les chevaux de Dieu a été présenté à Cannes en 2012 dans la sélection « Un certain Regard ». Il y a obtenu le prix François-Chalais.
Résumé :
Dans le bidonville de Sidi Moumen, aux portes de Casablanca, des bandes de jeunes garçons jouent au foot et se disputent le terrain de jeu. Yachine est protégé par Hamid, son frère aîné. En grandissant cette relation de protection se poursuit dans des actes de semi délinquance, jusqu’à ce que Hamid soit arrêté et mis en prison. A son retour, 2 ans après, il a changé et entraîne Yachine dans une voie bien différente, celle du fondamentalisme, jusqu’au terrorisme.
Analyse :
Lors des attentats de Casablanca en 2003, on découvrit que la plupart de ces jeunes « martyrs » porteurs de bombes étaient originaires du quartier de Sidi Moumen, bidonville de la banlieue de Casablanca. Par quel processus étaient-ils arrivés au terrorisme ? C’est à cette question que cherchèrent à répondre d’abord Mahi Binebine dans le roman « Les étoiles de Sidi Moumen », puis Nabil Ayouch dans Les chevaux de Dieu. Le quotidien de ces deux frères, d’abord enfants, adolescents puis jeunes adultes nous est montré sous ses aspects les plus prosaïques et misérables : famille sans ressources, père inerte, frère proche de la folie, activités délinquantes pour s’en sortir…. Et tout l’environnement vit de cette « débrouille » où il vaut mieux être le fort que le faible. Yachine se découvrira faible lorsque son frère disparaîtra un temps. Mais quelques relations d’amitié l’aideront à survivre.
Cette première partie du film montre le savoir faire de Nabil Ayouch, dans la direction de jeunes acteurs, savoir-faire déjà repéré dans Ali Zaoua, prince de la rue. Il y a à la fois de la spontanéité et de la sincérité, dans ces scènes de jeux, de fête (le mariage), de combines, d’attirance pour le sexe opposé.
La deuxième partie du film nous montre comment Hamid (« converti » en prison) va réussir à transformer Yachine et ses copains en dévots de l’Islam, prêts à se sacrifier en martyrs. Comme Philippe Faucon dans La désintégration (2011), Nabil Ayouch montre le progressif abandon des habitudes anciennes et la mainmise d’un maître à penser sur ces jeunes cerveaux. Mais ce qui manque, dans cette partie du film c’est l’approche de la réflexion personnelle de Yachine au cours de cette évolution. Le roman de Mahi Binebine y parvenait en faisant de Yachine le narrateur. Ce procédé était sans doute bien difficile à transposer dans un film. Cet aspect des choses manque pour nous aider à voir ces jeunes gens autrement que comme des jouets entre les mains de ceux qui les manipulent.Maguy Chailley
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