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Réalisation et scénario : Craig Zobel - Image : Adam Stone - Musique : Heather McIntosh Adel - Montage : Jane Rizzo - Distribution France : Pretty Pictures
Avec :
Ann Down (Sandra), Dreama Walker (Becky la caissière), Pat Healy (le faux Officer Daniels).
php include("../PER2/6.php"); ?> Craig Zobel, trentenaire, a étudié le cinéma en Caroline du Nord (Atlanta) en compagnie de David Gordon Green et Jeff Nichols, réalisateurs désormais appréciés avec qui il fait ses débuts, et Green produit ses films. On les a appelés 'les gothiques du Sud' (des Etats-Unis) pour l'ambiance de leurs premières oeuvres. Avec Mike Chapman, Zobel a créé la B.D. parodique en ligne Homestar Runner. Avant Compliance, il a déjà réalisé Great World of Sound (2007) et Turkey in the Straw (titre d'un vieux tube 'country') pas encore distribué.
Résumé :
Suivant les instructions reçues par téléphone d'un soi-disant officier de police, la patronne d'un fast-food soumet une employée à des humiliations de plus en plus atroces, et enrôle dans ce sale boulot plusieurs autres personnes sensibles à l'argument d'autorité.
Analyse :
Ce film, qui ne montre aucune image physiquement violente, est, dans la simplicité de sa narration, d'une cruauté difficilement soutenable. Mais son enracinement dans une réalité psycho-sociale incontestable, à laquelle beaucoup aimeraient se croire complètement étrangers, en fait œuvre très utile, justement parce qu'il montre combien cette confiance en soi peut être trompée…
Compliance – 'Obéissance', fallait-il vraiment conserver un titre incompréhensible ? – décrit le mécanisme par lequel une demi-douzaine de braves personnes infligent, sur ordre, des tortures morales à une pauvre fille injustement accusée. La journée s'annonce tendue dans ce fast-food où la patronne Sandra et ses employés vont devoir faire face à la ruée des clients pressés. C'est au moment le moins opportun qu'arrive un coup de téléphone dérangeant : un officier de police vient signaler qu'une cliente a porté plainte contre la caissière qui aurait pris de l'argent dans son sac. Sandra est priée de lui prêter main-forte en 'mettant aux arrêts' l'accusée jusqu'à son arrivée, et la machine est lancée.
Les spectateurs sont bientôt avertis qu'au bout du fil sévit un pervers, mais la facilité avec laquelle celui-ci obtient de ses victimes l'obéissance requise est impressionnante et, malheureusement, crédible : on retrouve les ressorts de la terrible expérience de Stanley Milgram (1960-1963) qui avait fait exercer des tortures électriques (sur des acteurs simulant) par des quidams croyant participer à une expérience scientifique : « ceci est important, vous devez aider, j'en prends la responsabilité, vous n'y êtes pour rien. »
Jacques Vercueil
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