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Fiche technique :
Réalisateur : Friedrich Wilhelm Murnau - Scénario : Cart Meyer - Photographie : Karl Freund - Production: Universum films.

Avec :
Interprétation: Emil Jannings (le portier), Maly Delschaft (sa nièce), Hans Hunterkircher (le directeur).

Le dernier des hommes (Der letzte Mann)

Allemagne, 1924, 75min.

Réalisation : Friedrich-Wilhelm Murnau

Biographie :

Friedrich Wilhelm Murnau (1888-1931) est un réalisateur allemand qui a commencé sa carrière comme acteur de théâtre. Aviateur durant la Première guerre mondiale, il se lance dans le cinéma en 1919 et réalise notamment Nosferatu le vampire (1922), marqué par l’expressionnisme. Il tourne ensuite Le dernier des hommes (1924), Faust (1926) puis L’aurore (1927) aux Etats Unis. Son dernier film seraTabu (1931) avec Robert Flaherty.

Résumé :

Le portier de l'Hôtel Atlantic, sanglé dans son uniforme rutilant, vaque à ses solennelles occupations devant la porte tambour du luxueux établissement. Mais il vieillit et le directeur le rétrograde. Il est alors chargé de s'occuper des lavabos, une véritable déchéance à ses yeux, qu'il vit comme un drame, sous la risée de ses voisins...

Analyse :

Dés le premier et seul intertitre nous sommes prévenus : « Aujourd’hui tu es le premier, estimé de tous. Sais-tu ce que tu seras demain ? ». Murnau analyse la déchéance d’un homme. Au début, ce dernier est fier et droit comme un I malgré sa bedaine. Il lisse sa moustache et se pavane dans son costume, en particulier devant ses voisins, des ouvriers pauvres, qu’il impressionne. Mais lorsqu’il est dégradé, on le voit plié en deux, mal vêtu, décoiffé, vidé de toute substance. Le rôle du héros est porté par Emil Jannings, également connu pour le rôle du professeur vampirisé par Marlène Dietrich dans L’ange bleu(Josef von Sternberg, 1930). Le portier est au fond, contrairement aux apparences, un homme bon. Il règne sur la foule des grooms mais ne les tyrannise pas. De même, dans la cour de l’immeuble où il habite, il console un petit garçon maltraité par ses copains. Mais contre lui, il y a la dureté de la direction de l’hôtel et surtout les harpies de son immeuble qui vont s’acharner sur lui lors de sa chute. Ce film montre aussi la misère des quartiers ouvriers, à Berlin, dans les années 20, en comparaison avec la richesse ostentatoire des clients de l’hôtel. Sur le plan technique, ce film est une prouesse. Bien qu’il soit muet, il n’y a aucun carton intermédiaire et nous suivons quand même l’intrigue sans aucune difficulté. La caméra ne se contente plus d’être fixe avec des personnages qui entrent et sortent du cadre, elle bouge ! Travelling, zoom avant ou arrière, caméra subjective, plongée et contre-plongée : Murnau et son directeur de la photo inventent la « caméra déchaînée », caméra légère qui se faufile partout, franchit les portes et monte les escaliers. Hitchcock, qui assiste au tournage, ainsi qu’Orson Welles se sont inspirés de ces techniques.

L’émotion est intense de voir cet homme simple, presque simplet, succomber à la malignité des hommes. 

Jean Wilkowski

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