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Fiche technique :

Réalisation : Alex Van Warmerdam - Scénario : Alex van Warmerdam - Image : Tom Erisman - Son : Peter Warnier - Décors : Geert Paredis - Musique : Vincent van Warmerdam - Montage : Job ter Burg - Production : Angel Films, Epidemic, Graniet Film. Distributeur : ARP Sélection.

Avec :

Jan Bijvoet (Camiel Borgman) - Hadewych Minis (Marina) - Jeroen Perceval (Richard) - Tom Dewispelaere (Pascal) - Alex van Warmerdam (Ludwig) - Sara Hjort Ditlevsen (Stine) - Annet Malherbe (Brenda) - Dirkje van der Pijf (Rebecca)

Borgman

Pays-Bas, Belgique, Danemark, 2013, 113min.
Cannes 2013

Réalisation : Alex Van Warmerdam

Biographie :

 

Alex van Warmerdam (61 ans) réalisateur néerlandais du genre surréaliste. Acteur et homme de théâtre d’abord, réalisateur de court-métrages ainsi que romancier. C’est un oiseau rare qui en 1986 réalise son premier long-métrage Abel (Festival de Venise) puis en 1992 Les habitants, en 1996 La robe, en 1998 P’tit Tony (Cannes, sélection : Un certain regard), en 2003 Grimm, en 2007 Waiter et enfin Borgman(Cannes 2013).

Résumé :

 

Camiel Borgman, un homme taupe, surgit dans les rues tranquilles d’une banlieue cossue, pour sonner à la porte d’une famille bourgeoise, avec deux enfants plus une baby-sitter. Cet homme va exercer ses pouvoirs mystérieux et magiques sur la maisonnée et s’imposer comme un vrai diable, avec quelques membres de son clan. Il élimine sans broncher ceux qui se mettent sur sa route, tout en laissant planer le mystère sur sa volonté destructrice de ce type de société argentée mais mal dans sa peau. Après avoir détruit le couple parental, il disparait en compagnie des deux enfants et de leur baby-sitter, envoutés par ce clan à la mentalité démoniaque.

Analyse :

Ce thriller au ton parfois ironique, sommet d’humour noir, atteint ses limites dans sa critique mortifère de la civilisation rêvée ou vécue par beaucoup. Le scénario fait d’abord penser à Théorème de P. Pasolini, où une famille de la haute bourgeoisie reçoit chez elle un étrange visiteur. L’homme bouleverse ses hôtes comme le fera Borgman , en laissant derrière lui des proies anéanties… Mais « Borgman », le personnage principal qui donne son nom au film, finira par être le bourreau plus que le messie. Avant de s’implanter dans cette famille bourgeoise, il a échappé de peu à la traque armée de trois hommes dont un prêtre, conscients du danger représenté par cet individu et ses acolytes.

Une phrase indique la diabolique spiritualité de Borgman et de ses sbires : « ces êtres descendirent sur terre, pour renforcer leurs rangs… ». Le film va nous laisser entendre que l’intention de Borgman de renverser ou dominer ce milieu familial, est tout à fait justifiée, vu l’aisance matérielle de cette maisonnée. C’est vrai pour Marina la maman, qui tombe vite sous l’emprise de Borgman. L’opération de destruction de cette famille et de ses employés de l’intérieur même, est exempte de tout reproche. Ces espèces de guerriers vont finir par quitter les lieux en compagnie des deux petits et de la baby-sitter, envoutés par le clan démoniaque. Et il semble alors que tout est bien ainsi : la violence ravageuse de ce milieu bourgeois a permis de libérer la génération montante des mêmes erreurs que leurs parents disparus.

Avec ce film le réalisateur voulait montrer la réalité du mal sous un jour ordinaire, à partir de gens normaux qu’on pourrait croiser n’importe où et n’importe quand, au marché ou au coin de la rue. Le réalisateur a même avoué qu’avec l’âge il devenait de plus en plus méchant !

Son film lui aurait laissé cette impression d’excès. Aurait-il été dépassé par la force du mal dans son désir d’en faire ressortir la réalité ? Le constat de cette perversion maléfique consistant à élimer froidement tous ceux qui sont contre vos principes, est terrible. Même si l’on peut penser que la jeune génération ne retombera pas dans les ornières de la précédente. Mais ne deviendra-t-elle pas alors, l’image de ces êtres froids et déchaînés qui ne cherchent que la mort de ces « bo-bos » ? Mais est-ce la bonne solution que cette destruction si perverse des êtres humains ? Ou bien ne faut-il voir dans cette allégorie filmique que l’expression de nos craintes, nos peurs et ressentiments rentrés, devant un monde matérialiste engendrant d’incessants déferlements d’inhumanité, dont celle de Borgman n’est pas la moindre ?

Denis Rafinesque

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