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Réalisation : Hiner Saleem – Scénario : Hiner Saleem et Antoine Lacomblez –Production : Robert Guédiguian et Marc Bordure – Son : Miroslav Babic – Percussion : Golshifteh Farahani – Distribution : Memento Films distribution
Avec :
Korkmaz Arslan (Baran), Golshifteh Farahani (Govend), Tarik Akrevi (Aziz Aga), Korkmaz Arslan (Baran), Mir Murad Bedirxan (Tajdin), Suat Usta (Reber).
Né en 1964 dans le Kurdistan irakien, Hiner Saleem quitte l’Irak à 17 ans pour fuir le régime de Saddam Hussein et s’exile d’abord en Italie puis en France. Il réside actuellement à Paris. Sa filmographie compte neuf longs métrages dont Passeurs de rêves (2000), Vodka Lemon (2003), Kilomètre zéro (2005), Dol ou la vallée des tambours (2007), Les toits de Paris (2007), Si tu meurs j’te tue (2011).
Résumé :
Après la chute de Saddam Hussein en 2003, le Kurdistan irakien s’efforce de se doter d’institutions et nomme Baran, un ex-combattant pour le Kurdistan libre, chef de la police à la frontière de la Turquie et de l’Iran. Des caïds y font tous les trafics, notamment de médicaments. Baran rencontre une jeune institutrice, Govend, venue défendre aussi bien la nouvelle école que son indépendance.
Analyse :
Dans les montagnes kurdes entre Irak, Turquie et Iran, Hiner Saleem a voulu réunir pour son neuvième film tous les ingrédients du western, avec notamment un shérif qui incarne la loi et des caïds armés jusqu’aux dents qui trafiquent et s’efforcent de maintenir leur pouvoir, au nom de l’honneur. Il y a aussi les fusils et les coups de feu, les embuscades, les chevaux qui cheminent le long des torrents ou se cabrent, il y a le Peperland Hôtel et ses néons et, la nuit, on entend, non pas une guitare, mais une percussion douce, le « hang » joué par Govend. Pourtant, ce western de l’Est parle avant tout de l’Histoire actuelle du Kurdistan irakien qui, après des années de souffrances, est en pleine reconstruction, sous la houlette d’une nouvelle génération, représentée ici par Baran et Govend. Tous deux se battent contre la corruption et l’obscurantisme dans un contexte très tendu. Cependant, à la manière humoristique et comique qu’a le réalisateur de rapporter certaines scènes (la pendaison, l’attaque d’un bataillon féminin de partisanes turques), on sent que l’ancien monde a déjà perdu. Certes il y a encore du chemin à parcourir pour les femmes indépendantes comme Govend , interprétée par l’actrice iranienne Golshifteh Farahani, elle-même bannie de son pays. S’il est une cause pour laquelle il faut se battre, c’est l’égalité entre hommes et femmes, estime Hiner Saleem, ajoutant : c’est surtout aux hommes d’évoluer. La rencontre entre les deux jeunes gens est traitée avec beaucoup de maîtrise et de simplicité. C’est un film magnifique et une belle histoire d’amour.
Françoise Wilkowski-Dehove
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