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Fiche technique :
Réalisation : Alfred Hitchcock Scénario : A.Coppel, S.Taylor d’après P.Boileau-Narcejac – Photographie : R. Burks – Effets Spéciaux. JP Fulton – Musique : B. Herrmann – Générique : Saul Bass – Distribution : Paramount.

Avec :
James Stewart (John Scottie Ferguson), Kim Novak (Madeleine Elster, Judy Barton), Barbara Bel Gaddes (Madge), Tom Hemore (Gavin Elster).

Sueurs froides (Vertigo)

Etats-Unis d'Amérique, 1958, 129min.

Réalisation : Alfred Hitchcock

Biographie :

Alfred Hitchcock (1899-1980), d’origine anglaise, a connu deux périodes dans sa longue carrière : de 1922 à 1940, en Angleterre, il réalise une vingtaine de films, dont Les 39 marches – puis la période américaine, à partir de Rebecca, où il travaille dans les principaux studios d’Hollywood. Il rencontre un succès public immense et réalise chefs d’œuvre sur chefs d’œuvre, objets de très nombreuses études, à la fois sur le plan technique (Truffaut, Brion, Rohmer), que psychanalytique et métaphysique (Jean Douchet, Serge Tisseron).

Résumé :

Scottie Ferguson est sujet au vertige. Cette infirmité, non avouée, a causé un accident qui a coûté la vie à un collègue de la police, et l’a obligé à démissionner. Cet homme, hanté par la culpabilité, se voit confier par son ami Elster une mission très particulière : surveiller son épouse qui a des tendances suicidaires. En fait, Scottie est victime d’une machination sordide, dont une femme est l’instrument, une « femme-double ».

Analyse :

Vertigo, situé entre Le faux coupable et La mort aux trousses, au récit linéaire, compréhensible, réserve de grandes surprises. Il faut souligner à la fois la maîtrise du récit et comment le Maître « captive » les spectateurs grâce à « une technique toujours adaptée à l’intrigue », comme il l’a déclaré lui-même. Deux personnages, incarnés par des acteurs immenses, montrent leur ambiguïté, leurs faiblesses, leur lutte intérieure contre la peur de la mort, surtout leur drame d’être manipulés. Un James Stewart, bouleversant dans son amour fou pour une femme-fantôme, mais à la chair sublimée de Kim Novak, dans le plus beau rôle de sa vie. il y a trois femmes: Madeleine-Judy revenue « d’entre les morts », Carlotta la morte figée dans un tableau, l’amie fidèle, Madge, bien vivante et saine qui essaye en vain de sortir Scottie de ses idées noires. Et c’est un visage de femme qui apparaît dans le magnifique générique de Saul Bass. Le film est le plus bouleversant d’Hitchcock, le plus personnel. Sur une partition exceptionnelle de Bernard Herrmann, se déroule la passion pour la Femme aimée, idéalisée, perdue puis retrouvée, la Femme jamais atteinte. Il faut voir (ou revoir) les longues séquences où Scottie, fasciné par sa beauté extraterrestre, va suivre Madeleine, la sauver du suicide, puis la recueillir chez lui. Il ne peut toutefois éviter une nouvelle tentative. Après la « mort » de Madeleine, Scottie la revoit partout tel un fantôme. Jusqu’au moment où il rencontrera Judy, son sosie en brune, plus vulgaire, plus pulpeuse. Il faut voir le regard de James Stewart, amoureux éperdu, la façon d’embrasser Madeleine puis Judy, la panique meurtrière qui s’empare de lui, quand il découvre la terrible tromperie, la machination montée par le mari. Le plus beau plan : Scottie, pour retrouver la femme perdue la fait se coiffer et s’habiller comme Madeleine. Dernier plan : Scottie, en haut de la tour, assiste à la « deuxième mort » de Madeleine, innocent et misérable face à son destin tragique. 

Alain Le Goanvic

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