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Fiche technique :
Réalisation, scénario et chef opérateur : Paul Carpita - Dialogues : André Maufray - Montage : Suzanne de Troeye, Suzanne Sandberg - Musique : Jean Wiener - Production Les films du Soleil, producteur délégué Jacques Hubinet - Distribution France (interdit pendant 35 ans) en 1990 : Trinacra Films et Pan Européenne Distribution.

Avec :
André Maufray (Robert Fournier), Jeanine Moretti (Marcelle), Roger Manunta (Jean Fournier), Rose Dominiquetti (Mère Fournier).

Le rendez-vous des quais

France, 1955, 75min.

Réalisation : Paul Carpita

Biographie :

Marseillais du port, fils de docker et de poissonnière, instituteur, cinéaste communiste et militant toute sa vie, Séraphin Carpita (1922-2009) devint Paul dans la Résistance. Passionné de cinéma, il crée au sortir de la guerre le groupe Cinepax dont les documentaires socio-politiques le conduiront au Rendez-vous des quais, inspiré par les grandes grèves sur le port. L'interdiction immédiate du film commanda la suite de sa carrière, faite de nombreux courts métrages jusqu'à Les sables mouvants (1995, 1h45), travailleurs clandestins dans les rizières de Camargue, et enfin Marche et rêve ! Les homards de l'utopie (2002, 1h37).

Résumé :

Marseille, 1953. Robert docker, Marcelle ouvrière sont à la recherche difficile d'un appartement. Les dockers s'opposent à la guerre d'Indochine ; le débarquement de brancards et cercueils militaires déclenche la grève. Robert est écartelé entre la solidarité ouvrière et sa recherche d'une vie personnelle meilleure.

Analyse :

L'interminable purgatoire de ce film lui a donné, à sa redécouverte en 1990, un triple statut : film martyr, film témoin d'histoire, et film brut, comme l'art. La modestie des moyens, la simplicité du scénario et de la mise en scène, l'amateurisme de l'interprétation font que la condescendance accompagne systématiquement les louanges (noblesse... des intentions oblige) qu'il recueille. Il est vrai que son intérêt réside ailleurs que dans sa cinématographie, mais bien dans son témoignage indéniablement sincère d'un monde disparu. La rengaine d'accordéon dont Jean Wiener saupoudre les images allume la première bougie de notre nostalgie de cette époque-là.

On est donc appelé à visiter un Marseille d'immédiat après-guerre, tournant encore autour de son port et du trafic maritime, où la grève est le mode vigoureux d'expression, et partant d'existence, d'un prolétariat nombreux et combatif. La plus grande partie des scènes sont tournées sur le port, les quais, la mer. La 'lutte des classes' et l'anti-impérialisme sont les moteurs de l'histoire et du film, mais une grande place est faite, à côté de la vie sociale, à la vie de famille, actuelle ou en projet ; dans ces deux domaines, les manifestations de convivialité sont symbolisées par l'apéro et l'accent (marseillais).

Certes, il n'y a plus de dockers sur les quais de Marseille, remplacés qu'ils sont par des portiques à conteneurs et par les darses de Fos-sur-Mer. Mais tout a-t-il disparu ? Plus au goût de nos jours, on retrouvera dans la filmographie d'un Guediguian la plupart des thèmes, et souvent les décors, de Carpita !

Jacques Vercueil

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