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Fiche technique :
 - Scénario, production, musique, montage : Charlie Chaplin - Photographie : Roland Totheroh, Ira Morgan.

Avec :
Charlie Chaplin (un ouvrier), Paulette Goddard (une gamine)

Les temps modernes (Modern Times)

Etats-Unis d'Amérique, 1936, 83min.

Réalisation : Charles Chaplin

Biographie :

Charlie Chaplin (1889-1977) est un acteur, musicien, scénariste, réalisateur, producteur et compositeur américain d’origine britannique. Formé à la pantomime et au music-hall, il a créé Charlot, figure emblématique du cinéma muet qu’il incarnait. Parmi ses dizaines de courts et longs métrages, la plupart muets : La ruée vers l’or (1925), Les lumières de la ville (1931), Les temps modernes (1936)Le dictateur (1940), Monsieur Verdoux (1947). 

Résumé :

Aux Etats-Unis, dans les années 1930, Charlot travaille comme ouvrier sur une chaîne de production qui applique les consignes impitoyables du taylorisme. Suite à l’accélération des cadences, il tombe malade et est admis à l’hôpital.

Analyse :

Dans ce film culte qui fut très mal accueilli à sa sortie aux Etats-Unis, Charlie Chaplin dénonce l’absurde condition faite aux ouvriers à la chaîne du fait de la spécialisation des tâches (‘le fordisme’), mise en œuvre dans les années 1930 aux Etats-Unis afin d’accroître la productivité. Le réalisateur y livre sa réflexion sur la condition de l’homme moderne et le premier carton de ce film (presque) muet l’annonce : « Les temps modernes. Un récit sur l’industrie, l’entreprise individuelle et la croisade de l’Humanité à la recherche du bonheur ». 

Avant même le générique, une première image montre une horloge immense qui règle désormais la vie d’hommes déshumanisés, devenus simples prolongements des machines : une véritable dictature où l’être humain ne compte plus. Le héros est un petit homme à la moustache et au pantalon trop large, qui est affecté sur une chaîne où il a pour seule tâche de serrer des boulons. Le rythme est infernal et le travail idiot. Dans un tel contexte, tous les hommes sont des victimes, même le patron de l’entreprise, contraint de prendre des comprimés pour tenir le coup. L’automatisation qui rend fou est l’occasion de gags hilarants où Chaplin montre son grand talent d’acteur. La scène où le petit homme sert de cobaye pour tester une machine à faire manger les ouvriers plus vite figure parmi les scènes comiques d’anthologie, comme celle où il ramasse un drapeau rouge de signalisation, derrière lequel se mettent à défiler des manifestants en colère, ce qui en fait un « meneur ». On voit aussi Charlot englué entre les rouages d’une chaîne de montage ! En plus de l’usine, le film décrit d’autres institutions étatsuniennes comme l’hôpital psychiatrique, la prison et les services sociaux. 

L’amour pour la jeune fille (la ‘gamine’, jouée par la future femme de Chaplin), pauvre mais pleine de vitalité, témoigne de la capacité de l’homme à changer son destin fatal. La fin est heureuse mais grinçante puisque le jeune couple n’a pas réussi à échapper à la pauvreté. C’est la première fois qu’on entendait au cinéma la voix de Chaplin : en garçon de café il improvise une chanson dans un sabir italo-français, sur l’air d’une chanson de 1917, très populaire, ‘Je cherche après Titine’. 

Comme tous les films de Chaplin, Les Temps Modernes, malgré leur sujet grave, sont remplis de gags. Près d’un siècle après son tournage, le film n’a rien perdu de son pouvoir critique. Et il continue de faire rire toutes les générations. 

Françoise Wilkowski-Dehove

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